La crucifixion selon Protomartyr…

Protomartyr
Botanique (Rotonde)
Bruxelles
21-11-2017
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De quoi faire fondre les cœurs, comme neige au soleil…

Écrit par Didier Deroissart - mardi, 17 octobre 2017
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Angus & Julia Stone
Zénith
Lille
17-10-2017

Il y a déjà trois ans que votre serviteur n’avait plus assisté à un concert de la fratrie Stone. La dernière fois, c’était déjà à Lille, mais à l’Aéronef. Pour un spectacle à la fois électrique et lumineux. Ce mardi 17 octobre, Julia et Angus se produisent encore au sein de la métropole, mais au Zénith ! Une salle qui peut accueillir 7 000 personnes. Or, ce soir, elle ne recense qu’une bonne moitié de spectateurs. Pourtant, fort de son succès en progression constante, le duo est de plus en plus souvent programmé au sein de grands espaces. La semaine dernière, Forest National a fait salle comble. Allez comprendre…

Le supporting act va nous réserver une belle surprise. En l’occurrence le Londonien Isaac Gracie. Arborant une longue chevelure blonde, il affiche une belle gueule d’ange. De quoi faire frémir le public féminin. Il a enfilé un pantalon bariolé, digne de Johnny Clegg et un pull à damiers blanc et noir. Ce soir, il se sert d’une gratte tour à tour électrique ou acoustique, et est flanqué d’un drummer et d’un bassiste. Son doigté sur les cordes est impressionnant. Et que dire de sa voix ? Tout simplement bouleversante, divine même ! Un peu dans le registre de celle de Jeff Buckley. Bref, pas étonnant que juste après avoir publié son premier Ep, il ait signé sur le label britannique, EMI. Une chose est sûre, il a littéralement retourné le Zénith et surtout est parvenu à faire chavirer le cœur de ces dames… A suivre de très près !  

Angus et Julia Stone sont donc partis en tournée européenne, un périple baptisé ‘Snow European Tour 2017’, qui transite notamment par Bruxelles et Lille. Ils vont y défendre leur dernier opus, paru en septembre dernier. Un album particulier comme l’explique Angus : ‘C'était la première fois que nous avons commencé à écrire ensemble, dans la même pièce’. Ils ont passé 8 semaines dans le même studio, coupés du monde pour concocter ce « Snow », dont ils vont présenter de larges extraits…

Vêtue d’une minirobe de couleur noire et chaussée de souliers à hauts talons pailletés, Julia se plante à droite. Barbu, casquette en pied de poule de teinte brune vissée sur la tête, Angus a choisi le côté gauche. Le duo est soutenu par un drummer, monté sur une estrade assez haute, un claviériste, un bassiste et un gratteur qui se consacre aussi bien à la guitare qu’au banjo. Ces deux derniers sont coiffés de Stetson. En fond de scène, trône un totem amérindien à l’effigie d’un renard, de 5 à 6 mètres de haut, placé devant un écran géant destiné à la projection des nombreuses vidéos. Elles vont donner tout leur sens au spectacle. Depuis les vagues à la lave en fusion, en passant par un cerf, une forêt de sapin où traîne un loup, des nuages, un ciel étoilé ainsi que les grandes plaines poussiéreuses ; et la liste est loin d’être exhaustive. On y reviendra. Notamment en fin d’article…    

« Baudelaire » ouvre le set. Julia souffle dans sa trompette. Elle se consacre également au lead vocal, Angus exécutant les chœurs. Tournoyant, le light show finit par devenir aveuglant. Armé de sa sèche, Angus déclame à la manière d’un slam, « Make it Out Alive », Julia inversant alors les rôles. D’une durée de 8 bonnes minutes, « Cellar Door » s’ouvre par un long passage instrumental, au cours duquel le tandem se réserve les six cordes électriques, avant qu’Angus n’opte pour le dobro. De couleur bleue, le light show projette une image du totem au plafond. Impressionnant ! Parfois Julia chante en agitant les mains, à la manière du regretté Joe Cocker. Irrésistible, « Chateau » est balisé par les ivoires et se distingue par ses harmonies vocales en couches ou conjuguées. Les spots se focalisent, l’un après l’autre, sur les musicos. Julia tapote le bord de sa sèche et salue le public avant d’entamer un titre indolent, mais carrément americana, « Wherever You Are ». Les trois guitares entrent en action sur le rock et bien nerveux « Bloodhound ». Etonnant, « Private Lawns » adopte un profil reggae avant de virer au ska, un morceau que se réserve Julia au micro, alors que le second gratteur est passé au banjo. Et c’est elle qui le ponctue à la trompette. Le public siffle pour marquer sa satisfaction. Chanson d’amour, « Who Do You Thinck You Are » est d’abord tapissé par le Hammond et traversé par un filet de guitare. Puis Angus saisit d’abord un harmonica et plonge la chanson au sein d’une atmosphère dylanesque. Et alors, décide de siéger derrière les ivoires, en fin de parcours. Pendant tout ce temps, Julia invite la foule à frapper dans les mains…

Julia et Angus proposent une version acoustique, mais surtout bouleversante, du « Uptown Folks » de Dope Lemon, un titre ponctué par des interventions au piano et au banjo. Une lune immense apparaît sur l’écran. Elle rougit et développe des effets pyrotechniques. Puis Julia s’autorise un superbe solo de gratte. Angus étale tout son talent à la cigar box, sur « Nothing Elses ». Des faisceaux blancs se concentrent sur les deux stars. Julia apporte la conclusion à la trompette. Enfin, place au hit « Big Jet Plan ». A la demande d’Angus, les spectateurs allument leur smartphones, dans un bel ensemble. Magique !

Julia chante en français « For You ». Le texte aborde les sujets de la passion du vin et de la vertu. Le public est conquis et frappe des pieds sur le sol. Deux renards lumineux, colorés et décorés de plumes d’indiens apparaissent sur les écrans pour souligner le solo de gratte électrique accordé par Angus, sur « My House Your House ». La fosse reprend le refrain en chœur. Et il fallait s’en douter, de la neige envahit l’écran et la scène pendant « Snow ». Un titre mélancolique pimenté par l’intervention du banjo. Le duo présente ses musiciens… qui sont apparemment tous américains. Au bout d’une heure quarante, le concert s’achève par  la reprise du célèbre « Harvest Moon » de Neil Young.

Manifestement, la fratrie a vaincu sa timidité maladive. Et lorsque Julia sourit, le cœur de votre serviteur fond comme neige au soleil...

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(Organisation : Verone Productions + Uni-T Production)





 
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