The Machine That Made Us

Flotation Toy Warning
Pop/Rock
Talitres / V2
A ce jour, ...Lire la suite...

Garciaphone, mangeur de rêve…

C’est ce 10 novembre que paraît le deuxième ...Lire la suite...

Pas des mots, mais des billets bleus…

Écrit par Didier Deroissart - jeudi, 14 janvier 2016
Image
Baaba Maal
Ancienne Belgique
Bruxelles
15-01-2016

Pour accueillir Baaba Maal, l’Ancienne Belgique est en configuration semi-flex. Ce qui permet de laisser un espace dans la fosse pour danser. La diaspora sénégalaise est bien présente. Toutes les jolies dames ont revêtu leurs plus beaux habits lors de cette sortie nocturne. Si un gang de grands méchants devait passer ce soir à l'AB, il y aurait de belles parures en or et diamants à dévaliser. Le spectacle se déroulera devant 4 à 500 personnes.

Issu d'une famille de pêcheurs, Baaba Maal est sénégalais. Agé de 63 ans, il est originaire de Podor, au Nord du pays, sur les rives du fleuve Sénégal. Après avoir transité par divers groupes, il séjourne à Paris, pour y étudier la musique occidentale au Conservatoire. C’est en 1985, qu’il fonde Daande Lenol ('La Voix Du Peuple'), en compagnie de son ami malvoyant, Mansour Seck, un combo qui mêle instrumentation traditionnelle, contemporaine et chants pulars. En 1990, lors d’une tournée européenne, il est découvert par Peter Gabriel, qui l’invite à participer aux sessions de son album « Passion ». Il bosse aussi en compagnie de Hans Zimmer sur la B.O. du film « La Chute du Faucon Noir », et collabore, entre autres, avec Brian Eno, Tony Allen et U2. Grande voix de l'Afrique, son engagement dépasse largement le cadre musical puisqu'il est aujourd'hui représentant du programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Baaba vient de publier son onzième opus, « The Traveller », qu'il est venu défendre ce soir. Un disque pour lequel il a reçu le concours du poète insulaire Lemn Sissay ainsi que de membres de Mumford and Sons.

Sur les planches on remarque la présence d’une batterie, en arrière-plan, au centre, et de chaque côté des percussions africaines ainsi que des claviers, sur le flanc gauche.

Le show s’ouvre un quart d’heure plus tôt que prévu. Les costumes sont aussi colorés sur scène que dans l'assemblée. Un brouhaha surprenant et de timides applaudissements couvrent l’entrée en scène de l’artiste. Baaba Maal se sert d’une gratte acoustique aux cordes en nylon. Sa voix est puissante et fascinante ; elle semble même planer au-dessus de l’assemblée. Il chante en wolof. Le premier morceau s’étale sur plus de 12 minutes. Des roadies viennent installer le griot Mansour Seck, musicien qui l’accompagne depuis l’époque de Lasly Fouta, groupe au sein duquel les deux amis ont énormément tourné en Afrique et à travers le monde. Baaba signale que les voyages sont enrichissants. Mais certains sont la conséquence de guerres, et elles doivent cesser. Il évoque également le soutien qu'il a eu lors du décès de son fils. Une belle leçon d'humanité de la part de ce grand voyageur. Lors de cette tournée, il a entraîné deux Américains (un bassiste et un guitariste), deux Britanniques (des percussionnistes, dont le seul blanc –un Londonien– double aux claviers) et un Cubain (le drummer). Baaba essaie de nous faire croire qu’ils sont d’origine sénégalaise… La set list embraie par un blues qui nous entraîne à travers les grandes plaines de sable du Nord-Est de l'Afrique. Les percus sont encore discrètes. Baaba nous parle du fleuve Sénégal qui constitue la source de prospérité essentielle pour son peuple. Et il relate cette description dans la langue de Molière.

Nous entrons ensuite dans le delta du Sénégal au rythme de sonorités afropéennes, dynamisées par les interventions des percus et du drummer. A l’instar du répertoire de Fela Kuti, les morceaux son longs, mais jamais ennuyeux. On s’enfonce ensuite plus profondément au cœur des forêts de l'Afrique de l'Ouest. Baaba quitte son siège et commence à arpenter le podium de long en large. Le concert monte alors en puissance. Quelques spectateurs montent alors sur l’estrade pour y déposer quelques billets bleus à ses pieds (NDR : cette tradition africaine est le signe que le public est satisfait de la prestation de l'artiste).

Au fil du set, les gradins se dépeuplent, car les spectateurs viennent se fondre dans la masse des danseurs…  

Mais, comme signalé en début d’article, la richesse de ce show, c’est l’osmose entre instrumentation traditionnelle et contemporaine. Il y même des synthés atmosphériques et une boîte à rythmes, mais l’ensemble, toujours au service de la mélodie, tient parfaitement la route. Le tempétueux « Fulani Rock » et l’hymne tranchant « War », au cours duquel Lemn Sissay scande son texte engagé et militant, constituent certainement deux des morceaux les plus percutants. A contrario, « One Day » et la divine ballade « Kallajo », s’avèrent les plus paisibles. Mais c’est « Cherie », un titre plus ancien, chanté tour à tour en wolof ou en français, qui va mettre le souk dans l'auditoire…

(Organisation : Ancienne Belgique)





 
MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement