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This silence is killing me

Écrit par Jean-Claude Mondo - vendredi, 20 janvier 2017
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Jeff Chaz
Blues/Roots
JCP / Frank Roszak Promotions

Jeff Chaz s’est établi à la Nouvelle Orléans, il y a bien une vingtaine d’années. Un chanteur/guitariste surnommé d’ailleurs, 'The Bourbon Street Bluesman', en référence à la plus célèbre artère touristique de la Crescent City. Il avait déjà gravé six elpees solos, dont le dernier, "Sounds like the blues to me", remonte à moins d’un an. Pour concocter ce nouvel opus, il s’est encore enfermé au sein du studio Radionic, à Jefferson. Et a derechef bénéficié du concours de sa section rythmique classieuse, constituée de Doug Therrien à la basse et Doug Belote à la batterie. Jeff signe l’intégralité de son répertoire.

Memphis shuffle bien nerveux, "Savin’ everything for you" ouvre les hostilités. Très proche de son maître BB King, Jeff injecte énormément de puissance et de passion dans la voix. En outre, il confirme que ses incursions à la guitare sont à la fois, subtiles, incisives et inventives. La section de cuivres est alors au grand complet. Ballade blues, "This silence is killing me" est proche du célèbre "The thrill has gone" de BB King. Les arrangements de cordes et le violon d’Harry Hardin sont soignés. Les interventions de gratte sont empreintes d’une profonde sensibilité. De courtes phrases sont incessamment réitérées. Largement cuivré, "Ain’t nothin’ nice" est un r&b bien rythmé. Chaz se fait 'shouter' en forçant sa voix. John Autun siège derrière l’orgue Hammond. Les assauts de gratte sont invasifs. Elle pousse des cris, gémit, semble s’éteindre et toujours renaît de ses cendres. "I’m not all there" baigne manifestement dans le blues néo-orléanais. Doug Belote à la batterie et Michael Skinkus aux percus balisent l’ensemble. L’envol de Jeff est à nouveau remarquable, subtil et truffé de sonorités novatrices. Blues lent, "The blues is my drug" est exécuté à la manière d’un shouter. La voix est talonnée par des flots de notes chargées d’un tel feeling, qu’il en devient obsédant. Aux ivoires, Tom Worrell s’inscrit parfaitement dans le décor. ‘Le blues est ma drogue’ affirme-t-il, et nous le croyons sans peine tant le message est clair et expressif. Un sommet de cet opus ! Etrangement, l’artiste embraie alors par "Merry Christmas to you", chant de Noël souligné par les interventions aux saxophones de Ward Smith. Après avoir pris un billet de chemin de fer, on emprunte l’"Oncoming train" sur un rythme funky. "Fried chicken store" est un blues lent torride, nightclubbien même ; un morceau idéal pour les fins de soirées, quand baignant dans l’ivresse, l’atmosphère devient lourde. La section de cuivres est au grand complet. John Autun siège derrière l’orgue. La sortie de Jeff aux cordes est de nouveau magique. Imprimé sur un mid tempo, "The backwash blues" est un blues qui baigne dans le Chicago blues des années 50 ; celui de Muddy Waters au coeur du quartier Southside, plus précisément. Chaz en profite pour se servir allègrement du bottleneck. Instrumental, "Creole Mustard swing" clôt cet LP. Soutenu uniquement par Doug Therrien et de Doug Belote, le line up est alors réduit à un trio. Jeff semble ici davantage hanté par Freddie King. Un excellent album !

 





 
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