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Lightning at the door

Écrit par Jean-Claude Mondo - dimanche, 24 avril 2016
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All Them Witches
Blues/Roots
New West (Distr : PiaS / Promo Klanderman)

All Them Witches est issu de Nashville, dans le Tennessee. Un quatuor réunissant le chanteur/bassiste Michael Parks Jr, le guitariste Ben McLeod, le claviériste/violoniste Allan Van Cleave et le drummer Robby Staebler. Les débuts de cette formation remontent à janvier 2012. Au départ, sa musique était taxée de stoner néo psychédélique. Mais au fil du temps elle a beaucoup évolué, se forgeant un style de plus en plus personnel, fruit d’un cocktail entre hard rock, space rock, psychédélisme et blues. Elle reconnaît d’ailleurs pour influences majeures, Led Zeppelin, Blue Cheer, Black Sabbath mais aussi le Dr John originel ainsi que le bluesman, Junior Kimbrough! Nonobstant une existence encore brève, sa discographie est déjà importante. Ainsi, elle a déjà publié "Out mother electricity" en 2012, "Lightning at the door" en 2013 et "Dying surfer meets his marker" fin 2015. Sans oublier les projets personnels disponibles en téléchargements, singles et Eps.

All Them Witches a signé l'an dernier chez New West, qui a décidé de republier "Lightning at the door", un opus de 55’ découpé en 10 morceaux. Pour notre plus grand bonheur !

L’intro de "Funeral for a great drunken bird" baigne au sein d’un climat atmosphérique, spatial, avant que la guitare, de plus en plus écrasante, entre progressivement dans l’ensemble, s’autorisant un riff que n’aurait pas renié Tommy Iommi (Black Sabbath), alors qu’au loin, l’intervention d’un harmonica semble émaner du fond de la galaxie. Et lorsque la voix caverneuse pénètre dans le décor, c’est enrobée de grattes volontairement lourdes, réminiscentes du krautrock d’Amon Düül. Proches du Led Zepplin originel, les sonorités dispensées tout au long de "When God comes back" sont denses et puissantes. Un rockin' blues au cours duquel la section rythmique impressionne. Indolent, "The marriage of Coyote woman" se colore davantage de blues. La voix est paisible. Les cordes McLeod s’enfoncent dans un délire psychédélique. Elles se dédoublent constamment au cœur d’un univers somptueux, truffé de petites trouvailles. "Swallowed by the sea" est une compo au développement graduel. La voix et les tonalités émanent d’un Orient lointain. Avant le retour des cordes qui déambulent dans un cortège lourd, écrasé par les percus et escorté de chœurs spatiaux perturbants. Et lorsque la compo entre dans sa phase hypnotique, on ne peut s’empêcher, une nouvelle fois, de penser au krautrock du début des 70’s. Autre blues improbable, "Charles William" est à la fois atmosphérique et prog. Les percus de Robby Staebler sont autoritaires. Les accents de slide, métalliques. Après le mariage, place à la mort. "The Death of Coytote woman" s’ouvre dans un déluge de sonorités stoner rock bien lourdes, mais complexes. Davantage même que celles qui s’abattaient dans l’univers de Blue Cheer. Mais la suite est plus paisible. Enigmatique, Michael commence à déclamer, à la manière de Jim Morrison, alors que, soutenu par une section rythmique incroyablement soudée, Van Cleave nourrit l’ensemble de quelques effets spéciaux. "Romany Dagger" marque une courte pause instrumentale. Allan Van Cleave est à la manœuvre, au violon. Il est talonné par les percussions. Et la guitare ne s’invite qu’en fin de parcours. Une piste qui relie l’Est européen à l'Orient lointain. La section rythmique –et notamment les interventions de basse lancinantes dispensées par Parks Jr– trace celle de "Mountain", une plage lente aux accents dramatiques, ponctuée en toute sérénité par une guitare métallique. Mais au bout de 5 minutes, changement de décor ; tous les instruments entrent en éruption et finissent par exploser. "Romany Dagger" constitue un nouvel interlude, mais devient, pour la circonstance, le théâtre de sonorités invraisemblables. Cette fresque s’achève par "Surface-to-air whistle", un dernier trip acide, parsemé d’éclats riches mais parfaitement maîtrisés. Une belle claque assénée par un groupe aussi créatif qu’original issu de la Music City du Tennessee…

 





 
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