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Swingin in the swamp

Écrit par Jean-Claude Mondo - mercredi, 14 septembre 2016
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The Kat Kings
Blues/Roots
Kool Kat / Sarah French Publicity

The Kat Kings est un combo qui privilégie le rockabilly et le blues ; ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser à d’autres styles. Issu de Toronto, il est drivé par le chanteur, guitariste et compositeur Kevin McQuade. Il est soutenu par un autre gratteur (Teddy Leonard), un batteur (Chuck Keeping), un bassiste (John Dymond) et un claviériste (Wayne Dagenais). "Swingin in the swamp" fait suite à un premier LP paru en 2011, "The winning hand".

"When I say jump" ouvre la plaque. Du pur rockabilly gorgé de jump. Le son est nickel ! Wayne s’éclate derrière son piano. La basse acoustique est bien ronflante. La guitare de Kevin jouit de toute latitude pour s’emballer. Autre rockab’, "Poppin’ at Party time" est bien plus contaminé par le blues. Les ivoires sont bien mis en exergue ; mais c’est surtout la guitare, en distillant des notes bien dosées, qui tire son épingle du jeu, alors que Chuck apporte la touche rythmique, à l’aide de ses baguettes. Et tout au long de "B Flat Kat", la gratte semble carrément hantée par Chuck Berry. Indolent, "I work for you" se convertit au blues pur et dur. Celui de la Louisiane. Wayne est passé à l’orgue Hammond et double même au piano électrique. "Juke joint Jimmy" est judicieusement intitulé. C’est de la véritable dynamite ! Un rock’n’roll entraînant, dévastateur, au cours duquel la guitare jumpe avec bonheur, pendant que Wayne martèle ses 88 touches d’ivoire, afin de communiquer des sonorités ‘juke joint’. Plus surprenant, les Kats nous invitent au temple pour chanter le gospel, dans un ensemble vocal polyphonique. Traversé par une slide et tapissé par un orgue, ce "Before I found him" fleure le Sud profond. Et la finale change carrément de rythme. Implacable, elle est soulignée par des claquements des mains! Caractérisé par ses guitares furieuses, "Ridin’ in style" opère un retour dans le rockabilly. Kevin chante classieusement "I’m just a shadow" devant l’orgue Hammond, une ballade lente aux réminiscences Memphis Stax. Plus roots, "It came from the swamp" nous entraine dans les swamps louisianais. Le bottleneck apporte sa touche métallique à ce blues, alors que les interventions de slide sont particulièrement nonchalantes. Dominé par le piano roadhouse de Chuck, "Till it feels alright" est une piste plus rythmée digne de Jimmy Reed. "Late night thing" lorgne vers le plus célèbre trio texan, ZZ Top ; un blues pur et dur au cours duquel les interventions de guitare sont à la fois acérées et lumineuses. Grâce à son cortège de percussions festives inspirées par Professor Longhair et au chant flemmard proche de Dr John, "Late night thing" met une dernière fois le cap sur la Nouvelle-Orléans. Superbe, ce long playing nous offre une dernière tranche de bonheur, un cocktail de rock’n’roll et de blues baptisé "Baby you can’t drink", au cours duquel Wayne Dagenais s’éclate encore et encore. Excellent !

 





 
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