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Parade

Écrit par Jean-Claude Mondo - lundi, 27 juin 2016
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Bill Phillippe
Blues/Roots
http://www.billPhillippemusic.com

Il y a bien un quart de siècle que Bill Phillippe chante et joue de la guitare dans la région de San Francisco. Durant une bonne dizaine d'années, il a pratiqué du New Orleans funk au sein de son groupe, The Brothers Goldman, en compagnie duquel il a publié trois elpees. Il cultive ensuite ses racines dans le blues du Delta. Et dès 2012, il décide de s’attaquer au blues originel ; et notamment de Blind Willie Johnson, Robert Johnson ainsi que Muddy Waters. Fin 2014, il publie son premier album solo, "Ghosts". "Parade" est essentiellement constitué de titres folk, teintés de blues.

"Blues come callin" ouvre la plaque. Il s’agit, sans aucun doute, de la piste la plus blues de l’opus. Soutenu par la basse minimaliste de Swen Hendrickson, Bill chante d'une voix empreinte de tristesse. Tout au long de cet LP, la clarinette d'Ivor Holloway et l'accordéon de Glenn Hartman ont un rôle prépondérant. La musique de Bill Phillippe ne respire pas la joie de vivre. Elle reflète ses sentiments et ses appréhensions. Créative, la basse s’implique considérablement sur l’excellent "Proper sorrow". "14th street" baigne toujours au sein d’un climat ténébreux. Un morceau de folk subtilement contaminé par du jazz suranné. Dépouillée, la voix s’épanche face à l’accordéon et la clarinette d'Ivor Holloway. Qui s’intègre à nouveau parfaitement dans l’univers sonore de Bill, tout au long d’"If I should love my mind". L'intro musicale de "A kinder voice" est empruntée à "Solitude", un thème inspiré de Duke Ellington. "Everything I have is grey" s’attarde dans l'univers introspectif de Phillippe. Le titre maître souffle un vent légèrement plus optimiste. La vie est une parade. Le feeling de la clarinette est davantage inspiré de New Orléans que du Delta. Mais "Tonight" nous replonge rapidement dans le spleen. La clarinette est vraiment lumineuse ; même et surtout lorsqu'elle sort du créneau jazz. A l’instar de "Little Zion". Et vraiment d’excellente facture, cette œuvre s’achève par la reprise du "Take it with me" (NDR : un titre qui figure sur l’album "Mule Variations") de Tom Waits. Une valse onctueuse, très respectueuse des humeurs sombres de Thomas Alan. La musique des deux artistes trempe d’ailleurs dans une atmosphère fort semblable… 

 





 
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