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Rain Crow

Écrit par Jean-Claude Mondo - mercredi, 21 septembre 2016
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Tony Joe White
Blues/Roots
Swamp / Robbie Klandermann Promotions

Si vous ne connaissez pas Tony Joe White, c’est que vous n’écoutez jamais la radio. Non seulement certaines de ses compos ont été reprises par des artistes aussi prestigieux qu'Elvis Presley, Ray Charles, Tina Turner et Hank Williams, mais il est également responsable de deux hits incontournables, "Polk salad Annie" et "Groupie girl". Depuis plusieurs décennies, son swamp blues s’identifie parfaitement à la tradition louisianaise. Il est d’ailleurs né dans le nord de cet Etat, près de l’Alabama, à Oak Grove. Et aujourd’hui âgé de 73 balais, il a toujours bon pied bon œil. Au cours de sa carrière, il a publié une trentaine d’albums, dont le dernier, "Hoodoo", remonte à 2013.

"Hoochie woman" nous immerge immédiatement dans l’atmosphère humide et suffocante des marais. Grave et chaleureuse, sa voix est déclamatoire tout au long de cette piste, au cours de laquelle les instruments tracent une ligne de conduite passionnante, et tout particulièrement l’orgue Hammond de Tyson Rogers, qui tire parfaitement son épingle du jeu. Probablement la meilleure plage de l’opus. "The bad wind" baigne au sein d’un même climat. Et narre une ténébreuse aventure sentimentale au cœur des swamps. Ravagés, les riffs de gratte se révèlent menaçants. La voix est monocorde, mais tellement authentique. Chaque sonorité apporte son écot à l’ensemble. Celles des cordes, bien sûr, mais aussi de l’orgue Hammond et des percussions volontairement dramatiques de Bryan Owings. Des accords rythmiques amorcent le titre maître, "Rain Crow". Le drumming d’Owings est écrasant. White souffle ou plutôt crie dans son harmo, des tonalités rudimentaires. Les arrangements sont impeccables. "The opening of the box" est imprimé sur un tempo plus soutenu. La voix de Tony est très proche de celle de John Lee Hooker tout au long de ce swamp boogie qui provoque une transe instrumentale alimentée successivement par la basse de Steve Forrest, la batterie, l’harmonica et enfin les cordes torturées. "Right back in the fire" est une ballade sentimentale dont White a le secret. Fermez les yeux. Il est face à vous, au coin du feu, et susurre ses mots. Rassurante, la guitare rythmique glisse entre les phrases. Excellent ! Billy Boy Thornton (NDR : issu de l’Alabama, cet artiste vivait près de chez White) cosigne "The middle of nowhere", une plage qui nous ramène près de 50 ans en arrière, tant elle trahit des similitudes avec "Polk salad Annie", un des premiers tubes de Tony. Lumineuse, la six cordes entretient l’atmosphère totalement laidback. "Conjure child" relate une autre histoire du pays des marais. White fait allusion au culte vaudou et à une sorcière capable d’apprivoiser serpents et alligators. Tapissé par ses interventions d’orgue mélodieuses, "Where do they go" est une compo empreinte de douceur. Une compo dont la démarche interrogative colle parfaitement à la philosophie de l’artiste. Hypnotique, "Tell me a swamp story" nous entraîne une dernière fois au cœur des swamps. Les percus sont judicieusement funk. Posée, la voix est de nouveau très proche, et la guitare vibre au sein de ce paysage local si spécifique qui a marqué sa vie et son enfance. Et pour que votre info soit complète, sachez que c’est son fils, Jody, qui a assuré la production.

 





 
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