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Spectrale
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Americana

Écrit par Jean-Claude Mondo - mercredi, 15 aoűt 2012
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The 44's
Blues/Roots
Rip Cat / Frank Roszak Productions

The 44’s est l'une des formations de blues les plus actives en Californie du Sud. Elle rayonne d’ailleurs autour de la mégapole de Los Angeles. Le Dvd "Live at Biacci", paru en 2009 et l’elpee "Boogie disease", publié l’an dernier, avaient déjà été chroniqués dans Musiczine. Le line up du groupe est identique.

Imaginez un vieux club de L.A. dont le podium est constitué d’un plancher en bois. S’y produisent The 44’s. Tex Nakamura est au milieu de la scène. Les yeux du souffleur japonais sont dissimulés par de sombres lunettes. Un chapeau est éternellement vissé sur son crâne. Il est posté derrière son micro. Chanteur et guitariste, Johnny Main est couvert de tatouages. Mike Turturro l’est tout autant. Il passe régulièrement de sa basse électrique à une contrebasse plutôt encombrante. Ses accords sont lourds. Enfin, derrière ses fûts, siège J.R Lozano. Tout comme pour le dernier opus, c’est la légende locale, Kid Ramos qui s’est chargé de la production. En outre, il a apporté sa contribution personnelle aux sessions d’enregistrement.

Le signal de départ est à peine donné, que les 44’s se lancent dans un boogie bien huilé. Le riff est emprunté à John Lee Hooker. La machine à rythme soutient les deux solistes. Déjà épaulé par Ramos à la guitare, Tex dissémine de courtes phrases incendiaires ; mais c’est Johnny qui dirige admirablement la manœuvre. La mise en forme est impeccable. Imprimé sur un tempo hypnotique, accentué par le saxophone de Ron Dziubla, "Lady luck" est sculpté dans un funk contagieux. Ce morceau qui invite à la danse me rappelle la quintessence du Creedence Clearwater Revival, et en particulier la reprise du classique "Suzie Q". La sortie parcimonieuse aux cordes de John et de Kid est superbe. "Cocaïne" campe un shuffle. Les cordes impriment un rythme cher à Jimmy Reed. Tex souffle dans les aigus et le chant de Main est une nouvelle fois impeccable. Rockabilly blues, "Dixie" évolue sur un tempo très soutenu. Blues incantatoire, "She's poison" évoque les meilleurs moments des Red Devils. La mémoire de Tex est bien hantée par le fantôme de Lester Butler. Et Main démontre qu’il a accompli d’énormes progrès sur son instrument. Le son des 44’s est authentique. Il est vrai que tous les musicos se servent d’instruments ‘vintage’! Remarquable, "Pleading my case" nous plonge au cœur du Chicago Southside. Kid Ramos a saisi son bottleneck et lance le riff de slide d'Elmore James. John vocalise énergiquement. Tex souffle à la manière de Junior Wells voire de Louis Myers. Johnny chante, sanglote même "Mr Operator", le blues lent de circonstance, un titre à l’instrumentation minimaliste. Le sax de Dziubla et la guitare lumineuse de Ramos alimentent "You'll be mine", un R&B imprimé sur un tempo enlevé. Main s’est manifestement amélioré aux vocaux. Il a acquis une telle expérience qu’il se révèle redoutable sur le country blues électrique "You'll be mine", une piste au cours de laquelle il se réserve également la partie de slide. Elle est même ravageuse. Et il remet impeccablement le couvert sur "Slip slidin' thang", pendant que notre Japonais, disciple de Magic Dick, signe sa meilleure sortie. "99 to life" est un authentique exercice de style acoustique. Dernier shuffle, "Mr Highway man" replace tous les acteurs sous les projecteurs. Et pour cette compo, ils ont une pêche pas possible. Des cuivres brûlants irradient "Hold on". "Americana" constitue le meilleurs elpee commis par les 44’s depuis "So Cal"! Et à coup sûr l'un des musts en blues, pour l’année 2012. 

 





 
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