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L’art de se fondre naturellement dans un ensemble…

Écrit par Akim Serar - vendredi, 08 novembre 2013
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Trentemøller
Ancienne Belgique
Bruxelles
08-11-2013

A l’instar de son homologue James Lavelle et pléthore d’artistes contemporains, Anders Trentemøller n’est toujours pas parvenu à choisir entre veine Electro ou Rock. Il préfère brasser et piller allègrement divers genres, mélanger savamment différentes sonorités et s’accaparer le génie d’autrui pour nourrir son propre talent.
En résulte des albums audacieux et captivants qui ont révélé le bonhomme à la face du monde et ont propulsé le timide lascar au-devant de la scène.
Lieu de tous les dangers, alors, quand il est question de retranscrire, réadapter et réinterpréter en ‘live’, des morceaux préalablement conçus dans une seule et même caboche, assistée par des machines asservies à sa vision.
Reste alors à définir la configuration de ses shows, entre confort rassurant de programmations, et samples lui permettant de s’abriter derrière une façade austère ou prise de risque en groupe, hautement plus audacieuse.
Ayant privilégié la deuxième option, bien plus excitante il est vrai, il débarquait à Bruxelles ce vendredi, veille de long week-end, se proposant de nous faire vibrer à l’unisson.

Si les impératifs et les contraintes de la semaine avaient eu raison de mon début de soirée, il est heureux que je sois arrivé pile poil à l’heure pour le début du concert de Trentemøller. J’ai donc loupé la première partie.

De la prestation accordée par Den Sorte Skole, responsable d’un savant et étonnant mélange de cultures, il faudra que je me contente du téléchargement gratuit proposé sur leur site (http://densorteskole.net), avant d’éventuellement retrouver ces résidents de Copenhague à l’occasion de l’un ou l’autre festival.

Quand Anders débarque sur les planches accompagné de ses musiciens, derrière un épais rideau de fumée, il est bien difficile de le repérer tant l’homme s’efface derrière son collectif.

Si Trentemøller est la musique d’un seul homme, rehaussée de pertinentes collaborations vocales en studio, sur les planches, elle prend forme au travers d’un groupe tout acquis à la cause de son maître.

Et l’on en vient à oublier l’existence de celui-ci.

Car hormis quelques timides avancées en bord d’estrade, on ne peut vraiment pas dire que notre ami Anders tire la couverture à lui.

A l’abri des regards, derrière ses claviers et machines, il laisse le soin aux autres musiciens d’assurer le spectacle.

Au point que sa présence en devient anecdotique.

Reste que le show est rondement mené par ses hommes… et ses deux représentantes de la gente féminine, qui loin de n’apporter qu’une touche bienvenue de sensualité, sont l’équilibre parfait dans une composition scénique balancée entre une section rythmique précise et la quasi-invisibilité de leur leader.

Principalement assurées par l’une de celles-ci, les voix à l’origine campées par diverses personnalités, prennent vie dans une seule cage thoracique.

Une voix qui se fond parfaitement dans l’ensemble et qui, si elle n’imite pas les artistes impliqués sur disque, donne corps et âme à ce concert.

Entre Electro et Rock, le set propose une relecture des morceaux sans chambouler quoi que ce soit à l’univers de Trentemøller.

Ainsi, s’il prend certains risques en studio, Anders propose en live ce que le public est venu chercher.

Ce qui confère au show un côté un peu trop propret ; et pour cause, l’essentiel est assuré de manière largement conventionnelle.

Mais sans excès non plus.

On a donc droit à un light show modeste mais respectueux de l’esthétique, grâce à de très beaux luminaires qui auraient belle allure au plafond de n’importe quel salon, mais à cinq mètres de hauteur.

Une chorégraphie robotique simple mais suffisamment distrayante que pour conquérir le public.

Et bien sûr, quelques montées d’adrénaline bien senties à des moments clé, au détour de ses morceaux phares.

Les premières notes de « Lullaby » de cure amorcent la fin du concert.

Enfin, bien entendu, le groupe revient sur le podium, pour accorder un rappel pressenti, un ‘encore’ qui s’achève sous une avalanche de bulles de savon tandis que nos musicos déboulent sur une vague Surf destinée à réveiller quelque peu l’apathie de l’auditoire (« Silver Surfer, Ghost Rider Go!!! »)

Un concert réussi, professionnel et parfaitement maîtrisé, mais sans surprise…

(Organisation : Live Nation)

 





 
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