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Du métal en fusion dans la cité ardente…

Écrit par Pierre Vangilbergen - mercredi, 28 juin 2017
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Anthrax
Reflektor
Liège
28-06-2017

Certains évènements sont à voir pour les croire : le concert d’Anthrax programmé ce soir en fait partie. Et pour cause, les pionniers américains du Thrash sont devenus, grâce à leurs 36 années de route, des habitués des grosses audiences. Mais, très étonnant, ils se produisent, aujourd’hui, face à un parterre largement réduit. Et pour cause, le Reflektor ne peut accueillir que cinq cents âmes ; et les places étaient vendues, près de deux mois avant le show. L’occasion de passer un moment survolté, hors du cadre habituel, en compagnie de ce band qui a marqué et influencé pas mal de monde, dans l’univers du métal. Plongée dans la fournaise de la salle liégeoise...

Léger come-back : sous une froide nuit de février dernier, Anthrax débarque dans le nord du pays afin d’interpréter intégralement « Spreading the Disease », son second elpee gravé en 85 ; un disque qui a forgé sa notoriété. Quatre mois plus tard, le vent piquant a laissé la place à la canicule. Anthrax n’est plus venu pour un revival de ses heures de gloire mais bien afin de brosser un tableau de sa carrière. Une seule constante : toujours autant de peuple. Le premier parking couvert à proximité du lieu de rendez-vous affiche complet. Direction la gauche, pour s’engouffrer au sein d’une ruelle étroite qui conduit à proximité de la seconde aire. Il semble rester des places, au quatrième étage. Cap ensuite vers le Reflektor, après s’être frayé un chemin entre les badauds étanchant leur soif, jusqu’à finalement débarquer dans la salle de concert. C’est petit, il y a du monde : l’espace risque de vite devenir étouffant.

Il revient aux Londoniens de The Raven Age d’ouvrir le bal. Ces derniers pratiquent un Heavy new-school qui se révèle rapidement répétitif. Les morceaux démarrent généralement de manière assez soutenue mais retombent finalement, tel un soufflé, pour adopter une même architecture dans la composition. La voix Michael Burrough est monotone. Il semble blasé. Une attitude qui n’est pas de nature à aider les morceaux à sortir de l’ornière. Bref, ce n’est pas mauvais, mais après trois morceaux, la lassitude commence à vous envahir. Comme quoi, être un ‘fils de…’ n’est pas toujours miraculeux. En effet, quand on y regarde de plus près, un des deux guitaristes n’est autre que George Harris, le fils de Steve, gratteur intemporel chez Iron Maiden. Rien que ça ! Un élément pas tout à fait anodin, qui a notamment permis au band d’ouvrir à plus d’une reprise pour le mythe insulaire. C’est également la seconde fois qu’il assure le supporting act pour une tournée d’Anthrax. Pas sûr, que ces opportunités se soient présentées, s’il s’était agi d’un autre sixcordiste…

Break d’une demi-heure avant que la tête d’affiche ne prenne d’assaut les planches. Vu le monde présent, mieux vaut ne pas trop s’éloigner, au risque de se voir relégué au fin fond de la salle. Le Reflektor est à présent plein, du pit aux balcons. Alors que l’ambiance était totalement décontractée une grosse semaine auparavant, lors du concert d’Agnostic Front –les musiciens se baladaient tranquillement parmi les spectateurs– un membre de la sécurité garde vaillamment la porte conduisant aux backstages. Et quand cette dernière vient à s’ouvrir, il s’empresse de la refermer aussitôt. Interdiction de voir les stars de ce soir avant qu’ils ne montent sur l’estrade. La musique d’ambiance diminue de volume, la foule s’exclame, imaginant que le show va bientôt commencer. Fausse alerte : ce n’est qu’un morceau pour chauffer les esprits. Et pas n’importe lequel : « The Number of the Beast » d’Iron Maiden. Ah ben oui, tiens… quel hasard ! Les voix s’élèvent, des poings se lèvent. Iron Maiden appartient définitivement à l’ADN des metalheads. Un tel titre, c’est une partie de sa moelle.

