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Une 'dark pop' mystique, hypnotique et sombre, illuminée par une intense beauté…

Écrit par Philippe Blackmarquis - vendredi, 30 juin 2017
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An Pierlé
Eglise de l'Abbaye de La Cambre
Ixelles (Bruxelles)
30-06-2017

C'est dans le cadre du festival ‘Musiq'3’ qu'An Pierlé se produisait ce soir, au sein de l'église de l'Abbaye de La Cambre ; et vu le succès des réservations, les organisateurs avaient prévu deux concerts successifs : un à 20h et l’autre à partir de 22h. Nombreux sont en effet les mélomanes qui, comme votre serviteur, sont tombés sous le charme de l'artiste flamande. Son diptyque « Arches / Cluster » a séduit un nouveau public qui apprécie les compositions au cours desquelles les grandes orgues sont mise en exergue au sein d’atmosphères mystiques…

C'est au cœur d’édifices religieux qu'An Pierlé a choisi d’accorder les concerts de la présente tournée. Non seulement les lieux y sont propices mais surtout, elle peut se servir des orgues, qui alimentent ses dernières compositions. A la Cambre, comme d’habitude, le podium a été dressé à l'entrée de l'église, en dessous du jubé.

A 20 heures précises, An Pierlé apparaît au jubé. Il fait encore jour et sa silhouette gracile se détache devant les orgues et les vitraux qui brillent de milles couleurs. Elle entame « I Feel For The Child », la première plage de « Arches ». Quelques claquements de doigts, le son des orgues et la voix nous transportent d'emblée dans une autre dimension. L'artiste est habillée d'une robe beige, recouverte d'un châle noir. Autour de ses yeux, son maquillage est souligné de paillettes qui scintillent au gré des faisceaux de lumière. Mais on assiste déjà à un des moments les plus forts de la soirée : le break incrusté au milieu de la chanson. Il est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drown yourself in silence...’ Enfin, la chanson se termine comme elle a commencée, en douceur, a capella.

L’auditoire, qui occupe complètement l'église, est déjà conquis. Dans la foulée, An Pierlé entame « Road To Nowhere », un premier extrait de « Cluster ». A la fin de la compo, elle descend du jubé pour rejoindre ses comparses sur le podium. On reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, saxophone, percussions). Les harmonies vocales conjuguées par les deux choristes, Loesje Maieu et Kaat Hellings, sont d'une étonnante délicatesse, et leurs interventions aux claviers et aux percussions, particulièrement subtiles. Enfin, Karel De Wilde, l'organiste, est présenté par l'artiste gantoise comme le 'prince de la musique baroque' et un excellent organiste, 'quand il ne mange pas trop de biscuits'...

Après cette petite blague, typique de l'humour de la belle, place à « Golden Dawn », le premier 'single' extrait de Cluster. L'interprétation est superbe. Sublime, le refrain vous saute au cou et vous enlace sans jamais plus vous lâcher : ‘The Golden Dawn is on its way. We dream... Keep dreamin' on...’ C'est lent, voluptueux et tout simplement beau. On en veut aux radios nationales de ne pas diffuser ce titre en boucle, car c'est un véritable hit potentiel, dans la veine du répertoire de Hooverphonic, Agnès Obel, SX ou encore Lana Del Rey.

« Huntifix » creuse encore plus dans le sillon émotionnel. Le saxophone de Koen Gisen et les notes d’ivoires apportent ça et là des couleurs plus 'free jazz'. La composition virevolte lentement, telle une danse sensuelle et on a l’impression de vivre un tête-à-tête virtuel auprès de la belle An : ‘Do you want to undress me, Do you really want to see, Would you like to caress me, Do you want me entirely…’

S'ensuit le superbe « Birds Love Wires », une des plus belles compositions signée par Mrs Pierlé, au cours de ces deux dernières années. Elle nous a d'ailleurs confié qu’il s’agissait de sa chanson préférée dans son répertoire. Elle la présente en évoquant les oiseaux sur les fils de téléphone, une image qui est en voie de disparition à cause des réseaux mobiles. Lors de notre entrevue, elle avait ajouté que la métaphore évoque également la vision de femmes martyrisées dans les pays où elles sont privées de leurs droits fondamentaux.

Pendant « There Is No Time », on se souvient de l'anecdote vécue lors du concert à Laeken, il y a quelques semaines, au cours de laquelle l’artiste avait invité quelques spectateurs à monter sur le podium afin de participer au tournage d'une vidéo. Aujourd'hui, pas de 'happening' : il est vrai que le temps est compté.

La dernière partie du show se déroule dans la perspective d'une montée en puissance. Par manque de temps, « Bedroom Dust » a été enlevé de la setlist et le groupe aligne l'imposant « Sovereign », avant de refermer le set sur le très sombre « Dragon JM ». Sur les visages des spectateurs, on lit l'émerveillement et quelques secondes après les dernières notes, ils se lèvent comme un seul homme pour acclamer le quintet. 

Après avoir chanté une pub pour faire la promo de ses deux albums (encore un moment cocasse), An Pierlé prend congé de l’auditoire sur l'épique « Changing Tides ». Un tambour martial y guide la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur un final époustouflant à trois voix.

On regrette bien sûr de n'avoir pas pu entendre la reprise de « Such A Shame », le classique de Talk Talk, qui fait, en général, partie des rappels. Mais ne boudons pas notre plaisir : le concert a duré près d'une heure et demie et nous a, à nouveau, propulsés au septième ciel.

Pas de doute : grâce à ses deux derniers longs formats et sa tournée des églises, An Pierlé a brillamment réussi un tournant majeur dans sa carrière. Elle a gagné en maturité, en profondeur et a touché une corde sensible dans le coeur de son public. Elle a trouvé sa place, lovée entre Kate Bush, Talk Talk, Dead Can Dance, Messiaen, Hooverphonic et Portishead. Sa 'dark pop' mystique, hypnotique et sombre est illuminée par une intense beauté.

Pour lire l'interview d'An Pierlé, c'est ici

Setlist:

Feel for the Child
Road To Nowhere
Vibra
Golden Dawn
Huntifix
Birds Love Wires
It's Like
Monkey
We Gravitate
There Is No Time
Sovereign
Dragon JM

Rappel:

Changing Tides

(Organisation: Musiq'3)

Photos : G. Lécrivain (Voir aussi notre section ici)





 
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