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What Went Down

Écrit par Adrien Mouchet - mardi, 29 septembre 2015
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Foals
Pop/Rock
Transgressive / Warner Music

Si vous ne connaissez pas Foals, je vous invite à vous intéresser à la discographie de ce band insulaire. Et pour cause, « Antidotes », son premier essai, mérite assurément de figurer dans la catégorie des albums rock indispensables publiés depuis le début de ce millénaire. La suite est un peu moins convaincante, même si quelques pépites se cachent sur « Total Life Forever » et « Holy Fire ». La découverte de ces trois elpees est donc assez indispensable avant d’attaquer « What Went Down ».

En fait, pour apprécier le quatrième LP des gars d’Oxford, il faut savoir d’où ils viennent et comprendre leur évolution musicale. Car si elle est fracassante sur « What Went Down », elle reflète finalement assez mal le parcours de Foals.

Les guitares math rock qui caractérisaient autant le groupe à ses débuts sont maintenant remplacées par un son plus brut, plus puissant. Et ce sur la plupart des titres. Il n’y a bien que sur « Birch Tree » que nous retrouvons cette signature si particulière. Au fil de sa discographie, Yannis Philippakis semble prendre conscience qu’il a finalement une voix intéressante et en profite pour la mettre davantage en valeur sur certains morceaux. Le problème c’est qu’en général, les instruments finissent par s’effacer pour laisser un ensemble ennuyeux et carrément plat. « Give It Up » est probablement la chanson au cours de laquelle Yannis chante le mieux, tout album confondu. Oui mais c’est également une des plus lassantes du groupe… « London Thunder » est plus aboutie mais elle manque également de cette folie ‘foalsesque’. Yannis a déclaré qu’il ne pourrait plus jamais écrire un  titre complètement dingue comme « Cassius » ; et c’est bien dommage parce que c’est exactement ce qui manque à « What Went Down ».

A la lecture de ces premières lignes, vous imaginez sans doute que cet elpee est un échec. Ce n’est pas le cas. Parce que s’il a ses défauts, il révèle également une nouvelle facette du band. Et il ne faut pas longtemps avant d’être plongé au sein de l’oeuvre ! Dés le titre maître, on prend une claque. Foals se déchaîne et relance complètement la machine après un « Holy Fire » bien trop mollasson. Une des deux perles embraie ensuite. « Mountain At My Gates » peut compter sur sa construction en crescendo et son incroyable pont final, pour régaler le mélomane. Dommage que ce morceau ne dure pas plus d’une minute, car il aurait pu devenir la meilleure chanson de l’année. Et c’est en fin de parcours que figure la seconde. « A Knife On The Ocean » constitue un parfaite compo de clôture. Durant près de sept minutes, on est plongé dans un monde empreint de mélancolie, voire de nostalgie. Finalement, le parfait équilibre entre la profondeur de l’expression sonore et la voix de Yannis est atteint. Le refrain en est la preuve incontestable. « A Knife On The Ocean » devrait servir de référence au combo pour le futur. Varié, « Snake Oil » concède une touche blues/rock alors que le refrain de « Lonely Hunter » est immédiat.

Finalement, Foals vient de graver un très bon album, de meilleure facture que les deux précédents, sans pour autant atteindre la qualité d’« Antidotes ». Si l’absence presque totale des sonorités math rock est regrettable, on peut néanmoins être satisfait des risques pris par le groupe et de son évolution. Chaque long playing de Foals est différent et plus mature. En affichant un tel potentiel, Foals devrait nous réserver encore bien des surprises, dans le futur. Et on ne va pas s’en plaindre !

 





 
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