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Zen…

Écrit par Marie Georis + B.D. - vendredi, 24 mars 2017
Image
Chinese Man
Ancienne Belgique
Bruxelles
24-03-2017

Une fois n’est pas coutume, mais il a fallu troquer son appareil photo contre une plume lors du concert de Chinese Man, à l’AB, qui s’est déroulé ce vendredi 24 mars. Et surtout faire revivre un set dont la puissante ascension s’est déroulée en communion avec ce collectif. Qui n’est pas chinois, comme son patronyme l’indique, mais français. Originaire d’Aix-en-Provence, plus précisément. Et il est de retour après 5 ans de réflexion et de création passés entre Bombay, Marseille, l’Ardèche et le Japon (par l’esprit). Une période au cours de laquelle Sly, Mateo et High Ku ont renouvelé leur inspiration, acquis une nouvelle maturité, avant de reprendre le chemin des concerts en toute sérénité, afin de défendre un huitième opus qui va à la rencontre de la zénitude. Et pour cause, le « Shikantaza » est la posture de méditation utilisée dans le bouddhisme zen, par les disciples de l’école Sōtō au pays du soleil levant. Ce terme se traduit d’ailleurs par ‘Etre assis sans rien faire’. Une forme de philosophie qui transparaît tout au long de cet elpee. Que ce soit sur les 10 morceaux instrumentaux ou les six autres impliquant des featurings. Bien sûr, on retrouve sur « Miss Chang », « The Groove Session », « I’ve got that tune » des scratches, du dub et sur le dernier, du hip hop ; mais on ressent bien cette aspiration profonde à la sagesse spirituelle…

 Pas de souci cependant pour les inconditionnels de la bonne vibe ; si la zénitude est intérieure, donc propice au calme, permettant aux esprits une ascension vers la trans-spiritualité, extérieurement, les ondes sonores vont retentir au quatre coins de la salle, crachées par les SoundBoxes. Des ondes sonores positives, douces mais intenses. Elles vont déferler tout au long de ce spectacle qui va également inviter fumigènes et light show. Mais le fil conducteur, c’est bien « Shikantaza ». Au rythme des percus, les chants mantra nous guident et nous enveloppent d’une énergie irréfragable. « Maläd » est judicieusement parsemé d’accents orientaux. Samplés. Le voyage se poursuit.

De décor, le visuel devient un élément indissociable du spectacle. « Escape » est propice à l’évasion. Qui doit nous conduire vers l’astre sis au firmament. La mélodie tramée par l’orgue et le crescendo de scratches nous incitent à le rejoindre incessamment. « New Crown » sonne le réveil. Un rap bien yankee au cours duquel les MCs tirent leur épingle du jeu. Avant d’embrayer par un morceau plus groovy, plus jazzy, réminiscent du précédent long playing. A cet instant, la foule se montre davantage participative.  

Retour à la quiétude pour « Anvoyé ». Bien envoyé ! De quoi calmer quelque peu les esprits et s’abandonner au gré des sonorités du sitar et des percussions… Avant de repartir en force ; « Step Back » valsant aux grondements des basses qui impriment la mesure du rythme en trois temps… Et puis retour à la sérénité grâce aux voix sensuelles et réconfortantes de Kendra Morris et Dillon Cooper qui ne font plus qu’un avec la musique.

Après un interlude hip hop favorisant l’échange entre les MCs et le public, « Warrior » se ressource à nouveau au sitar sur un tempo dansant de plus en plus saccadé, un tempo imprimé par des percus progressivement contaminés par le dub… 

L’auditoire est en liesse. Youstar et ASM en profitent pour communier auprès de leurs fans sur des airs de dance hall et de ragga…

Mais « Golden Age » nous rappelle qu’après avoir bien libéré son âme, il est temps d’en revenir à l’essentiel en se laissant guider par la voix qui vous entraîne au sein d’un monde parallèle plus froid, plus métallique, afin d’y accomplir un voyage intérieur. A la rencontre du moi. Et de sortir de cet univers glacial, tel un « Wolf », alors que les accords au piano s’allient à la voix des hommes.

Secouons-nous alors au cri de « Blah » qui pénètre au plus profond de notre être ; c’est sans doute « What You need », mais en langage rap, formulé par Youstar et ASM. Sans la présence physique de R.A. the Rugged Man, son timbre épouse les accès de piano frénétiques, puis la ligne de basse, afin de se convertir au hip hop tel un « Modern Slave ».

Nous sommes proches de l’apothéose de notre méditation, et Chinese Man nous remercie de ce partage en nous offrant l’incontournable « Miss Chang », notoire pour ses nombreux featurings.

Au son des cors et des trompettes, toute la clique de Chinese Man joint ses mains et nous salue : « Namasté »…

(Organisation : Ancienne Belgique)





 
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