Extinction des feux. Et c’est parti ! La petite scène liégeoise est plongée dans le bleu foncé. Les enceintes crachent le « Can’t Turn You Loose » des Blues Brothers. Le batteur est le premier à grimper sur le podium ; et… déception, ce n’est pas Charlie Benante mais bien son substitut, Jon Dette, qui siège une nouvelle fois derrière le kit. En effet, depuis maintenant quelques années, Benante souffre du syndrome du canal carpien. Ce qui lui provoque de fortes douleurs au poignet et l’oblige à se faire régulièrement remplacer. En fond sonore résonne le riff d’ouverture d’« Among the Living », un des plus gros titres du band. Scott Ian, guitariste et boss du team, s’installe à l’avant de l’estrade. Il fait claquer sa guitare et prend possession du morceau. Comme d’habitude, il arbore cette mine si expressive, comme si chaque mouvement d’onglet sur les cordes le transperçait de part en part. Question expression faciale, le bassiste Frank Bello n’est pas en reste. Si son épaisse chevelure noire masque partiellement son visage, il articule les paroles de chaque morceau, tel un être possédé par une quelconque force maléfique. A ses côtés, Jonathan Donais, second gratteur, se montre beaucoup plus discret. Dernier arrivé de la formation (en 2013), il semble souffrir de la chaleur ambiante. Il n’a en effet pas fallu trois tintements de cymbales pour que la fosse s’emballe, se bouscule, joue des épaules, provoquant une augmentation de la température de quelques degrés. Le solaire vocaliste Joey Belladona débarque enfin, vêtu sobrement d’un jean noir et d’un t-shirt à l’effigie de la tournée du band. Les légendes du Thrash se sont déjà emparées de la scène.

A l’instar de Metallica, Slayer et Megadeth, Anthrax appartient au Big 4 of Thrash, à savoir ces quatre plus grands groupes américains qui ont lancé et popularisé le Thrash Metal, au début des années 80. Même s’il est aussi reconnu dans le milieu que ses trois comparses, Anthrax n’est jamais parvenu à prendre un même envol. Habitué des festivals mais bénéficiant dès lors d’une durée de set réduite, le combo new-yorkais a pu, ce soir, déployer tout son talent et sa hargne en une heure et demi de show. Pas de temps à perdre entre les morceaux, excepté pour se rafraîchir à grands coups de rasade d’eau. Le groupe préfère se focaliser sur la communication avec son public lors des morceaux que pendant les breaks. L’aura de Belladona irradie la salle ; le chanteur est visiblement heureux d’être sur les planches. Il échange des regards complices avec le public, frappe dans les mains de ceux qui tentent tant bien que mal de faire du crowdsurfing et distribue à tout va les onglets de Frank Bello (qui, d’ailleurs, n’en utilise pas pour sa basse !) Si les tubes ultra-connus tels que « Caught in a Mosh », « Madhouse » ou encore « Indians » viennent électriser la foule, il faut reconnaître que « Breathing Lightning » ou encore « All of Them Thieves », une plage extraite de son dernier elpee « For All Kings », ont davantage de mal à déchaîner les âmes. L’âge d’or est derrière eux et les musiciens le savent ; en témoigne la liste résolument old school proposée lors de ce set.

Vu la contiguïté des lieux, on se demandait si la formation allait se livrer à fond ? Alors que les musicos auraient pu sortir la carte de l’indifférence, forcés de se produire dans une si petite salle, ils ont heureusement préféré sortir le grand jeu et en s’investissant totalement. Et le public leur a largement rendu. Alors que la fin du show pointait le bout de son nez, la reprise d’« Antisocial » de Trust, mais dans la langue de Shakespeare, viendra mettre un énième clou sur le cercueil des plus sceptiques. Le sol est aussi détrempé que les bustes. Ceux qui glissent sont de suite rattrapés. La déshydratation guette. Les derniers riffs sont expulsés des grattes, les mines des musiciens témoignent de l’effort nécessaire afin d’exécuter ces treize morceaux au cœur du volcan de la cité ardente. Mais peu importe le nombre de metalheads leur faisant face (NDR : Scott Ian ironisera quand même en affirmant avoir dispensé ce soir le plus gros show de la tournée et que l’année prochaine, le Graspop se déroulerait certainement lieu dans cette salle), les Américains ont offert tout ce qu’ils avaient dans le ventre. Et ça, c’est Metal !

Setlist : “Among the Living”, “Caught in a Mosh”, “Got the Time”, “Madhouse”, “Fight 'Em 'Til You Can't”, “Breathing Lightning”, “Intro to Reality”, “Belly of the Beast”, “All of Them Thieves”, “Medusa”, “Be All, End All”, “Antisocial”, “Indians”

(Organisation : Reflektor)





 
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