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Blues, booze & Rock’n’roll

Écrit par Jean-Claude Mondo - mardi, 15 novembre 2016
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Manu Lanvin
Blues/Roots
Verycords / Warner

Au fil du temps, Manu Lanvin a pris de la bouteille. Et son dernier opus en est certainement la plus belle démonstration. Faut dire qu’il est bien soutenu par une solide section rythmique, le Devil Blues, réunissant Jimmy Montout à la batterie et Fred Lerussi à la basse.

Son dernier album, "Son(s) of the blues", remonte à 2014 ! "Blues, booze & Rock’n’roll" recèle douze compos originales, dont trois coécrites en compagnie de Neil Black (NDR : ce Texan est établi en France) et sept cosignés par son habituel partenaire à l’écriture, Ezra Brass. Lors des sessions, Manu a reçu le concours de quelques amis ; des invités de marque, dont le claviériste Mike Lattrell et l’harmoniciste Bako Mikaelian.

Blues, "Six blind white horses" ouvre la plaque. Nous sommes dans le Sud profond, au bord du Mississippi. Le son est assez primaire. Les percus sont écrasantes. Le chant est éructé et véhiculant des accords réverbérés, la guitare est largement amplifiée, alors que l’harmo de Bako vagabonde dans le décor. "I was born" est de la même trempe. Evoluant sur une trame hypnotique, la guitare libère des tonalités métalliques ; et elles s’intègrent parfaitement dans l’ensemble, au cours duquel les cordes de Manu gémissent et laissent échapper de brefs accords, littéralement coupés au rasoir. Dynamique, le morceau maître est sculpté dans le rock’n’roll. Le lead vocal est toujours aussi coriace, malgré les backing vocaux qui se multiplient. Jimmy assure parfaitement la trame rythmique. "Soul revolution" est toujours bien rythmé. Une forme de boogie infernal, qui aurait pu naître de la rencontre brutale entre blues et rock’n’roll. La voix de Manu est impitoyable. Derrière ses ivoires, Lattrell se sent comme un poisson dans l’eau. Bako s’autorise une intervention remarquée sur l’harmonica. Les crépitements d’un vieux 78 tours amorcent "RU There", un superbe blues acoustique. Une piste plutôt minimaliste. Bien que graveleuse, la voix semble apaisée. Puis, Manu commence à siffloter tendrement, face aux cordes de la sèche. Memphis blues, "She’s Da Bomb" déborde d’énergie. Les arrangements sont riches. Cuivres et ivoires y collaborent activement. Tout en traçant la ligne de conduite de la compo, la gratte –bien grasse– laisse échapper des notes saturées et épisodiquement déjantées. "Whippin’ boy" est bien ancré dans ce Sud profond. La voix est overdubbée. Mike siège derrière l’orgue. Amplifiées, les cordes sont puissantes, mais sont également susceptibles de partir à l’aventure, en dérapant dans un délire volontairement désorganisé. Plage cool, "JJ Cale on the radio" rend hommage au regretté seigneur du style laidback. Manu chante à la manière de Cale. Mais la gratte est malmenée, alors que l’harmo libère des notes stridentes. Energique, tumultueux et puissant, "When I’m down" est un blues largement teinté de rock. Mais la structure est bien balisée par la rythmique implacable. "Papa’s got a reefer" vire dans le R&B terriblement funky. Manu chante d’une voix sauvage, comme si sa vie en dépendait. Percus et ivoires s’inscrivent parfaitement dans l’esprit néo-orléanais de la Crescent City. Enrichi de cuivres et de voix plurielles, "Raise your hands for peace" est un blues/rock sans concession, presque inhumain. Primaire, "Under the waves" clôt cet elpee. Une plage, qui a l’instar de ce long playing, ne desserre jamais l’étreinte…

 





 
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