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La gymnastique, c’est fantastique…

Écrit par Didier Deroissart - jeudi, 31 août 2017
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Deerhoof
Nijdrop
Opwijk
31-08-2017

Fondé en 1993, Deerhoof est un groupe underground à l’esprit DIY. Bref, à la pointe de l’expérimentation. Issu de San Francisco, il réunit la chanteuse/bassiste Satomi Matsuzaki, le drummer Greg Aunier ainsi que les guitaristes John Dieterich et Ed Rodriguez. Dans le cadre de l’édition 2014 des Nuits Botanique, il s’était investi dans le Congotronics Vs Rockers, en compagnie de musiciens congolais, américains et européens. Avant-gardiste, sa musique oscille entre noise, pop, punk, rock, jazz et prog. La formation avait assuré le supporting act de Red Hot Chili Peppers, au Sportpaleis, en novembre 2016. Et ce soir, il est programmé en tête d’affiche, au Nijdrop d’Opwijk. Une opportunité à ne pas manquer, surtout quand on sait que cette salle est limitée à 300 spectateurs…

Manngold assure le supporting act. Un sextuor gantois réunissant deux drummers, Karel de Backer et Matthias Standaert, un bassiste, Bruno Coussée, un claviériste qui se sert d’un vieux synthé Korg, et deux guitaristes, Kwinten Mordijck et Rodrigo Fuentealba. Ce dernier en est le leader. Il a sévi a sein des backing groups de Gabriel Rios et de Kris Dane, mais également milité au sein du Fifty Foot Combo, de Novastar et même d’Arsenal. Des artistes ou groupes que votre serviteur apprécie. En outre, il a collaboré à de multiples projets, et notamment en compagnie de Mauro Pawlowski, Bert Dockx, Steven de Bruyn, Bart Maris, Teun Verbruggen ou encore Karen Willems. 

Exclusivement instrumentale, l’expression sonore mêle krautrock, noise, psychédélisme et punk. A ce jour le combo a publié deux elpees, « Manngold De Cobre », en 2014 et un éponyme, en 2016, un opus qui a bénéficié du concours de Stuart Matthews (Quakers, Massive Attack, Portishead), à la mise en forme. 

Tout le monde est en ligne sauf les deux préposés aux fûts, plantés en retrait. Il faut au moins 10 minutes avant d’appréhender l’univers de Mannglod. Qui parfois me fait furieusement penser à celui de Pawlowski. Le concert démarre sur les chapeaux de roues, par « Boogie ». Les drummings sont parfaitement en phase. Les cordes de grattes sont effilées. Plus yankee, « Intro » se révèle davantage aventureux, mais parfaitement maîtrisé. Les cordes scintillent tout au long de « Stunde Null », un morceau au cours duquel la rythmique attaque de front. Et elle monte dans les tours au fil du frénétique « DMB ». « DEMT » vire au punk. « Manngod » et « Glückskugel » décollent littéralement avant de s’achever, 30 minutes plus tard, au bord du précipice…

Deerhoof est venu défendre « Mountain Moves », son dix-septième LP, à l’écoute sur Bandcamp, depuis 3 jours. Il tombera dans les bacs, ce 8 septembre.

Satomi, la bassiste/vocaliste, a enfilé une salopette shorty aux rayures bleu marin. Le line up implique également deux gratteurs et le drummer, Greg Saunier, qui s’est planté en bord d’estrade, à droite.

Cristalline, puérile, spasmodique, la voix de Satomi est vraiment particulière. De petite taille, elle s’éclate en gigotant sur les planches. Les deux sixcordistes multiplient les impros. Pas de souci, la section rythmique, veille. Et tout particulièrement le drumming (NDR : une caisse claire et une grosse caisse, dont il joue, pieds nus), qu’on pourrait qualifier de fédérateur. Et impressionnant ! « I Will Spite Survive » est une nouvelle compo. Noisy/rock lo-fi, donc dépouillé, « Snoopy Waves » (« Offend Maggie », 2008) nous replonge au cœur des eighties. Les drums sont arides. Tout en changeant régulièrement de rythme, les accords de gratte se révèlent hypnotiques. Et deviennent carrément monstrueux pendant « Spirit Ditties Of No Tone » (« The Runners Four », 2005). Un peu comme si on vivait une rencontre hypothétique entre AC/DC –pour  l’efficacité– et Arto Lindsay –pour la folie. Les cymbales s’emballent (NDR : ça rime !) Les titres s’enchaînent à toute allure. Particulièrement bruitiste, « Twin Killers » couvre les parties vocales de Satomi, qui troque sa basse contre la guitare d’un de ses partenaires, pour « The Perfect Me ». Ce qui va lui permettre de s’autoriser davantage de sautillements, et de postures en ciseaux à l’aide de ses bras et de ses mains. « Isla Bonita » scintille de mille feux. Satomi nous parle de son instrument. « Exit Only » s’immerge au cœur même de l’expérimentation. Et pourtant, les aficionados connaissent cette compo et la savourent. « There’s That Grin » est dynamisé par les percus sauvages. Greg dégouline de sueur, tellement il se livre. Régulièrement, il se rapproche de Satomi, mais à genoux, pour arriver à sa hauteur, car elle doit à peine mesurer 1 m 50. Il demande, en plaisantant, s’il doit causer flamand ou français. Des interludes qui lui permettent de reprendre son souffle…

En rappel, le combo nous réserver « Basket Ball Get Your Groove Back », un extrait de « Offend Maggie », long playing paru en 2008. Rayonnante, Satomi est une adepte de la gymnastique. Elle coache même son public. Il est conquis et suit ses instructions rigoureusement. De quoi se dérouiller les jambes et clôturer un concert… en souplesse…

(Organisation Nosta + Toutpartout)





 
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