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Broken chains

Écrit par Jean-Claude Mondo - lundi, 27 juillet 2015
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Kern Pratt
Blues/Roots
Autoproduction / Frank Roszak Promotions

Issu de Greenville, cité sise au cœur de delta du Mississippi, Kern Pratt est chanteur/guitariste. Avant de graver "Broken chains", il avait publié "Hitch Hike" et "Somewhere South of Memphis", en 2009, chez Flying Dog. Kern est soutenu par son backing group ; en l’occurrence le bassiste David Hyde, le drummer Nelson Blanchard, l’organiste (NDR : il se sert d’un Hammond B3) Sam Brady, et d'une section réunissant quatre cuivres.

Courte intro instrumentale, "Delta Mourn" nous entraîne instantanément au cœur du Mississippi. A cause des chants d'oiseaux et des accords de guitare Résonator dispensés par Wes Lee, un musicien qui jouit d’une excellente réputation sur le plan local dans la région d'Hattisburg. C'est le riff cher à Elmore James, prodigué par la même Résonator, qui introduit "Greenville Mississippi blues", une plage imprimée sur un tempo soutenu. Invitée, Eden Brent siège derrière le piano roadhouse. Ken chante d’un timbre âpre, rugueux, avant de libérer une première fois ses cordes. "Lights are on, but nobody's home" est un blues lent signé par le légendaire Texan, Albert Collins. Cuivrée, l’adaptation est excellente. Bob Henderson s’autorise une brève sortie sur son saxophone ténor, avant que le leader ne concède un petit bijou de solo. Particulièrement roots, "Somewhere South in Memphis" est une superbe compo. La voix de Pratt est soutenue par celles de Denise Owen et Elaine Foster. L’orgue et les cuivres tapissent l’expression sonore, et Ken se réserve un solo irrésistible. "Black Hannah" (NDR : l'histoire de la guitare appartenant à T Model Ford) est un blues enlevé qui rocke. Bien amplifiées, les cordes propagent de nombreuses notes. Instrumental bien cuivré (NDR : signé Pratt), "Cotton pickin" campe un excellent blues, un morceau abordé dans l’esprit de Freddie King voire d'Albert Collins. "Don't leave me baby" est certainement une des meilleurs plages de l’elpee. Superbement introduite par les accords de gratte largement inspirés par Albert King, elle est impeccablement balisée par la section rythmique et satinée par les interventions d’orgue de Brady. Nous plongeant dans une atmosphère qui transite de Memphis à la Nouvelle Orléans. Avant que les cordes de Pratt et celles du célèbre louisianais Kenny Neal n’entame un duel ! Et comme il est au cœur du delta, Kern attaque le classique "It hurts me too" à la sèche, épaulé par l'harmoniciste Luc Borms (NDR : issu du Nord du pays, ce souffleur milite chez Professor Deaf Blues Band ; et pour la circonstance, ce titre a été enregistré chez lui, à Erembodegem). Une cover empreinte d’émotion. "Handcuffed to the Blues" est une autre piste bien ancrée dans le Memphis R&B. La section rythmique soutient bien le riff. Et cuivres ainsi que voix féminines soulignent impeccablement l’ensemble. Sam Brady se distingue derrière son orgue Hammond avant de céder le relais à la six cordes bien inspirée de Kern ! Denise Owen se réserve le micro sur "Smokin' gun", un R&B de bonne facture. Dans le même style, "Soulshake" est imprimé sur un tempo plus soutenu, alors que les vocaux vigoureux sont partagés entre Kern et Denise Owen. De bonne facture, ce long playing s’achève par "Broken chains", une piste qui nous entraîne au cœur d’une atmosphère paisible, nonchalante, spécifique au delta, une piste semblable à celle qui ouvre l’elpee et que parcourt à nouveau la Résonator de Wes Lee…

 





 
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