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Artificial

Écrit par Michel Serry - lundi, 26 avril 2010
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Unitopia
Metal/Prog/Noise
InsideOut Music (promo Petting Zoo)

Pas facile de chroniquer un album aussi riche en quelques lignes. A la base, Unitopia consomme un ‘rock progressif’, dont il se sert comme ligne de conduite pour développer son bouillon de culture musical. Il y incorpore ensuite des éléments ‘classiques’, ‘jazz’, ‘world’ et même ‘heavy rock’. Et cette mixture infectieuse plutôt inédite, il l’injecte à doses massives dans son troisième opus, intitulé « Artificial ».

Unitopia est originaire d’Australie. D’Adelaïde, très exactement. Une situation plutôt originale pour un combo émargeant au rock progressif. Cependant, sa nationalité ne constitue pas sa seule particularité. Et pour cause, outre le recours aux instruments rituels du rock progressif (claviers, guitares, basse), Unitopia intègre les interventions lumineuses d’un saxophone. Sans oublier la présence de deux batteurs/percussionnistes pour rythmer ses efforts. Dernière subtilité : Mark Trueack, le vocaliste, possède un organe proche de celui du Peter Gabriel à la grande époque de Genesis.

« Artificial », comme son titre le laisse deviner, est un album concept consacré aux intelligences artificielles et à leurs rapports avec les humains. L’opus propose dix titres enchaînés les uns aux autres et s’étale sur cinquante-trois minutes (NDR : l’édition limitée digipack devrait être enrichie de trois bonus tracks). Unitopia y dévoile tous ses atouts : technique, justesse, émotion et propension à créer la surprise. On pense à Genesis, Marillion, Yes, Alan Parson’s Project, aux Flower Kings et à Spock’s Beard, mais aussi au Beatles (« Nothing Lasts Forever ») et à Supertramp. Le saxophone de Peter Raidel et les percussions combinées de Jamie Jones et Tim Irrgang apportent leur touche de jazz rock, voire même de world music pour ces deux derniers. Quelques interventions d’instruments classiques (flûtes, violons) viennent parfois ponctuer le rock d’une coloration classique.

Unitopia a réalisé un petit exploit en concoctant cet « Artificial » ; et pour cause, bien qu’il soit conceptuel, cet opus est intéressant de bout en bout et on peut l’écouter plusieurs fois de suite sans éprouver le moindre ennui. Conventionnel et innovateur à la fois, l’album est destiné à toutes les générations successives d’aficionados du rock progressif. Un must, tout simplement.

 





 
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