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The Day of the Megaton

Écrit par Philippe Belligoi - samedi, 02 mai 2015
Image
Dälek
Vk*
Bruxelles
03-05-2015

Pour célébrer dignement leurs 8 ans d'existence les organisateurs de Buzz On Your Lips avaient concocté une affiche de premier choix, en y proposant, au cours de la même soirée, du hip- hop, de l'electro, de la noise, de l'indus, de la dubstep et plus si affinités... Passons donc en revue les différentes "réjouissances" annoncées...

Tout d'abord, il faut insister sur la présence des guillemets qui entourent le terme "réjouissances" ; car il est vrai que lorsque Moodie Black monte sur le podium, on comprend vite que l'ambiance n'est pas vraiment à la farandole.

Devant une audience clairsemée, le trio entame un set marqué d'une noirceur extrême et d'une schizophrénie artistique très créative. Les compos sont déchirées entre hip-hop, noise rock, beats electro parfois très énergiques et sons industriels. Le batteur soutient plus qu'il n'enrichit les rythmes programmés. Le guitariste tisse le plus souvent des nappes sonores tremblantes alors que le MC manipule aussi un clavier. A eux trois, ils installent un climat sis à mi-chemin entre asile psychiatrique et maison hantée.

Ils font forte impression sur un auditoire qui ne sait pas forcément grand-chose à leur sujet, et se prend ces électrochocs en pleine tronche. Une très bonne entrée en la matière en tout cas.

Place ensuite à Lorn, que j'avoue ne pas bien connaître non plus, malgré ses albums signés sur BrainFeeder ou Ninja Tune. Il vient restituer une relative sérénité à l’aide de ses sonorités et rythmiques aux confins du hip-hop et de la dubstep. Et bien que je n'en attendais rien de particulier, on ne peut pas en dire autant d'une grosse partie de l'audience à présent massée dans la salle. Celle-ci manifestait sa joie par des petits cris assez amusants pour qui est étranger à la hype entourant l'artiste, et notamment dans les moments pourtant pas les plus extatiques des morceaux mais plutôt lors des breaks plutôt calmes. Mais bien qu'assez ouvert à ce genre de musique, c'est plutôt sa position dans l'affiche qui me pose problème.

En effet regarder Lorn bidouiller seul sur son laptop dans l'obscurité dominante pour nous plonger dans des climats plutôt ‘chill-out’, passe quand même difficilement après les décharges traumatisantes de Moodie Black. Certains répondront que c'est plutôt bienvenu pour les tympans et les neurones. Quoiqu'il en soit, comme me le faisait remarquer un des organisateurs, le programmer en premier, dès 19h45 aurait été un peu dur à  avaler pour les fans ; mais par contre, le placer en finale risquait de provoquer un départ précoce des spectateurs moins concernés.

Place à la tête d'affiche, cerise sur le gâteau, et raison pour laquelle je n'aurais manqué cette date pour rien au monde, j'ai nommé Dälek.

Avant Clipping ou Death Grips, Dälek a sans doute été les premier à donner au hip hop ce visage meurtri et grimaçant, lacéré à coups de noise et reconstitué à l'aide d'ingénierie cybernétique pour le côté indus/electro/ambient. Fondé en 98, il a publié au moins 2 LPs incontournables qui ont secoué bon nombre de mélomanes, y compris parmi les amateurs de rock ‘pur et dur’. Les musiciens ont bossé en compagnie de multiples artistes tels que The Lapse, Faust, Zu, The Young Gods ou encore Techno Animal. Paradoxalement, ils resteront très marginaux aux Etats-Unis, marché gigantesque mais segmenté en une multitude de niches et de fait peu ouvert à la fusion/explosion des genres. C'est en Europe qu'ils vont trouver les oreilles les plus curieuses et avides de ce genre d'expérimentations.

En 2011 toutefois, l'existence du groupe est suspendue suite au départ de Oktopus (en grande partie responsable du son de Dälek). Will Brooks, le rappeur/parolier, lance son projet plus roots/oldschool IconAclass. Mais ‘le bruit me manquait’ déclarait Will dans une interview accordée au webzine Vice en avril dernier qui annonçait le retour de Dälek sur scène et en studio provoquant chez votre serviteur une sorte d'euphorie assez incontrôlable.

L'heure de l'épreuve des planches a enfin sonné! C'est par "Spiritual Healing", l'ouverture de "From the Filthy Tongues of Gods and Griots", que la formation entame son set, après avoir ‘invité’ les spectateurs traînant encore au bar à ramener leur fesses dans le feu de l'action. Le son est assez approximatif et la voix ne se distingue pas bien de l'ensemble ; mais la situation va s'améliorer en cours de route. Quoiqu’il en soit, elle enchaîne par "Asylum (Permanent underclass)". Hormis les soucis techniques, l’entrée en matière est impeccable, car elle revisite les deux albums essentiels dont je vous parlais plus haut, à savoir "From the Filthy Tongues of Gods and Griots" et l'inégalable "Absence". La set list s’égrène : "Culture for Dollars", "Classical Homicide", l'hypnotique "Eyes to form Shadows" et encore "Ever Somber", dont on jurerait les samples tirés d'un morceau de MBV.

Le poignant "Megaton" date du début du millénaire. Il figure sur un maxi paru en l’an 2000. Et son feeling très jazzy mélancolique s'efface pour laisser place à un puissant crescendo de batterie. Les dernières œuvres du groupe ne sont pas oubliées non plus, "Paragraph Relentless" illustrant le plus trip hop "Abandoned Language" ou encore "Street Diction" du dernier opus en date, "Gutter Tactics".

Au finish, un concert sans faute comme l'interprétation qui en a été donnée par un trio reformé en compagnie d’un nouveau line up (Oktopus a cédé sa place à Mike Mare de Destructo Swarmbots aux machines) et au top de sa forme ce soir.

(Org VK concerts + Buzz on Your Lips)





 

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