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Cold outside

Écrit par Jean-Claude Mondo - lundi, 12 décembre 2016
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Lex Grey
Blues/Roots
Autoproduction /Frank Roszak Promotions

Cette formation est établie à New York City. Elle est drivée par Lex Grey, une véritable diva. Au sein de ses Urban Pioneers, milite le guitariste Vic Mix (Victor Deyglio), qui assure également la production de cet opus. Après avoir publié "Deal me in" en 1996, le band a gravé "Beg…borrow - Steal!" en 2000, "American Heroine" en 2003, "Body of work" en 2005 et "Va Va Voom" en 2009. Il a donc fallu attendre sept longues années avant de voir sortir "Heal my soul"! Quel chemin parcouru depuis les débuts accomplis à l’arrière d’un bar de Brooklyn ! Et au fil du temps, les Urban Pioneers ont acquis une solide réputation, en live.

Ambitieuse et originale, la musique proposée par le band agrège blues traditionnel et rock classique. La voix de Lex est ravagée. Elle transpire de vécu. Et c’est flagrant dès le morceau d’ouverture, "Factory", une compo dominée par les sonorités synthétiques imaginées par Brian Dewan sur son Dewanatron! Walter Tates Jr souffle de courtes phrases dans son saxophone. De quoi accentuer le climat étrange du morceau. Une atmosphère ferroviaire prélude une ballade folk blues apparemment simple, mais plutôt complexe, entretenue par une mandoline, un violon et un accordéon archaïque ; et le tout est égayé par des gloussements bien prononcés d’une poule. Miss Grey chante passionnément, passionnellement même, "Ghost", un titre pop/rock enrichi par de brillant arrangements. De claviers, de cordes et de chœurs. Mais pas seulement. De guitare aussi. Vic Mix en est le responsable. De violon également. Kaia Updike s’y illustre. Soutenue par les voix de Brian Dewan et Rachel, Holt Lex chante d’un timbre corrodé, expressif, parfois proche de celui de Patti Smith, "Quiet place", une ballade folk/rock déroutante, ainsi que "Blues all around", une plage empreinte de désespoir. Epaulée par les interventions à l’orgue de Kaia Updike et les frêles percussions de John Holland, elle gratte nerveusement ses cordes. Rhett Tyler cosigne "Survive", une autre plage profonde, intense, singulière et bouleversante, évoquant les dégâts causés par l’ouragan dévastateur. Ethérés, les arrangements sont alimentés par les cordes synthétiques du Dewanatron. Jazzyfiant, "Junkman" baigne dans une ambiance surannée. Une ambiance entretenue par la clarinette d’Anthony Michael, le piano-jouet et les chœurs féminins. Lex est capable d’adapter sa voix suivant ses émotions et ses humeurs. Elle chante majestueusement "Black stallion", une jolie ballade folk, face aux cordes acoustiques, le violon de Greg Holt, le piano de Mattei et enfin les cordes électriques de Vic Mix. Sa voix semble hantée par Janis Joplin, tout au long de "Lightnin’ (in a jar)", un blues/rock percutant au cours duquel la gratte de son partenaire est carrément déjantée. L’opus s’achève par "Heal my soul", une longue et passionnante jam blues, au cours de laquelle s’illustre le saxophone hurleur et débridé de Walter Tates Jr. ; mais également les vocaux échangés entre Lex, Adam Price et Kaia Updike, une combinaison qui devient démentielle, orgiaque même ! Une œuvre vraiment originale…

 





 
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