Garciaphone, mangeur de ręve…

C’est ce 10 novembre que paraît le deuxième ...Lire la suite...

Ravi de retrouver ces vieilles branches!

Écrit par Bernard Dagnies - mardi, 29 mars 2016
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And Also The Trees
Os à Moelle
Bruxelles
30-03-2016

And Also The Trees vient de publier son 13ème album ; et pour le défendre, il est reparti en tournée. Intitulé « Born into the waves », cet excellent elpee est paru ce 18 mars 2016 (voir chronique ici). Une bonne raison pour aller applaudir cette formation qui compte quand même 35 ans d’existence, à l’Os à Moelle de Bruxelles, ce mercredi 30 mars. C’est la première fois que votre serviteur se rend dans cette salle. Qui pour la circonstance est sold out. Située au sein d’un sous-sol à Schaerbeek, elle est vétuste, mais n’en est pas moins chaleureuse. D’ailleurs, la température ambiante grimpe au fur et à mesure de l’arrivée des spectateurs. Les projecteurs –figés sur une seule teinte blafarde– ont du vécu, les fauteuils en velours aussi, et certains rideaux de couleur bordeaux, notamment suspendus au-dessus du podium, rappellent la configuration d’un café-théâtre voire d’un cabaret. Qui compte parmi ses fondateurs, un certain Joe Dekmine. C’était en 1960. Un bail !

Annoncé à 20 heures, le set ne démarre qu’une heure plus tard. Pendant toute cette longue attente, des haut-parleurs nous bombardent de musique cold ou new wave dansante, sur laquelle personne ne danse (!?!?). Et au fil du temps, elle devient même agaçante. Bref, après quelques émanations de fumées éparses, les hauts parleurs diffusent quelques bribes de « Naitô-Sunjuku », un titre issu du nouvel opus. Le quintet monte alors sur l’estrade. Simon Huw Jones a revêtu son traditionnel long manteau d’hiver, qu’il ôtera au bout de quelques morceaux, laissant alors apparaître un gilet très british, dont la boutonnière est reliée par une chaîne en or jusque la poche (NDR : contiendrait-elle un montre Gousset ?) Son frère, Justin, est habillé tout de noir, l’une ou l’autre mèche de cheveux rebelle lui retombant parfois sur le visage. Les frangins sont épaulés par un drummer, un bassiste et un claviériste/gratteur/clarinettiste, ce dernier s’éclipsant lorsque son concours n’est pas nécessaire. Justin est toujours aussi habile sur ses six cordes. Et même les douze, lors du deuxième titre, « Dialogue ». Il les pince ou les caresse de ses doigts, sans onglet. Et nous envoûte très souvent de ses sonorités si spécifiques de mandoline ou de balalaïka. Dès la valse « Sleepers », on assiste à des échanges entre les deux gratteurs. Et ces échanges communiquent une autre dimension à la musique d’And Also The Trees. Les deux protagonistes ne se servent jamais du médiator. Même le bassiste n’y a recours qu’épisodiquement. Simon est dans son monde. Il conte ou chante ses textes poétiques. Très souvent, les yeux mi-clos et en y ajoutant la gestuelle. Il plaisante quand même entre les morceaux. Titre-phare du band, « Virus Meadow » met à nouveau en exergue le talent de gratteur de Justin. Les sonorités cristallines, hypnotiques, alors libérées par les cordes, évoquent paradoxalement Mike Oldfield. Avant d’attaquer « Winter sea », Simon déclare que la compo s’adresse à Jésus. Sans nous en dire davantage. Le nouveau membre du combo se distingue à la clarinette, alors que les cordes sonnent de nouveau comme des balalaïkas et le drummer souffle dans ce qui ressemble à un harmonica, des tonalités plutôt étranges. Plus climatique, « Boden » permet de nouveaux duels entre grattes, mais empreints d’une telle subtilité, qu’on ne peut succomber sous le charme. Simon a empoigné un tambourin pour « Only », un morceau au profil flamenco. Tout comme « Shaledown ». On en oublierait presque la performance du drummer. Qui se balance tout en martelant ou cajolant ses fûts avec une dextérité impressionnante. Il se multiplie tout au long de « Bridges », et lorsque le tempo s’élève on ne peut s’empêcher de penser au « One of these days » du Floyd. Justin dispense des accords ‘surf’ lors du plus new wave « Brother fear ». Mais également sur le mid tempo « Missing », une compo qui achève magistralement et en puissance le set. Accroupi, Justin utilise un archet électronique qu’il fait glisser sur les cordes de sa gratte. Elles gémissent de douleur. Avant que la compo n’entre dans sa phase la plus sauvage. Nous plongeant au cœur d’un malstrom assourdissant. A cet instant, les portugaises sifflent… et les musicos en profitent pour quitter l’estrade…

Réflexion quand même, hormis « The sleeper », les morceaux réminiscents du Genesis circa « Trespass », comme « Seasons a the storm » et « The skeins of love », sont passés à la trappe. Les interventions du clavier sont d’ailleurs ici le plus souvent discrètes et elles ne tapissent jamais les morceaux, comme l’orgue, sur ces trois plages du dernier long playing.

Lors du premier rappel, Justin nous réserve un solo tout en accords pour amorcer « Prince Rupert ». Edifiant ! Le drummer et le bassiste en profitent pour conjuguer des accords jazzyfiants tout au long de « Rive droite ». Et ils sont superbes. Avant que le morceau ne libère à nouveau toute sa puissance.

Et le band d’accorder un deuxième rappel. Simon reprend son rôle de conteur pour « Slow Pulse Boy », une plage percutante, tramée sur un tempo relativement blues (NDR : surf aussi, sans doute), qui est ponctuée par une nouvelle finale frénétique. Acclamations pour un concert épatant au cours duquel le mixing était réduit à sa plus simple expression. Manifestement ces musiciens n’ont pas besoin d’artifice pour exprimer tout leur talent. Et en toute simplicité, après le concert, les artistes viennent tailler une bavette avec les aficionados dans la salle ou pour y signer pochettes et livrets…

Setlist

1. Your Guess
2. Dialogue
3. A Room Lives in Lucy
4. Hawksmoor & the Savage
5. The Sleepers
6. The Legend of Mucklow
7. Virus Meadow
8. Winter Sea
9. Boden
10. Only
11. Shaletown
12. Bridges
13. Brother Fear
14. Missing

Rappel 1

15. Prince Rupert
16. Rive Droite

Rappel 2

17. Slow Pulse Boy





 

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