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De la bière et du rock'n'roll

Écrit par Bernard Dagnies - jeudi, 12 octobre 2017
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Airbourne
Het Depot
Louvain
12-10-2017

Alors que l’été vient de rompre son bail, Airbourne débarque à point dans la ville estudiantine de Louvain (NDR : Leuven en nl !) afin de propager une ondée de chaleur australienne, gorgée d’un Hard Rock explosif. Démarré à Santiago à la fin du mois d’août, ce ‘Breakin Outta Hello Tour’ affichait pour le coup sold out dans le plat pays. Fidèles à leur réputation, les musiciens ont mis le feu aux planches et ont arrosé généreusement leur public autant de houblon que de bonne humeur…

Il est un peu plus de 20h lorsque la salle Het Depot ouvre ses portes. Peu à peu une file constituée de métalleux, dans l’attente d’un contrôle, se forme. La plupart sont vêtus de t-shirts de couleur noire et de vestes patchées. Une volée d’escaliers plus tard, une porte conduit vers le théâtre des opérations. Plusieurs rangées de sièges de teinte rouge entourent la fosse, permettant d’accéder au podium, de taille modeste. Le concert est décrété complet, mais force est de constater que bon nombre de spectatrices et spectateurs préfèrent encore s’hydrater en ce début de soirée. Les plus impatients se collent, cependant, contre la stage, prêts à se ramasser une dose de Thrash old-school.

Derrière le kit de batterie, disposé à l’avant-plan, le backdrop de Desecrator, en lettrage blanc déformé et géométrique, a été accroché à l’arrache. Ce type de logo ne laisse généralement que peu de place au doute : la fosse va essuyer du Thrash old-school. Les quatre musicos débarquent. Ils ont enfilé des vestes en jeans noir et sans manches sur leurs torses nus. Seul le vocaliste, Riley Strong, a opté pour un simple t-shirt, mais de la même couleur. Il a la boule à zéro. Enfin, pas tout à fait, puisqu’à l’arrière de son crâne, il laisse pendre une longue chevelure bouclée. Du plus bel effet ! Sourire aux lèvres, les artistes prennent plaisir à se produire en ‘live’ pour y balancer un Thrash lourd et rapide, réminiscent des débuts de Testament voire de Slayer (‘On leur a piqué ce riff-ci’, avoue même le chanteur) ou encore d’Anthrax. Plutôt timide, l’audience finira pourtant vite par se laisser emporter et hoche la tête, l’index et l’auriculaire pointés vers le podium. Même si en fin de set, Riley interrompt son morceau avant de déclarer : ‘Non, là ce n’est pas possible… c’est mon riff préféré qu’on est occupé de jouer ; je veux tous vous voir bouger de la tête !’ La formation nous réserve, en outre, une reprise musclée du « Born To Be Wild » de Steppenwolf. L’occasion de s’échauffer la voix pour la tête d’affiche du jour. Desecrator ne réinvente certes pas l’eau chaude, mais assure plutôt une continuité de la saveur du Thrash old-school des années ’80. Une généreuse première partie bien grasse, qui a duré ¾ d’heure. De quoi être parfaitement huilé pour le reste de la soirée.

Trente minutes plus tard, le temps nécessaire à la préparation du matos, la salle est à présent bien remplie (NDR : mais pas de trop pour un sold out : on respire, quel bonheur !) et la foule s’attend à se prendre une volée de décibels. La menaçante mâchoire animale entrouverte qui figure sur le backdrop du band est une reproduction qui figure sur la pochette de l’elpee « Black Dog Barking » ; et elle toise la fosse qui lui fait face. Les baffles crachent les mélodies épiques de la bande-son du ‘Terminator 2’. Une mise en condition efficace pour stimuler l’audience, avant que ne déboule le quatuor infernal sur « Ready to Rock ». Un morceau qui annonce la couleur pour le reste de la soirée, placée sous les auspices d’un Hard Rock survolté, largement influencé par AC/DC, leurs compatriotes australiens (NDR : pour l’anecdote, lorsqu’il avait été question de remplacer Brian Johnson, le chanteur d’AC/DC, celui d’Airbourne, Joel O'Keeffe, avait été pressenti). Torse nu, vêtu d’un vieux jeans noir troué aux genoux, chevelure bouclée en pagaille, O'Keeffe est survolté derrière son micro. Chaque parole lui vient du fin fond de l’estomac. Comme s’il était victime d’un mouvement compulsif, qu’on appelle tic, il hausse sans cesse les sourcils, laissant deux grands yeux électriser le public. Quand il ne se livre pas de sa voix rauque derrière le micro, il se démène comme un beau diable sur son manche, arpentant les deux extrémités de l’estrade.

