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Vivre ou revivre, au sein d’un univers macabre…

Écrit par Didier Deroissart - mercredi, 04 novembre 2015
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Banane Metalik
Magasin 4
Bruxelles
05-11-2015

Pour la deuxième fois cette semaine, votre serviteur opère un retour au sein de l’antre du rock alternatif bruxellois, le Magasin 4. Il y a déjà 21 ans que l'institution privilégie une programmation undergound. Ce soir, on y fête –sans doute–  Halloween avec 5 jours de retard. Banane Metalik est une formation rennaise responsable d’un style qu’elle a créé début des nineties, et qu’elle pratique depuis plus d’un quart de siècle : le gore'n'roll. Soit un punk/rock dont la forme théâtrale est mise au service de l’épouvante.

La soirée est presque sold out. Parmi l’auditoire on y croise des vieux punks, toujours aussi tatoués et les cheveux en crête. Ils peuvent impressionner, mais ne craignez rien, ils ne mordent pas. Mais aussi des métalleux aussi bedonnants qu’inoffensifs. Sans oublier les curieux de tout poil, qui recherchent des spectacles susceptibles de leur communiquer de bonnes sensations. Votre serviteur n’a cependant pas croisé de fantômes, ni de zombies. Faut dire que la crémation devient de plus en plus souvent la norme, dans le monde contemporain…

Le supporting act est assuré par Pipes and Pints. Un quintet issu de Prague réputé pour ses prestations ‘live’ bordéliques, sculptées dans un punk/rock/metal celtique. Pas de kilt, cependant, mais des cornemuses et des grattes explosives. Des tatouages aussi, mais ce n’est pas vraiment un scoop… 

Il est 19h30 pétantes, lorsqu’un musicien, le crâne rasé, surmonté d’une plume d'Iroquois, vêtu d’un jeans déchiré et d’une parure d’indien, monte sur le podium, armé d’une cornemuse.  Il est suivi d’un bassiste (NDR : gaucher comme Macca !), un guitariste (NDR : la casquette retournée, il a un look de rappeur) et enfin d’un vocaliste… tatoué. Il dispose de deux petites estrades qui, éclairées par un gros spot led, le rendent mystérieux. Car lorsqu’il n’y est pas juché, il se multiplie aux quatre coins de la scène. Festive, la musique de Pipes and Pints se célèbre le plus souvent dans les pubs où la bière coule à flots. Aussi, tout au long du set, les ‘round circles’ et les ‘circles pits’ vont se succéder. Et on est rapidement contaminé par cette ambiance entretenue par 20 morceaux aussi courts qu’intenses. Ils ne dépassent d’ailleurs jamais les 2 minutes. Une bonne mise en jambes ! 

Setlist : « Intro, Let' Go » / « City By The Sea » / « Calling Me » / « Stereo » / «Live And Thoughts  » / « One Connection » / « Fear Is First A Feeling » / « She'S The One » / « Different Way » / « Right Or Wrong » / « Run Away » / « Found And Lost » / « Bad Times » / « Never Let You Done » / « We Are Pipes And Pints » / « Brave Hearth » / « Heaven And Hell » / « USA » / « Warpath 82 »

Changement de matos. Les roadies apportent des cercueils (NDR : au dessus desquels des cierges seront allumés) qui dès leur ouverture vont laisser apparaître des amplis ‘Marshall’. Les micros sont affublés de membres humains qui pendouillent. Des crânes humains sanguinolents jonchent le plancher. Une imposante contrebasse est déposée devant la batterie. Deux grosses boîtes sont posées sur les énormes baffles disposés à chaque extrémité de la scène. Sur la première est mentionné le mot 'Gore' en rouge, et la seconde, 'Roll' en bleu.

Banane Metalik est une formation bretonne. Depuis septembre elle est en tournée pour 35 dates. Un périple qui transitait donc par le Magasin 4. Et chaque concert est rapidement décrété sold out. Ce soir, elle va certainement nous présenter des extraits de son nouvel Ep, « The Gorefather ».

Le line up implique le chanteur Ced666, les guitaristes Boris XxX et Yann Ripper, le contrebassiste Rico et le drummer PunkyBones. Hormis le vocaliste, tout de noir vêtu et dont les bretelles permettent de retenir son futal (NDR : soutien indispensable, sans quoi il terminerait à hauteur des chaussettes), les musicos portent des costumes rayés digne de l’époque 'prohibition' et sont coiffés de borsalinos.

La messe des morts-vivants peut commencer. Et elle va durer plus de 75 minutes. Venue d’outre-tombe, l’intro vous glace le sang, alors que « Les Enfants Des Ténèbres » vous remue les tripes. Ced666 demande de monter le son et de fermer la tenture destinée à masquer la porte d'entrée. A l’instar de Vincent, chez Aqme, la voix de Ced est hurlée, mais plutôt mélodieuse. Il chante également dans la langue de Voltaire. Il est partout à la fois : devant, derrière, sur les côtés, dans la foule. Les sonorités de grattes sont graisseuses et incisives. La section rythmique (contrebasse/ batterie) est solide. Mais surtout, le band donne tout ce qu’il a dans le ventre. Et le public réagit au quart de tout. Dans la fosse, la folie devient communicative. Les spectateurs sautent, jumpent, pogotent ou forment des ‘circle pits’… Ced666 remercie les responsables du Magasin 4 de leur avoir permis de caler une date au sein de cet endroit magique. Il signale également avoir récupéré le patrimoine français, à savoir Serge Gainsbourg et France Gall. Et notamment en leur consacrant une chanson à la danse. Ajoutant que les filles ne sont pas des putains de potiches. Avant d’attaquer une version au second degré du célèbre « Poupée de cire, poupée de son ». Les filles sont invitées à monter sur le podium, dans un chaos invraisemblable. Et personne n’est capable de les empêcher de grimper sur l’estrade. « Pussycat » est un morceau de punkabilly énervé, vitaminé et énergique. « Ride In Peace » est interprété dans la langue de Cervantès.

Un nouveau titre : « Funeral March ». De quoi réveiller les défunts. « Viva Gorr'N'Roll » est un véritable brûlot, susceptible de nous incinérer. C'est probablement leur hymne à la joie. Les punks, les skins et les métalleux devraient se reconnaître à travers cette chanson. Le setlist prévoit un rappel mais, le band enchaîne sur « The GoreFather » et ponctue finalement sa prestation par « Zombie ».

Lors d’un spectacle de Banane Metalik, le public n’est pas que spectateur ; il en fait également partie intégrante. Une forme de célébration, au cours de laquelle il devient un acteur privilégié. Et finalement, au sein de cet univers macabre, il se sent vivre ou revivre…

(Organisation : Magasin 4)





 
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