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Un Pasteur d’amour…

Écrit par Taď - mercredi, 06 avril 2016
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Charles Bradley
Cirque Royal
Bruxelles
07-04-2016

Nouveau phénomène sur la scène soul contemporaine, le New-yorkais Charles Bradley se produisait sur les planches du Cirque Royal, ce jeudi 7 avril. Malgré ses 67 balais, on ne peut pas dire que ce soit un vétéran sur la scène musicale. Et pour cause, il n’a été découvert que tardivement ; en outre, son premier album, n’est paru qu’en 2012. Faut dire que sa vie tumultueuse a plus que probablement retardé son éclosion. D’ailleurs, il faut reconnaître que sa signature sur le label Daptone, constitue un petit miracle. Et l’artiste est venu défendre son dernier né de sa très courte discographie, « Changes », qui vient à peine de sortir en Belgique.

Malgré cette reconnaissance tardive, la salle est sold out ; et l’auditoire est impatient de découvrir les déhanchements de ce nouveau golden ‘papy-soul’. Sur les planches, il est soutenu par un fameux collectif de 7 musicos, dont les indispensables cuivres et orgues. Et manifestement, il sait s’entourer. Sa formation, judicieusement baptisée His Extraordinaries, va se révéler irréprochable d’un bout à l’autre du show. Mention spéciale à l’organiste qui avait la lourde tâche de chauffer la salle pour annoncer le soulman avant son entrée, mais également combler les intermèdes entre ses changements de costumes et moments de récupération. Après une intro instrumentale, caractérisée par son groove irrésistible, l’artiste déboule sur l’estrade, vêtu d’un costume pailleté digne de James Brown (NDR : qu’il avait d’ailleurs découvert en live, à New-York, en 62). Malgré une condition physique limitée liée à son âge (et ses excès ?), Charles Bradley parvient, dès le départ, à combler son auditoire grâce à son incroyable voix et une présence charismatique. Il transcende ses morceaux et les transforme en condensés d’émotions parfois difficilement supportables, à l’instar du final bouleversant « Whi is It so Hard ? », morceau qui retrace son parcours de vie qui l’a entraîné de Brooklyn à la Floride, en passant par l’Alaska, tout en rappelant l’épisode de l’abandon par sa mère dès ses 8 mois (NDR : qu’il retrouvera à l’âge de 8 ans). Véritable showman, il prend beaucoup du plaisir en ‘live’ et communique beaucoup avec son public. Il parvient même à créer des connexions à travers l’évocation des récents attentats bruxellois. Mais avant tout, l’Américain annonce être là pour partager son amour… et il va le démontrer tout au long du concert qui atteindra son apothéose lors du rappel, quand il décide de serrer les mains de ses fans comme un pasteur évangéliste, dans une église baptiste de la ‘bible-belt’, du Sud des Etats-Unis. Il se permet même un lancer de roses… Pas ridicule pour un sou, tant le geste cadre avec le personnage et l’esprit du concert. Mais on retiendra avant tout l’excellence des morceaux et l’osmose incroyable entre l’artiste et son groupe, une synergie qui permet au chanteur de réaliser ses rêves totalement et librement. Définitivement le ‘feelgood’ concert de la semaine…

(Organisation : Live Nation)

 

 





 

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