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Ne pas briser son cśur… de Pirate…

Écrit par Didier Deroissart - samedi, 07 novembre 2015
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Cœur de Pirate
Ancienne Belgique
Bruxelles
08-11-2015

Née en 1989 à Montréal, Béatrice Martin, aka Cœur de Pirate, est devenue une artiste québécoise incontournable. Eponyme, son premier opus, est paru en 2008 au Canada, puis en 2009 en France. Et il faut reconnaître qu’il a fait un tabac. Saluée par la critique pour son écriture à nu, sa poignante sincérité et sa lumineuse douceur, elle écrit des chansons à la première personne du singulier, des chansons qui trouvent un écho différent chez chacun. Cependant, c’est au fil des tournées que la jeune artiste s'est affirmée… Elle se produisait donc ce dimanche 8 novembre à l’AB de Bruxelles. Compte-rendu.

Béatrice a choisi Charles Arkadin (NDR : il a tiré son pseudonyme d'un long métrage réalisé par Orson Welles qui relate les voyages accomplis, en Asie et en Amérique, par Gregory Arkadin, richissime marchand d'armes devenu soi-disant amnésique). Né en France, ce féru de cinéma et d'expérimentation pratique une forme d’électro/pop pointue, fortement influencée par le r’n’b yankee, qu’il chante dans la langue de Voltaire. C’est également le vainqueur du dernier crochet 'On a les moyens de vous faire chanter’, diffusé sur France Inter, qui s'est déroulé d'octobre 2013 à juin 2014. A son actif deux Eps 4 titres : « Valhalla », paru en 2014 et « Six nuances », en juin dernier.

Arkadin s’installe au milieu du podium. Il est soutenu par deux collaborateurs. Les deux musicos se servent des machines et des boîtes à rythmes. L’un d’entre eux se consacre également aux claviers et à la guitare.

Arkadin entame son set par « Valhalla », une ballade électro entraînante aux lyrics teintés d'érotisme. La voix est chaude, langoureuse, sensuelle même. Il filtre sa voix via le vocodeur sur « Danse-Moi », un morceau balisé par des accords de piano limpides. « Judith » est un titre plus paisible.

Il adapte le « Can't Feel My Face » de The Weeknd (NDR : c’est un Dj canadien), une cover qu’il se réapproprie superbement. Et le set de s’achever par « La pluie la nuit », une chanson imprimée sur des beats électros. Une belle surprise !

En 2015, Coeur de Pirate grave un quatrième opus (NDR : si non ne tient pas compte de la B.O. de « Child of light »). Intitulé « Roses », il est précédé par le single « Carry On / Oublie-moi », un titre remixé pour les ‘dancefloors’ par Martin Kierszenbaum, patron du label Cherytree (NDR : qui héberge notamment Sting et Feist), sur lequel elle signe d’ailleurs ses deux derniers elpees. Ce qui explique sans doute pourquoi, sur « Roses », elle opère un virage électro et chante en anglais.

Le retour de Coeur de Pirate était très attendu par les aficionados, tant de la première heure, que ceux qui l’ont découverte plus récemment. L’AB est d’ailleurs sold out.

Sauvageonne, copieusement tatouée et gentiment rebelle, Béatrice grimpe sur l’estrade. C’est sa seule date belge de sa tournée. Visiblement plus mûre, plus glamoureuse, plus belle et plus femme, elle va siéger régulièrement derrière un piano à queue de couleur noire, planté au centre de l’estrade. Ce qui ne veut pas dire qu’elle restera statique tout au long de son show. Au contraire, régulièrement, elle esquisse quelques pas de danse, suivant une chorégraphie particulièrement soignée (NDR : le spectre de Michael Jackson planerait-il encore ?). A sa gauche, s’est installée une préposée au synthé. Destiné à mettre davantage en relief, les titres les plus électro. Un drummer s’est posté en retrait, à l’extrême droite. Et puis, il y a aussi un bassiste et un guitariste.

Elle attaque son set par « Oceans Brawl », aux ivoires. Un spot de couleur bleue se focalise sur l’artiste. Tiens, des cuivres ! Ben non, ce sont des sonorités dispensées par le synthétiseur. La chanson terminée, Béatrice se présente (‘Je suis Coeur de Pirate’… on ne la connaît pas). Elle signale être de retour dans une salle mythique, qu’elle aime énormément. Au bord de l’estrade, elle évoque son nouvel opus, micro à la main, pour introduire « Undone ». Un titre plus électro, soutenu par la solide section rythmique. Béatrice remue les bras, se contorsionne et exhibe ses tatouages.

Plus pop et sucré, « Golden Baby » (« Blonde ») opère un retour à un plus ancien répertoire. Ses accords au piano lorgnent vers Supertramp. Ses textes ont de quoi interpeller ‘Je t'ai vu d'un oeil solitaire. Le pied dans l'arène pour te plaire. Et briller aux regards que j'ignorais’. Ses lyrics traitent souvent de la vie de couple. Ses hauts et ses bas. Des épreuves rencontrées au cours de l’existence. Un titre magnifié par les superbes harmonies vocales. Lors de « Drapeau blanc », elle exécute une danse endiablée. En outre, elle semble habitée par son chant. Un peu comme Björk. Sans doute fatiguée, elle revient derrière son piano pour aborder « The Climb », un intermède au cours duquel les autres musicos se sont éclipsés. Mais ils sont déjà de retour pour « I Don't Want To Break Your Heart ». Et manifestement, elle ne veut pas briser son cœur… de Pirate…

Elle nous parle de sa fille qui visite les Châteaux de La Loire, de ses parents qui l'accompagnent. Elle parle également de sa ville et du fleuve qui la traverse. « Saint-Laurent  » (« Blonde ») est un morceau plus tendre. Propice au slow même. Tout comme le crapuleux « Francis ».

Elle ose une cover du « Dead Flowers » des Stones, après nous avoir signalé que la chanson parle de drogue. Ce n’est pas la première réflexion cocasse qu’elle s’autorise, pour détendre l’atmosphère. Et l’adaptation est classieuse. « Cast Away » se révèle à nouveau intimiste, alors que « The Way Back Home » adopte le format électro, une compo qui relance notre Béatrice au cœur (NDR : de Pirate ?) de la danse. Au bout de 75 minutes, le set s’achève par « Crier Tout Bas ».

Avant d’attaquer « Comme Des Enfants », titre de son opus éponyme, lors du premier rappel, elle demande si le public connaît cette chanson. Eclats de rires dans l’auditoire. Qui reprend le refrain en chœur. Après six ans de scène, manifestement, Béatrice a acquis une fameuse expérience. Pour clore le spectacle mémorable, elle nous réserve le single « Oublie-Moi », puis la reprise du « Hold On, We're Going Home » de Drake.

(Organisation : Live Nation + Astérios)





 

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