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Protomartyr
Botanique (Rotonde)
Bruxelles
21-11-2017
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Avant que n'explosent les sens.

Écrit par Akim Serar - mercredi, 17 novembre 2010
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65daysofstatic
Botanique (Orangerie)
Bruxelles
18-11-2010

Un jeudi soir dans la capitale. Dehors, sous les volutes de fumée s'élevant des clopes au bec, deux publics se mêlent à l'entrée du Botanique. Ce soir dans la Rotonde se déroule le concert de Tokyo Police Club. A quelques mètres de là, au sein de l'Orangerie, trois groupes d'outre-Manche se sont donné rendez vous.

Alors que la salle commence à se remplir, les trois petits gras de Tall Ships entament leur set nerveux en toute décontraction. Riffs en boucles, motifs en loops, sourires et bonne humeur. Le public s'accroche à la proue de ce grand navire et balance avec lui de bâbord à tribord. Sympathique en diable, entraînant et dynamique, le concert se déroule sans accroc et nous mène à bon port. Gueules d'anges débonnaires et musique efficace. Une voix plaisante et caressante, un rock carré, voire barré par instants ; et au final, une orgie scénique au cours de laquelle les membres du groupe passent à tour de rôle d'un instrument à un autre au cours d’un seul et même morceau. Jolie prouesse technique de haute précision. Manifestement très heureux d'être venu, avoir vu (ces plantes et ce décor magnifique, dixit le chanteur), et vaincu, le bateau repart vers d'autres horizons. A revoir lors du prochain accostage.

L'interlude proposé par Nedry s'avère moins convaincant. Ce mélange d'électronica sous perfusion binaire, de beats and bleeps noyés sous différents effets, aux relents dub-post-wave-machin-truc (fichues étiquettes!), me laisse profondément indifférent. Peut-être une question d'humeur? Ou de perception. La jeune Ayu Okakita, comparée ci et là à Bjork pour son timbre de voix (il y a des similitudes, mais comparaison n'est pas raison) nage au milieu de ces éléctro-Tchak-Beep-tictictic-fzzzzzzzzzzzz et mon esprit s'évade et se disperse. Zzzzzzzzzzzzzzzzz...

Qu'importe, puisque 65daysofstatic débarque pour remuer mes sensations endolories. A l’aide de leur rock instrumental mat(h)iné d'électro syncopée, le combo de Sheffield retourne bientôt l'atmosphère de la salle, toute acquise à sa cause. Un son fichtrement puissant, des basses grondant furieusement, des guitares mordantes et tranchantes, une énergie communicative et des breaks saillants comme des falaises à pics. Précision chirurgicale et assaut de front. Comme un souffle violent craché à la face des spectateurs. Les têtes ondulent en vagues frénétiques. La sueur perle sur les fronts. Ici, une jeune fille s'effondre, là, un jeune garçon se disloque sous les ondes extatiques. Quand le paysage sonore s'apaise, je retiens mon souffle. Car déjà secoue la tempête. De la terre s'élève un grondement sourd, du ciel pleuvent des paillettes d'or et d'argent. Dans un kaléidoscope infernal, tournoient les décibels. L'espace explose et se fragmente, puis l'instant d'après, se recompose et reforme un bloc inébranlable. Dans la ferveur de la nuit, les membres du groupe nous laissent pantelants, les yeux hagards. Nos esprits se sont vidés. Se sont parsemés et voltigent autour de nous. Qu'importe. Comme le précise le nom du dernier opus de ces Anglais de génie: « We were exploding anyway »...

Organisation: Botanique.





 

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