W-Festival : l’affiche en détail (update 19/03/2017)

L’affiche du W-Festival est apparemment complète. Le ...Lire la suite...

Cluster

Écrit par Philippe Blackmarquis - dimanche, 07 mai 2017
Image
An Pierlé
Pop/Rock
PiaS

Attention : chef d'oeuvre ! Musiczine a eu le privilège de découvrir, en avant-première, le nouvel album d'An Pierlé, « Cluster », qui sortira officiellement le 12 mai. Découpé en 8 plages, cet opus constitue le prolongement – le ‘sequel’, dans le jargon du 7ème art– du superbe « Arches », paru l'an dernier. Le nom du diptyque, « Arches Cluster », n'a pas été choisi par hasard. Il désigne en effet un amas d'étoiles situé à environ 25 000 années-lumière dans la constellation du Sagittaire, au sein de la Voie Lactée. La métaphore est parfaite car l'artiste gantoise est allée puiser dans la profondeur et les ténèbres pour concevoir une musique éclatante de lumière.

La palette de « Cluster » recèle des couleurs en accord avec « Arches ». Les grandes orgues de l'église St Jacob à Gand sont, à nouveau, omniprésentes, pour notre plus grand bonheur. On retrouve également les séquences lentes et minimalistes des boîtes à rythmes qui pulsent comme un coeur. Les harmonies vocales de Loesje Maieu en Kaat Hellings élèvent une fois de plus l'émotion vers les sommets. Et c’est une constante, outre l'excellente production, Koen Gisen –le 'partner in crime' de la belle An – dessine avec subtilité ses lignes de guitare et de percussions organiques. Pour la circonstance, il ajoute des interventions au saxophone qui communiquent une touche expérimentale, presque no-wave (Tuxedo Moon), à certaines plages. Et évidemment, il y a An. Sa voix est plus belle, bouleversante et sensuelle que jamais. 

« Golden Dawn », single publié il y a quelques jours, place d'emblée la barre très haut. Sublime, le refrain vous saute au cou et vous enlace sans jamais plus vous lâcher : ‘The Golden Dawn is on its way. We dream... Keep dreamin' on...’ C'est lent, voluptueux, déchirant de beauté. On pense à « Gold » de SX, à Hooverphonic ou à « Myth » de Beach House pour le côté dream-pop hypnotique. Une pure merveille, comme un hymne à l'éveil d'une nouvelle spiritualité dans ce monde pré-apocalyptique.

L'émotion reste palpable tout au long de « Huntifix », un titre qu'An avait dévoilé lors de la conférence de presse des Nuits Botaniques. Empreinte de douceur, cette chanson d'amour est construite autour de quelques notes d'orgue et de piano, soutenues par le va-et-vient d’une maraca. Le saxophone et les notes de piano apportent ça et là des couleurs plus 'free jazz'. La composition virevolte lentement, telle une danse sensuelle : ‘Do you want to undress me, Do you really want to see, Would you like to caress me, Do you want me entirely…’

Le son d'une cloche et les grandes orgues de Karel De Wilde nous entraînent au cœur d’une atmosphère plus solennelle, carrément gothique. « Bedroom Dust » (déjà découvert en concert) se lance dans une valse sombre et captivante. On pense au superbe « Stay » des Shakespeare Sisters, une perle enterrée à jamais, depuis les années 80.

Les claquements de doigts d’« I Feel For The Child » (sur « Arches ») sont reproduits sur « It's Like », mais l'ambiance est ici davantage enjouée. Le morceau swingue délicatement alors que l’instrumentation évoque la légèreté d'un jardin d'enfant. Une parenthèse pleine de fraîcheur.

« We Gravitate » nous invite à quitter la gravité terrestre... On se sent emporté dans l'espace, en orbite autour des étoiles, guidé par des voix cristallines qui dérivent au beau milieu d’une immensité psychédélique.

« Road To Nowhere », dont on a pu apprécier les contours plusieurs fois en ‘live’, révèle ici toute sa grandeur. Le titre s’ouvre par une incantation sombre, menaçante, et met en scène les voix et les orgues. Après un accord majeur, les instruments construisent progressivement une cathédrale sonique d'une puissance ahurissante, un 'climax' que la voix a capella d'An Pierlé vient briser soudainement.

Egalement connu, « Sovereign » débute comme un blues mystique et débouche sur des parties plus expérimentales, presque dissonantes. An Pierlé nous avait prévenus que « Cluster » serait par moments plus difficile d'accès. Sans doute le titre le plus aventureux.

L'elpee se referme par « Monkey », une piste au rythme lancinant et répétitif, sur lequel An Pierlé se livre à un véritable tour de force vocal. Une démonstration de maîtrise du souffle et de la justesse. Un point d'orgue impressionnant !

On ressort complètement bouleversé de ce voyage musical en tous points époustouflant. Je me plais à le répéter, la musique d'An Pierlé est aujourd'hui comme issue de la rencontre inespérée entre Kate Bush, Talk Talk et Dead Can Dance. Mais ces références, assumées, sont transcendées pour donner naissance à une indie-pop mystique et envoûtante, foncièrement originale et de classe internationale.

Merci à An Pierlé, Koen Gisen et PiaS.

Pour écouter « Golden Dawn » : c'est ici.

Pour commander le nouvel album:
- CD: par ici
- vinyl: par ici .

A ne pas manquer : les deux concerts de lancement du nouvel album. Le premier se déroulera en la cathédrale de Laeken, près de Bruxelles, le 23 mai prochain, dans le cadre des Nuits Botanique. Le deuxième, à l'Abbaye de La Cambre, le 30 juin, dans le cadre du Festival Musiq' 3. 

Tracklist

1. The Golden Dawn
2. Huntifix
3. Bedroom Dust
4. It's Like
5. We Gravitate
6. Road To Nowhere
7. Sovereign
8. Monkey

 





 
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