Un box pour Alan Parson Project

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L’autodérision sous les étoiles

Écrit par JoWell - mercredi, 22 octobre 2008
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Arthur H
ABBox
Bruxelles
22-10-2008

C’est sous sa parure d’étoffe rouge, parsemée de 1000 étoiles, que l’ABBox recevait Arthur H, ce mardi 22 octobre 2008. Le début du set est prévu à 20h00. Pourtant, 10 minutes avant qu’il ne commence, le public est plutôt clairsemé. Et est composé en majeure partie de quadras ; les trentenaires reprenant pour la circonstance le rôle des ados… On croise de nombreux couples. Ils attendent, la main dans la main, la montée sur scène de ce clown chantant. L’ambiance est ‘love’. Le Français est venu défendre « L’Homme du Monde », son dernier album. Il s’agit ce soir, de la quatrième date de la tournée. Il y a donc fort à parier que le groupe n’a pas encore posé toutes ses marques et que le spectacle ne sera ainsi pas encore formaté. Le public est calme, un peu trop à mon goût. Je prépare mon carnet de notes en enfilant quelques décilitres d’houblon. La salle se remplit au compte-gouttes.

20h10. Sous un bruit de tonnerre, les musiciens prennent place. Le décor est composé de gratte-ciels éclairés. Le tout dans un ensemble chaotique à la Fritz Lang. Pensez à Métropolis. L’envolée des musiciens amplifie cette ambiance électrique. Ils déversent un brouhaha qui vous plombe littéralement, mais en même temps pousse le public à river les yeux vers le podium. Vêtu d’une veste dorée, Arthur H fait son entrée. Le micro à la main, il salue l’assemblée en entonnant « Candy Chérie ». Il enchaîne directement par « Radio City Light ». L’artiste semble avoir l’intention de se livrer corps et âme, ce soir. Il empoigne une guitare sèche et nous balance « L’Abondance », une ballade, ma foi, folk. Le public se réveille et frappe dans les mains. L’ambiance monte d’un cran. Sans doute rassuré par l’accueil que lui réserve l’audience, le Français marque une petite pause et laisse souffler ses musiciens. Jamais avare d’un bon mot, souvent teinté d’ironie, il déclare être content d’être venu se produire dans cette salle mythique qu’est l’AB. Que pour une fois, il ne devra pas jouer entre les plantes et les piranhas. Manifestement, il fait ici alors illusion au Botanique, où il a l’habitude d’établir ses quartiers bruxellois. Se moquant de la crise actuelle, il invite à oublier les milliards que l’on a tous perdu. Il entonne « Si tu m’aimes » et embraie par « Chercheur d’Or », que les spectateurs acclament chaleureusement. « Luna Park » et « Est-ce que tu m’aimes ? » marquent un retour au dernier album. Ce dernier morceau est interrompu par la claviériste, qui coiffée d’un chapeau de cowgirl, joue du lasso et s’assied sur un tabouret pour fredonner à la manière de Marylin Monroe, « The River of The no Return ». Arthur H, son bassiste et son batteur viennent poser des chœurs gospel. L’ambiance est bon-enfant. Personne sur les planches n’a l’air de se prendre au sérieux. Et le public est hilare. « Mon Nom est Kevin B » précède « Dance With Madonna ». Ce dernier morceau, le chanteur le présente en revenant sur les drames qui se jouent actuellement. S’offusquant avec un brin d’humour, de la Marseillaise sifflée récemment lors d’un match de foot, il relate aussi les problèmes de couple que Guy Ritchie et l’héroïne de cette dernière chanson, traversent. Après « The Goddes of Love & The Bizness Man », le combo marque une nouvelle pause en laissant seul sur scène Monsieur H. Il excuse cependant leur absence, prétendant qu’ils sont gênés : ‘Ils ont tellement honte que je me plante, qu’ils se sont cassés !!’ lance-t-il. Il éprouve, en effet, des difficultés à se souvenir des accords de « Le Nantais », qu’il finira par sublimer de sa voix rauque, sa marque de fabrique. Et dédie cette chanson feu sa Mamie, qui habitait Liège. La formation est à nouveau au poste pour attaquer « La Naissance d’un Soleil » et «  Ma Dernière Nuit à New York City ». Replantage de l’artiste sur l’intro d’« Adieu Goodbye ». Il faut avouer qu’il n’a plus trop l’habitude de servir d’une gratte, le bougre. Il a même privilégié le piano lors de la confection de son dernier opus. Mais les cordes vont vite plier sous le talent, et la mémoire de l’auteur va rapidement refaire surface. Pour un début de tournée, les erreurs sont rares. On sent une excellente homogénéité et une excellente entente entre les différents musiciens. On perçoit déjà la fin du concert, lorsque s’éclairent à nouveau, les rideaux pourpres de la salle. Des milliers d’étoiles scintillent et illuminent de leur poésie, le très touchant « Cosmonaute Père et Fils ». Il est 21h50, il y a déjà 100 minutes que le groupe joue. Il remercie les auditeurs et tire sa révérence.

Le public reste un peu sur sa faim et réclame un rappel, qu’il sait déjà acquis. Arthur H s’est changé avant de revenir saluer une dernière fois son auditoire. Il a revêtu les habits de Super H. En fait, hormis la lettre imprimée sur le torse, il a enfilé le même costume que celui de Superman. Le slip jaune est de rigueur. Au lieu d’accorder une dernière chanson, il a envie de jouer avec son public. A l’instar d’un comique du music-hall, il empoigne le micro et cherche à le faire réagir. En lui demandant de participer à un exercice de lazzis. De siffler la Marseillaise, tout en revenant sur l’ampleur que cet épisode a prise. Et les spectateurs jouent le jeu quand il entonne ‘Allons enfants de la patrie …’. La cacophonie est telle, qu’il demande de monter la puissance de son micro. A nouveau tout le monde se marre. Lui en premier. Afin de sortir dignement de scène comme il y est monté, le groupe offre une dernière bonne vieille chanson. « Cool Jazz » vient donc clore les festivités ; et c’est sous les applaudissements chaleureux, que les 5 artistes saluent pour de bon, leur public. Les lumières se rallument, les amoureux s’enlacent une dernière fois avant de penser à quitter la salle ; et moi je me grouille sinon je vais louper mon métro. Je me rends compte que je suis bien le seul à me dépêcher de quitter les lieux. Tout le monde en effet, semble vouloir prolonger un instant encore, ce fort sympathique moment que nous avons partagé. Dommage que le show n’ait pas attiré plus de foule. Il y aurait sans aucun doute eu, plus d’heureux dans la ville…

Organisation Live Nation 





 

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