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Pari gagné !

Écrit par Jean-Philippe Quain - samedi, 19 juin 2010
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Charlotte Gainsbourg
Aéronef
Lille
20-06-2010

C’est après avoir publié « IRM », son troisième album, composé par le génial bidouilleur californien Beck Hanson, que Charlotte a enfin décidé de monter sur les planches, exercice de style qu’elle redoutait tout particulièrement. Loin de la pression parisienne, la fille de Jane et Serge a rôdé son set aux Etats-Unis, lors d’une petite quinzaine de dates, en avril dernier. Son concert lillois n’est que le quatrième de sa première tournée française, entamée le 14 juin ; elle se produisait la veille, à Bruxelles. Et pas de première partie pour ce spectacle programmé à l’Aéronef.

20h15 précise, les lumières de la salle s’éteignent. Suivis par ses cinq musiciens, la sylphide Charlotte fait son apparition. Elle s’excuse presque de déranger l’assistance, et entame son set par le titre maître de son denier opus. Son timbre vocal est certes fragile, mais il s’intègre parfaitement à l’ensemble, porté par une section rythmique de haute volée. Le band fait montre d’une grande cohésion ; l’aspect dépouillé et sobre du light show ajoutant à la magie, d’entrée de jeu. Si au cours des quatre ou cinq premiers morceaux, la voix de Charlotte semble se fondre dans le collectif, c’est à partir de « Heaven can wait », son nouveau single, que son timbre va prendre toute son expression. Une perception confirmée par le plus rock « Trick Pony » ainsi que « The song that we sing », extrait du précédent opus « 5.55 », paru en 2007 (NDR : sous la houlette du duo versaillais Air). Passé ce moment plus enlevé, la belle se réapproprie le « Just like a woman » de Bob Dylan, une adaptation tout en délicatesse, quelle accorde juchée sur un tabouret.

« IRM », dont la plupart des compos servent d’ossature au tracklisting, reprend ensuite ses droits, avant de laisser place à la première reprise, tant attendue, ‘du meilleur, du plus grand, du plus beau’, comme elle se plait à qualifier son père… Mais pas évident d’opérer un choix dans l’immense répertoire de Gainsbourg. Elle s’attaque donc à « L’hôtel particulier », un extrait de « L’histoire de Melody Nelson », édité en 1971. Sous-estimé à sa sortie, cet elpee est devenu culte depuis. Une œuvre qui nous démontre combien l’homme à tête de chou était en avance sur son temps et puis son art à transcender les genres. Composé il y a près de 40 ans, ce morceau d’une modernité étonnante est magnifié par sa fille et ses cinq musiciens, alors, en véritable état de grâce. On ne pouvait rêver plus bel hommage. La boucle semble donc bouclée. Bien qu’en plein apprentissage de la scène, la belle peut-être fière de l’honneur qu’elle vient de faire à ses parents (« L’histoire de Melody Nelson », sur lequel Jane Birkin chante, a également été porté à l’écran).

Le spectacle se clôture, de façon magistrale, par un festif « Couleur café » repris en chœur par la foule. L’air de ne pas y toucher –tout au long des 90 minutes qui ont passé trop vite– ‘la Gainsbourg’ a parfois flirté avec le sublime. Conquis, le public lui a réservé une ovation bien méritée qui s’est même prolongé bien longtemps après que les lumières ne soient rallumées…

A l’âge de 38 ans, Charlotte Gainsbourg a merveilleusement réussi l’épreuve de la scène. Un pari qui n’était pas gagné d’avance. En outre, elle dispose encore d’une belle marge de progression. Ce qui augure du meilleur encore, pour la suite.  

La manière dont elle mène sa barque suscite le respect. Et pour cause, non seulement ses choix de carrière, tant cinématographiques que musicaux, sont judicieux. En outre, elle est toujours parvenue à s’entourer de collaborateurs compétents (NDR : le Gainbarre pour "Charlotte For Ever" en 86, Air, Jarvis Cocker et Neil Hannon pour "5.55" en 2008, Beck pour "IRM" en 2009). De quoi démontrer, s’il le fallait encore, qu’elle n’est pas que la fille DE… mais aussi une artiste complète. En osant l’exercice du ‘live’, elle vient d’accomplir une étape importante dans sa carrière, pourtant déjà bien remplie.

Charlotte accomplit actuellement une tournée européenne, qui passe, bien sûr par la France ; mais qui reviendra également par la Belgique, puisqu’elle se produira lors du festival des Ardentes de Liège, ce 10 juillet…

 





 
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