Pour The Wombats , tout ce qui brille n’est pas or

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Mettre littéralement le feu aux planches…

Écrit par Didier Deroissart - lundi, 28 novembre 2016
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Beth Hart
Ancienne Belgique
Bruxelles
28-11-2016

Il s’agit déjà de la troisième visite accordée par cette grande dame du blues, à l’Ancienne Belgique. Et le concert est sold out.

Née en 1972, Beth a fait ses classes dans les clubs de Los Angeles. Elle a bossé en compagnie d’une multitude de musiciens dont Jeff Beck, Slash, Joe Bonamassa, Les Paul et Neal Schonn, Ian Gillan et Toots Tielemans. Cette chanteuse américaine est devenue célèbre grâce au hit « LA Song (Out of this Town) », diffusé durant un épisode de la série Beverly Hills. A son actif, une dizaine d'albums, dont deux immortalisés en ‘live’. Plus jazzy, son dernier opus studio, « Fire On The Floor », est paru en octobre dernier. Elle va y puiser largement pour étoffer sa set list. Mais Beth, c’est avant tout une voix. La plus souvent puissante, granuleuse, rocailleuse même ; mais aussi capable d’emprunter un timbre tendre, enjôleur…

Davy Watson est chargé du supporting act. Il se produit en solitaire, armé d’une gratte semi-acoustique. Ce qui ne l’empêche pas de dispenser des accords énergiques sur ses cordes. Ses compos baignent dans le r&b, le blues, la roots, le folk ou l’americana. Issu de Belfast, cet Irlandais a notamment travaillé auprès de Bob Geldoff et Phill Lynott. Il vient d’entamer une carrière solo et est venu présenter, en 30 bonnes minutes, de larges extraits de son nouvel Ep, « Heart & Soul »…

Particulièrement sexy, Beth est à l’aise dans tous les répertoires : blues, jazz, gospel ou soul. Son humour est ravageur. Que ce soit derrière le micro, les ivoires, la guitare ou la basse, elle est imperturbable. Elle a une fameuse présence scénique et son interactivité avec la foule est permanente.

Sur les planches, elle est soutenue par un trio de musiciens talentueux. Le drummer, Bill Ranson, installé sur une estrade. Le bassiste Bob Marinelli. Et un guitariste (NDR : qui se sert tour à tour d’une électrique ou d’une semi-acoustique). Pas Joe Bonamassa, mais Jon Nichols.

Une toile froissée est déployée à l’arrière-plan. Elle est composée de deux teintes différentes et divisée en six bandes verticales. Au pied, des spots led de différentes couleurs projettent leurs faisceaux vers le haut. Un piano à queue trône sur la gauche, près de Mrs Hart.

« Fat Man » ouvre le show. C’est un extrait du nouvel opus. Les sonorités arrachées par le sixcordiste sont oppressantes. Sa gratte et celle du bassiste finissent même par entrer en duel. Beth se dandine derrière son pied de micro tout en balançant les bras. La set list épingle de nombreuses reprises. Celle du « I Love You More Than You'll Ever Know » de Blood, Sweat & Tears est sublime. La voix de Beth est haut-perchée tout au long du solide « Chocolate Jesus » de Tom Waits.

L’adaptation du « Rhymes » d'Al Green se distingue par des inflexions vocales bien plus graves, profondes, même. Les riffs de gratte sont précis. Bill s’emballe derrière les fûts. Il les martèle, bien sûr, mais n’épargne pas les cymbales. La cover du « If I Tell You I Love You » de Melody Gardot est remarquable et respectueuse de l’originale. Et au sein de cet univers jazzyfiant, Mrs Hart brille sur sa six cordes. Elle est tout aussi inspirée derrière son piano, pour celle du « I'll Take Care Of You » de Bobby ‘Blue’ Bland, un blues indolent au cours duquel les accords de gratte languissants vous guident jusqu’au cœur du bayou. Les petites bougies (des leds en fait) posées devant le piano scintillent alors de mille feux.  

Elle est encore au piano pour « Easy », une chanson propice au recueillement. Comme pour « Mama This One's For You » (« Better Than Home »), une chanson plus soul qu'elle dédie à sa mère. Un grand moment d’émotion. A vous flanquer des frissons partout. Ainsi que tout au long de « Setting Me Free », alors que le light show de couleur bleue se focalise sur l’artiste.

Lors du plus rock, « Delicious Surprise », les guitares se chargent d’agressivité. Beth sollicite la participation des premiers rangs pour chanter en chœur le refrain et puis de l’ensemble de l’auditoire, créant alors une belle communion entre les musicos et les spectateurs.

On apporte un siège et une gratte semi-acoustique à Beth. Jon opte pour le même type d’instrument. C’est donc presque ‘unplugged’ que sont interprétées « Today Came Home », « The Ugliest House On the Block » (« Bang Bang Boom Boom ») et « Fine & Mellow ». Des adaptations qui vont communiquer davantage de nuances à la prestation.

Au bout de 70 minutes, le show s’achève par « Might As Well Smile ». Retour dans le Delta du Bayou. Beth Hart quitte son siège derrière le piano et, micro en main, invite le public à se lever et à remuer les bras. Il s'exécute. Elle le salue longuement qui applaudit chaleureusement

La pause est de brève durée. Et pour attaquer le rappel, l’équipe a choisi le « Nutbush City Limits » d’Ike & Tina Turner. Le light show est passé au rouge. Et la version est chargée de testostérone. Faut dire que la voix de la Californienne est alors aussi puissante que celle de Tina. Elle revient derrière le piano pour aborder le titre maître de son dernier long playing. Et sa voix met littéralement le feu aux planches. Avant de conclure par « No Place Like Home », un morceau qui remonte significativement dans les tours…

(Organisation : AA Productions)

 





 
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