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In Spades

Écrit par Bernard Dagnies - jeudi, 28 septembre 2017
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The Afghan Whigs
Pop/Rock
Sub Pop / Konkurrent

Le 28 juin 2017, Dave Rosser, le guitariste d’Afghan Whigs décédait des suites d’un cancer du colon. Soit moins de deux mois après la sortie du septième opus du groupe de Cincinnati. Le gratteur avait remplacé Rick McCollum, en 2014. Il avait encore participé à l’enregistrement de cet opus, malgré le diagnostic, posé avant les sessions. Et « I get lost », valse bouleversante, aborde ce sujet douloureux…

Au sein d’Afghan Whigs, du line up initial, il ne reste plus que le chanteur/compositeur/guitariste rythmique Greg Dulli et le bassiste John Curley. N’en déplaise aux censeurs, mais votre serviteur avait apprécié le précédent opus, « Do the beast ». Et il apprécie tout autant cet « In spades ». Qui est quand même différent, il faut le reconnaître, même si on retrouve toujours la voix d’écorché vif de Dulli, également capable d’osciller du falsetto venimeux au baryton riche. Riche comme l’expression sonore qui est régulièrement alimentée de cuivres, d’arrangements de cordes et d’interventions de violon et/ou de violoncelle. Sans oublier la présence du piano, parfois électrique, du mellotron, du vibraphone, du synthé et bien sûr de l’instrumentation basique. Ce qui n’empêche pas certaines compos de se révéler particulièrement électriques et percutantes. A l’instar d’« Arabian heights » ou de « Copernicus », dont le riff principal semble avoir été emprunté au « You really got me » des Kinks, à moins que ce ne soit à T.Rex… et même du funkysant « Light as a feather ». Les autres compos adoptent le plus souvent le profil d’une ballade, mais souvent mid tempo et très susceptible de brisures ou d’envols ; des plages parmi lesquelles on épinglera le single diabolique et de mauvaise augure « Demon in profile », qui explore les thèmes de la sexualité, de la mort et du désir, du raffiné mais tellement vulnérable « Toy automatic » ou du final mélodramatique, « Into the floor ». Deux pistes osent des orchestrions surprenantes. D’abord le syncopé « Birdland » et puis « Oriole », construit en crescendo. Dans ces conditions, « In spades » constitue certainement un des meilleurs albums parus depuis le début de l’année…

 





 

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