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Songs From Another Room (Cd + Dvd)

Écrit par Akim Serar - vendredi, 13 septembre 2013
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Various Artists
Pop/Rock
Microcultures

Des artistes qui d'habitude font chambre à part se réunissent ici dans un concept pour s'adresser autant aux oreilles qu'aux yeux (NDR : et il est vivement conseillé d'utiliser les quatre).

Le principe de cette auberge espagnole est simple, autant que pertinent : offrir à ces talentueux inconnus qui gravitent tous dans la sphère indépendante, une totale liberté d'expression.

Ce recueil propose donc neuf titres déclinés en Cd, Dvd et autant d'illustrations monochromes autour d'un bien bel objet collector qui attire d'abord la curiosité.

Foncièrement DIY dans son approche, « Songs From Another Room » reflète donc une envie ambitieuse de se démarquer dans la grisaille actuelle et de rendre ses lettres de noblesse à l'objet tant qu'à la production ; mais le tout, fait à la maison et avec peu de moyens…

À tout seigneur, tout honneur, commençons donc par le doyen de cette aventure, Robert Stevie Moore, plus iconoclaste qu'icône vivante, malgré sa carte de visite, qui depuis la fin des sixties a déjà publié plus de quatre cents albums dans les circuits qu'on imagine les plus undergrounds.

Artisan de l'ombre, le bonhomme qui a collaboré avec pas mal de beau monde (et on épinglera Tim Burgess des Charlatans, mais on pourrait de même citer Ariel Pink ou MGMT) propose ici un titre issu de ses archives pléthoriques mais pas rhétoriques.

Ainsi, « Lone », datant de soixante-sept est l'archétype du home recording servant idéalement d'introduction à cette entreprise dont Moore se fait le parrain.

Si le son issu d'une vielle cassette a immanquablement pris des couleurs délavées, le morceau en lui-même garde sa fougue d'antan, joyeusement foutraque et insouciante, laissant filtrer des pans de lumière au travers des persiennes et permettant à la poussière de danser dans l'opacité du temps. Comme si le spectre de Syd Barrett se trémoussait sur une plage brésilienne.

Pour lui emboîter le pas, Les Filles Et Les Garçons choisit la voix d'une Pop assistée par ordinateur (« Sea »). Là où les moyens divergent, on garde néanmoins une certaine cohérence vu la méthode de travail pas si éloignée, même si les outils sont forts différents et le son bien plus léché plus de quarante années plus tard.

Une promenade balnéaire rafraîchissante, dont les fragrances sont empruntées à New Order.

Vient ensuite le tour de Benjamin Lozninger dont le « (Backing) The Wrong Horse » prolonge le bain en eaux troubles.

Emmenant dans le sillage de ses courants chauds un spleen fantomatique qui rappelle de loin la silhouette du regretté Mark Linkous par la grâce de cette douce mélodie bricolée à la lumière scintillante des étoiles et rehaussée de quelques inventives interactions.

Alors, dans un dernier galop, le morceau s'achève dans un bruissement sale comme des draps froissés, après une après-midi d'amour.

Pour continuer, retour à l'Electronique en compagnie d’A. P Witomski dont les influences s’avèrent particulièrement évidentes sur ce titre. 

La bio nous apprend que ces initiales mystérieuses cachent en fait un docteur en physique. Cet esprit mathématique s'exprime sur « In A Sense Of Conformity » en lui insufflant la froideur des machines mais en prenant soin de laisser transparaître un feeling mélancolique qui fait mouche. Se déjouant des lois (qui en physique définissent un rapport immuable entre plusieurs grandeurs), la Synth Pop de ce Grenoblois renvoie au son des eighties, fidèle aux sonorités de ses maîtres mais loin d'en être esclave.

Une basse vient ensuite baliser le chemin pour Marc Desse et sa Cold Wave en français dans le texte.

Exception dans cet ensemble exempt de règles, « Video Club » a bien entendu des connotations très Frenchie.

Mais là aussi, le duo passe l’écueil du passéisme et fait la nique aux révérences datées.

Un moment d'ivresse en seize-neuvième qui se moque de la justesse de ton pour afficher un sourire juvénile et botter les culs qui se dandineraient nonchalamment entre deux chaises.

Le ton redevient plus solennel chez St. Augustine dont le folk lorgne vers des révérences davantage contemporaines.

Boisée et mûrie dans une cage thoracique en cèdre, la voix de François Régis Croisier renvoie vers cet Amérique aux paysages sans fin, croisant les envolées lyriques de Midlake et les bidouillages enfantins de Grandaddy.

Une culture anglo-saxonne qui colle aux basques de cet œuvre hexagonale mais plus en tant que référence que véritable révérence.

Ainsi, Sutja Gutiérrez et His Clanneyness se placent alors judicieusement au bon endroit pour changer de cap et relever le nez vers la voûte céleste.

Sillonnant une constellation habitée entre autres par le vaisseau M83, tant l'Italo-canadien Jonathan Clancy (dévoilant « Slash The Night (Version 1) ») que l'Espagnol (« You Are God (Version 1 ») ramènent notre attention vers des sonorités plus digitales.

Sonorités qui se perpétuent sur le dernier morceau de ce CD.

Soit une mélodie minimaliste qui au fil de quatre minutes que dure « You Wanna Sing » fait la synthèse de cet elpee, tout fait main mais non pas cousu de fil blanc.

Ceci pour n'aborder que l'aspect audio de cette pièce.

Du côté des vidéos, le soin apporté par les différents réalisateurs est bien entendu à l'image de la qualité intrinsèque de chacun de ces morceaux et fidèle aux préceptes du Do It Yourself.

Soit imaginatifs bien que dénués de grands moyens.

À ce titre, mention spéciale au clip de « Modern World » et surtout à celui de « Vidéo Club » (sic!)

Soulignons aussi le travail graphique de Mathieu Labeille, superbement mis en image sur « (Backing) The Wrong Horse ».

Pour conclure, « Songs From Another Room » constitue donc un voyage entre Folk et Electro au pays du trois fois rien, là où les idées et certains talents s'expriment librement, loin des contraintes du quotidien, rendant justice (et justesse) à l'expression artistique.





 
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