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Backdoor Hoodoo

Écrit par Jean-Claude Mondo - mardi, 08 septembre 2015
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Troy Redfern Band
Blues/Roots
Blues Boulevard / Music Avenue

Chanteur, compositeur et guitariste, Troy Redfern est britannique. C’est également un spécialiste de la slide. Ce qui n’est pas courant outre-Manche. S'il confesse avoir beaucoup écouté Son House, Mississippi Fred McDowell et Hound Dog Taylor, afin d’y puiser, dans leur style largement amplifié, l’âpreté et agressivité, c’est plutôt du côté des States qu’il semble plutôt s’inspirer. Et on pense immédiatement à Johnny Winter ou à Michael Katon. Encore que Dave Hole me traverse aussi l’esprit. Mais il est australien. Troy a opté pour la formule trio, une formule qui laisse une liberté maximale au ‘guitar hero’. Il est donc soutenu par le drummer Alex Bridge et le bassiste Stuart McDonald (ex-Killing Floor). En 2008, Redfern avait monté son propre studio, Dark Horse. En 2010, il drivait l’Electric Blues Reaction (NDR : McDonald y était déjà impliqué). Le combo publie alors "Beneath The Waves", en 2013. Pour son nouveau projet, il avait déjà gravé deux long playings, "Werewolf etiquette" et "Playing with fire".

Pugnace, Troy attaque sauvagement "It stacks". Une agression permanente. La slide est très affûtée. Le chant ressemble à un cri! Il ne fait pas dans la dentelle, mais il donne tout ce qu’il a dans le ventre. Impétueux, il embraie par un boogie féroce, "The other side". La gratte est constamment à l’avant-plan. Le tempo ralentit pour "Salvation", mais la plage est plus intéressante, car l’artiste tire le max de sa slide, qu’il apprivoise. Farouche, elle souffre et gémit. Furieux, "Wildfire" est impressionnant. "What goes around" est hanté par Jimi Hendrix. Troy a abandonné le bottleneck pour embrasser un jeu déjanté mais sous contrôle. "War cry" baigne clairement au sein d’un climat psychédélique. Atmosphérique aussi. Acides les cordes sont insatiables. Elles sont même poussées dans leurs derniers retranchements. Excellent! Le titre maître est tout aussi allumé. Un dialogue provocateur s’établit entre la voix et la guitare, néanmoins tempéré par les interventions à l'harmonica de Ray Weatherill. "Lamb of Zion" est plus paisible. Troy est seul, armé de sa sèche et de son bottleneck pour ce blues à la résonance métallique. "Back home" est imprimé sur un rythme soutenu, mais sans excès.  "Running with ghosts" est plus que largement amplifié. Le fantôme de Hendrix rôde à nouveau, même si la voix de Redfern est beaucoup plus rugueuse. L'opus se termine par un long voyage baptisé "Survive". Le départ baigne au sein d’une certaine forme de sérénité, mais progressivement la slide s’impose, dans ce trip sonore, ma foi, élégant. Deux bonus tracks : le plus punk "Cold day in hell", une piste remuante, mais à la production soignée ; puis la ballade presque tendre "This raging heart", moment au cours duquel Troy oublie ses accès de rage et de violence pour emprunter un autre chemin, plus psychédélique.

 





 
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