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Texas a manifestement encore des planches…

Texas
Forest National
Bruxelles
14-11-2017
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L’AB en folie !

Écrit par Didier Deroissart - vendredi, 03 avril 2015
Image
Asaf Avidan
Ancienne Belgique
Bruxelles
04-04-2015

Il n’est que 18h15 et la file est déjà longue. Elle s’étire même jusqu'au coin de la Rue des Pierres. Ce soir l’AB accueille deux talentueux artistes à la voix merveilleuse. Asaf Avidan se produit au rez-de-chaussée. C’est sold out depuis longtemps. Alors que Selah Sue présente son nouvel elpee, en showcase plus que privé. Et pour cause, il est réservé aux gagnants d’un concours organisé par la RTBF. Votre serviteur est accrédité pour le set de l’artiste israélien. Et il s’installe juste en face du claviériste, à gauche d'Asaf.

Tamar Eisenman est une compatriote d’Avidan. Elle est chargée d’assurer le supporting act. Jeune, jolie, la longue chevelure de couleur anthracite, son look et sa voix me font penser à une autre concitoyenne, mais d'origine yéménite, Noah, aka Achinoam Nini. Elle est armée d’une guitare électro-acoustique et d’une loop machine. Et elle va faire un malheur en dispensant un folk/rock teinté de blues. En fin de set, elle empoigne sa gratte et la pose contre sa bouche pour y chanter dans un microphone qui y est intégré, profitant de cette caisse de résonance pour littéralement nous bluffer. Et en à peine 20 minutes ! A revoir, c’est une certitude.  

Le plus gros succès d’Asaf Avidan remonte à 2013. C’est un remix de « One Day/Reckoning Song », opéré par le DJ allemand Wankelmut. Un hit qui va truster les charts de nombreux pays. Et faire le buzz sur la toile. Mais c’est en 2006, que l’artiste a démarré sa carrière. D’abord en compagnie d’un backing group, baptisé The Mojos, puis sous son propre nom.

Je me souviens du premier concert d’Asaf Avidan auquel j’avais assisté. C’était également à l’AB. En 2013. J’avais été surpris par sa voix. Plus féminine que masculine. Elle ne collait pas du tout au personnage et me faisait vraiment penser à celle de Janis Joplin. Enfin, pas tout à fait, car son amplitude évoquait également Jeff Buckley et même Robert Plant.

Selon un rituel classique, les musicos montent d’abord sur le podium. Mais avec 20 minutes d’avance sur l’horaire prévu. Ils sont chaleureusement applaudis par la foule. Asaf déboule à son tour sur l’estrade. Il est vêtu de son costume trois pièces de couleur sombre, laissant transparaître un marcel de teinte noir, plus classieux que le blanc qu’il porte habituellement. Il est venu défendre son nouvel opus solo, « Gold Shadow », paru en janvier 2015. Il est flanqué des mêmes musiciens qu’en 2013. Dont trois filles habillées en robe charleston. Deux claviéristes. Tout d’abord Flora, aka Liron Meshulan. Elle s’est plantée en arrière-plan, à gauche. Puis Michal Bashiri, à droite, juste devant votre serviteur. Et une guitariste. Chevronnée. Ronan Kenan. Elle s’est installée à droite. Le groupe implique une section rythmique, soit le bassiste Dan Zeitune et le drummer Haggai Fershtman.

Asaf alterne entre six cordes acoustique et électrique. Androgyne, ample, écorchée, sa voix est reconnaissable entre mille, une voix qu’il maîtrise parfaitement. Ses compos sont belles et authentiques. Elles reflètent le plus souvent des émotions provoquées par des déceptions amoureuses. Original, son rock est parfumé de jazz, de blues, de soul et parfois de funk. Il a pris de la bouteille et il entretient une interactivité permanente avec son public.

« Over My Head » ouvre le bal. Une nouvelle chanson. Asaf est à la sèche. Sa voix est soutenue par des harmonies vocales féminines limpides. Le climat est feutré et rétro, en même temps. Les interventions de glockenspiel sont épatantes. « Let's Just Call It Fate » est un autre titre récent. Empreint d’une grande sensibilité, il nous transporte sur la planète étoilée d’Avidan.

Amorcé par des chœurs féminins, « Ode To My Thallamus » est talonné par de subtiles contributions produites par les claviers électro. La diva charme l’auditoire, à l’aide de sa gratte et de ses vocaux. « Her Lies » est un extrait de « The Reckoning », un opus qu’il avait enregistré en compagnie des Mojos ; ce morceau est électrique, davantage énergique, un rock au cours duquel il pousse ses cordes vocales dans les graves. Sculpté dans le folk, « Different Pulses » baigne dans une extrême tendresse. Il s’agit de plage maîtresse de son premier elpee. « The Jail That Sets You Free » opère un retour sur le dernier long playing. Pas de guitare, mais des clappements de mains pour épauler la voix d’Asaf qui prend la pose la main appuyée sur le pied de micro, tout en regardant son batteur. Avidan adresse régulièrement des regards complices à ses musicos. On sent d’ailleurs l’équipe particulièrement soudée. « Little Parcels Of An Endless Time » s’ébroue sur des sifflements, et se poursuit par des sonorités électro ; un moment choisi par Asaf pour se dandiner sur les planches.

‘Unplugged’, « Cyclamen » vous glace littéralement le sang. Caractérisé par ses ‘la la la’ ravageurs, « Conspiratory Visions Of Gomorrah » est une superbe ballade au cours de laquelle l’auditoire et le band sont en entière osmose. Place ensuite à 3 autres pistes du nouvel LP: « The Labyrinth Song », « Gold Shadow » et « My Tunnels Are Long And Dark These Days ». A plusieurs reprises, Tamar Eisenman vient seconder Asaf au micro et à la gratte. Il pousse sa voix dans ses derniers retranchements sur « A Parth Of This », « Bang Bang » et « Hoist Up The Colors », trois compos qui trempent dans le rock/blues. Rockabilly nerveux, « Growing Tall » clôt le set en beauté.

Mais on devine que le spectacle n’est pas terminé. Asaf Avidan est généreux et aime son public. Il reviendra en solitaire, armé de sa six cordes, pour attaquer « Reckoning Song ». Magique ! A la demande de l’auditoire, il nous livre une version fascinante et tout en délicatesse de « Maybe You Are », à la sèche et l'harmonica. Toute la troupe revient pour aborder « Love It Or Leave It ». Crooneuse, la voix devient ‘dylanesque’.

Lors du second rappel, il nous réserve d’abord « One Day ». Puis Asaf invite les spectateurs assis au balcon à se lever et à jumper sur « Hangwoman ». C’est l’apothéose ! L’Ancienne Belgique entre alors en folie (voir ici)

Et encore un concert à marquer d’une pierre blanche, pour votre serviteur, en 2015…

Organisation : Greenhouse Talent

(Voir aussi notre section photos )





 

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