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Buck

Écrit par Jean-Claude Mondo - mercredi, 22 mai 2013
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Daniel Norgren
Blues/Roots
Super Puma / Hans Broere Promotion

Daniel est un jeune chanteur/compositeur suédois. Il vient juste de fêter ses 30 balais. Il fabrique ses propres instruments et enregistre chez lui. Sa première création, "Kerosene dreams", date de 2007. Publiée en 2008, sa deuxième, "Outskirt", lui avait permis d’ouvrir les portes du reste de l'Europe et avait particulièrement bien été reçue par le public blues. Une situation favorable qui sera encore renforcée lors de la sortie d’"Horrifying Deatheating Bloodspider", en 2010. Pourtant, sa musique exprime son mal de vivre et baigne au sein d’une atmosphère parfois chaotique. En outre, en général, il crie plus qu’il ne chante…  

Daniel était attendu au tournant. "Buck" est habillé d’une pochette cartonnée luxueuse, comme un livre dont les pages sont illustrées par des photographies en couleur bien énigmatiques. L'artiste aurait-il à nouveau l’intention de nous raconter ses malheurs ? Pas du tout ! En fait, paradoxalement, "Buck" est empreint de beauté et d’une grande douceur, même si l’opus s’ouvre et se referme par des bruitages électroniques étranges.

"Howling around my happy home" est une fresque sonore de plus de 10 minutes. Une plage minimaliste que tapisse en quasi-permanence, un fond d'orgue. Les percus sont frêles. Les cordes de guitare et l’instrumentation électronique entrent en osmose. Une technique qui n’est pas sans rappeler la quintessence du krautrock originel. Petra (NDR : c’st la compagne de Daniel) chante "Once was a queen". Sa voix coule comme le miel tout au long de ce délicieux morceau de pop qui navigue quelque part entre l’univers sucré de John Lennon et sidéral de Syd Barrett. "Driving ghosts out of black buck with a weld" est parcouru de brèves expériences sonores, avant de se fondre au cœur d’une nouvelle tranche onctueuse. "Putting my tomorrow's behind" a bénéficié du concours de collaborateurs, et notamment son fidèle bassiste Anders Grahn, en compagnie duquel il se produit habituellement sur scène. Le tempo s’accélère pour "Whatever turns you on", une plage nerveuse, répétitive et spasmodique. Colorée par l'orgue d'Andreas Filipsson, elle lorgne manifestement vers le Velvet Underground. Daniel se réserve l'accordéon sur la très jolie ballade folk "Black vultures". "Music tape" baigne au sein d’une atmosphère cool. Un bon vieux country blues accordé sur le porche de la maison du bonheur. Une impression également présente tout au long du nonchalant "I'm a welder". L’accordéon est à peine effleuré, comme sur certains titres d’"Exile on Main street" des Rolling Stones. "Moonshine got me" a été immortalisé ‘live’, sous la formule trio. La musique prend une nouvelle dimension. Agréable, la voix ne manque pas de charme. Elle susurre à l’oreille même. Les cordes sont d’abord taquinées. Habilement. Puis montent en puissance lorsqu’elles s’évadent en toute liberté, avant de se dédoubler, de fusionner, et de s’acidifier au contact de l’orgue. Et Daniel se réserve ses claviers, pour interpréter en compagnie de Petra, son ultime joyau, "My hobo is rambling". Certainement le meilleur album commis par Norgren, à ce jour !

 





 
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