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Method to my Madness

Écrit par Jean-Claude Mondo - lundi, 25 janvier 2016
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Tommy Castro & The Painkillers
Blues/Roots
Alligator / V2

La carrière de Tommy Castro et déjà bien remplie. Agé de 60 balais, ce Californien est un adepte du blues et du R&B. Guitariste, chanteur et compositeur, il a embrassé une carrière solo en 1991. Ce qui lui a permis de publier de nombreux albums, notamment pour Telarc et Blind Pig. En 2009, il est passé chez Alligator, pour lequel il a d’abord gravé "Hard Believer". La musique de Tommy a toujours impliqué des cuivres, et tout particulièrement grâce à son saxophoniste, Keith Crossan. Pourtant, en 2011, il monte une nouvelle formation, The Painkillers, qui se limite à une section rythmique et des claviers. Le dernier opus de cette formation, "The devil you know", remonte à 2014. Le line up réunit Castro, au chant et à la guitare, Bowen Brown (ex-John Lee Hooker Band) à la batterie, Randy McDonald à la basse et Michael Emerson aux claviers. Les sessions se sont déroulées au studio Laughing Tiger, à San Rafael. Tommy assure la production et signe dix des douze plages.

Naturellement puissante, autoritaire la voix de Castro est avant tout authentique. Elle est faite pour chanter le blues, le R&B et le rock'n'roll. Et on s’en rend compte dès l’ouverture, "Common ground". Une plage accrocheuse, imprimée sur un rythme ‘rollingstonien’, au cours de laquelle il décoche son premier solo ; et il fait mouche ! Particulièrement solide, la section rythmique balise "Shine a light". Emerson siège derrière son orgue Hammond. Largement amplifiée, la slide de Castro nous réserve un petit bijou de solo, dans un climat plutôt swamp. Le titre maître est sculpté dans du pur r&b, proche du southern soul de chez Stax. Et si la rythmique est virale, il n’y a pas de cuivres… Les sonorités de l’orgue sont intenses et chaleureuses tout au long de "Died and gone to heaven", une ballade soul lente, que chante divinement Tommy, dans un registre proche d'Otis Redding voire de Wilson Pickett. Un style tout en feeling, taillé sur mesure pour l'artiste ! Parfois, la puissance vocale de Castro me fait penser à celle de John Fogerty. D’ailleurs, l’effet est similaire. "Got a lot" en est certainement une belle illustration. L'intro à la guitare dispensé sur "No such luck" est remarquable ; un blues savoureux réminiscent du Fleetwood Mac de Peter Green. Rien que du bonheur ! Parfois ces cordes lorgnent, comme par magie, vers Carlos Santana. Ou elle entrent en effervescence ; à l’instar du blues musclé "Two hearts". La voix s’avère souveraine tout au long d’"I'm qualified", un morceau écrit par l'équipe de Muscle Shoals. Soutenu par la basse funkysante de McDonald, il se distingue par cette grande liberté accordée à l’orgue. A l’écoute de "Ride", on ne peut s’empêcher de penser à Ray Manzarek des Doors ; et tout particulièrement sur l’album "L.A. Woman". A cause de ce piano électrique aventureux qui trame une véritable texture sonore hypnotique. Castro et Joe Louis Walker cosignent "Lose lose", un blues lent aux accents dramatiques. Et le dialogue entre la voix et les cordes constituent un véritablement enchantement. La perfection ! Les fûts de Bowen Brown servent de rampe de lancement au leader sur "All about the cash", une solide pièce de swamp funk. Propulsé vers les sommets, Tommy se réserve alors une sortie aussi intrépide qu’inventive. D’excellente facture, cet opus s’achève par un reprise du "Bad luck" de BB King, un blues d’une grande pureté découpé dans des cordes de guitare immaculées…

 





 
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