Malgré la sortie, il y a quelques jours, de son cinquième opus, « Diamond Cuts : the B-Sides », Airbourne va essentiellement piocher au sein de ses quatre long playing précédents. Tout au long de « Too Much, Too Young, Too Fast » et « Rivalry » l’auditoire chante à l’unisson. Le show est carré. Chaque morceau ou presque se clôture telle une apothéose de fin de concert. L’audience, bien que remontée, reste néanmoins assez calme. Certains pratiquent le crowdsurfing, finissant tant bien que mal en bout de course dans cet interstice située entre le podium et le public. Malgré cette ambiance bon enfant une jeune fille, probablement coincée contre les barrières, est à deux doigts de tomber dans les pommes. Tout en chantant, Joel O'Keeffe adresse plusieurs signes au service de sécurité afin de la sortir de ce mauvais pas (‘I hope you’re fine, girl !’, destine-t-il à son attention, à la fin du morceau, dans un accent australien particulièrement prononcé).

Airbourne, c’est du Hard Rock sous amphétamines, mais c’est également un show à part entière. La configuration de la salle ne le permettra pas pour ce soir, mais le frontman a la fâcheuse réputation de grimper un peu partout afin de jouer de la gratte le plus haut possible. Il est également connu pour se balader au milieu de la foule, sur le dos d’un sherpa-roadie,  avant d’écraser, quelques minutes plus tard, une cannette de bière d’un demi-litre sur la tête, arrosant de houblon toute personne qui gravite dans un rayon de trois mètres autour de lui. Des ficelles qui certes, mettent de l’ambiance lors du concert, mais peuvent paraître récurrentes, pour toute personne qui a déjà assisté à un set du band kangourou. Autant les morceaux sont interprétés librement, autant les artifices qui grèvent le spectacle relèvent d’une mise en scène un peu trop prévisible. Comme ces bières disposées devant la batterie, qui ne sont pas destinées à abreuver les artistes au cours du show, mais bien pour être lancée sur les spectateurs, en fin de parcours. Le vocaliste en invite d’ailleurs à grimper sur les épaules de leurs congénères afin de rattraper les gobelets au vol. L’effet aurait sans doute été décuplé si cette connivence avait été spontanée et non pas préparée…

La plongée dans le noir avant que ne débarque sur les planches le batteur Ryan O'Keeffe –le frère de Joel– équipé d’une sirène d’alarme manuelle, sera de courte durée. Une forme de tocsin qui n’est pas sans rappeler celui qui déchirait le ciel durant la Seconde Guerre mondiale. Il tourne la manivelle le plus vite possible, largement encouragé par la fosse. Et s’y reprend à trois reprises avant l’intro de « Live it up », signe destiné aux musicos de reprendre la scène d’assaut pour attaquer le final attendu « Runnin’ Wild ». La foule acclame. Les musiciens donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre jusqu’au dernier moment. Le concert s’achève au cœur d’un imbroglio de riffs, de blast et de larsens. Un feu d’artifice avant l’extinction des feux. Les derniers onglets sont jetés en pâture et les Australiens rejoignent aussitôt les coulisses, laissant un peu abruptement un auditoire à bout de souffle. Un tout petit plus qu’une heure de show : la barre du minimum syndical est certes dépassée, mais quelques morceaux de plus auraient également été appréciés. Quoi qu’il en soit, Airbourne a livré, en cette soirée, une belle leçon de Rock’n’Roll. À celles et ceux qui regardent sans cesse dans le rétroviseur, sachez que l’avenir a assurément encore de belles années devant lui.

Setlist : Ready to Rock - I'm Going to Hell for This - Too Much, Too Young, Too Fast - Down on You – Rivalry - Girls in Black - Bottom of the Well - Breakin' Outta Hell - No Way but the Hard Way - Stand Up for Rock 'n' Roll // Encore: Live It Up - Runnin' Wild

(Organisation : Het Depot)

 





 
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