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Elégie

Écrit par Didier Deroissart - mercredi, 20 juillet 2016
Image
Katel
Chanson française
At(h)ome

Katel a déjà pas mal bourlingué. Jusqu'en 2002, elle était une des deux chanteuses du groupe Dune Leia. Puis elle a décidé d’embrasser une carrière solo. Après avoir gravé un premier Ep 8 titres intitulé « Raides à la ville », en 2006, elle aligne les albums. En 2013, elle rejoint Marc Huyghens (ex-Venus) au sein de Joy et participe aux sessions du long playing « All The Battles ». Elle a depuis collaboré à différents projets et monté son propre label ‘A L'Aphélie’ (NDR : signé sous licence chez At(h)ome). Et le résumé est succinct…

Karen Lohier, aka Katel, a enregistré « Elégie », toute seule chez elle. C’est l’aboutissement de 4 longues années de travail.

Elle y exploite sa voix tel un instrument. Une voix fascinante, envoûtante, éthérée et d’une rare richesse. D’ailleurs, elle assure également les chœurs.

Le thème principal de son 3ème LP s’inspire d’une rupture amoureuse, mais aussi et surtout du décès de sa maman.

Les vocaux de « Voûtes » ont été enregistrés au sein d’une église. Sur cette plage, Katel a bénéficié de la participation de Nathalie Réaux, Diane Sorel, Skye et Claire Joseph (Sirius Plan), aux chœurs. Et leur concours est précieux. La structure mélodique et instrumentale est également sophistiquée.

« Cyclones » est déjà paru en single. Il a également fait l’objet d’un clip réunissant des images d'archives familiales montées par Robi. Jouée sur deux accords, il s’agit de la première chanson écrite par l’artiste, après la mort de sa mère. Entretenu par un clavecin et parsemé de bruitages, le climat est baroque. ‘Devant le futur impérial des armées de journées debout, ne me dites pas que je suis seule!’. Le destin est parfois tragique.

« A L'Aphélie » (nom du label, on vous le rappelle), reflète le cri désespéré d'un enfant qui revient vers l'adulte quand il se sent abandonné. Katel reste focalisée sur ses disparus (« Saisons »). Elle est hantée par leur absence (« Au Large »). Tempétueux ou paisible, le chant est versatile. Une quête intérieure perpétuelle d'où surgit soudainement la voix de Marguerite Yourcenar pour le mystérieux et magnifique « Danse Sur le Lac De Contance ». Empreint d'une grande mélancolie, c'est la narration d'un chevalier allemand qui traverse le lac gelé de nuit. Arrivé de l'autre côté, il tombe de cheval. Il a failli mourir.

Des chœurs atmosphériques envahissent « Hors-Foule »… « Ralentis » permet de reprendre son souffle. L'oiseau associé rappelle les chansons de Robert Wyatt qui ont bercé la jeunesse de Katel. Amorcé par des accords d’ivoire, « Echos » met en exergue sa voix claire et limpide, qui lorgne ici vers Björk voire Kate Bush. Le voyage se poursuit dans les stratosphères de l'âme torturée et pleine de passion. « De l’ombre » s’écoute religieusement.

Au sein du studio de John Parrish, le piano droit sur lequel PJ Harvey avait joué, inspire Katel. Elle a conservé l'enregistrement et a complété le reste par la suite. Et le résultat est « Elégie », le titre maître qui achève l’opus. Un hommage à sa mère qui était fan de PJ Harvey.

Vu les textes à la fois torturés et authentiques, on ne peut s’empêcher de penser au dernier album de Bowie, une œuvre à la fois morbide, glaciale, mais géniale. « Elégie » épanche une semblable mélancolie susceptible d’entraîner la transe introspective. Mais cette œuvre est traversée de brillants rayons de soleil tourné vers un furieux désir de vivre. Plusieurs écoutes sont cependant nécessaires, pour apprécier ce disque à sa juste valeur…

 





 
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