La crucifixion selon Protomartyr…

Protomartyr
Botanique (Rotonde)
Bruxelles
21-11-2017
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Manque de consistance…

Écrit par Didier Deroissart - lundi, 19 juin 2017
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Eddie Vedder
Lotto Arena
Anvers
19-06-2017

On approche les quarante degrés à l’extérieur. Des bouchons consécutifs à un accident de la circulation. 1h35 de trajet auquel il faudra ajouter deux heures à patienter dans les embouteillages. En débarquant à Anvers, il ne reste que plus ou moins 50 emplacements de parking. Ouf, il ne faudra pas se taper 5 km de marche avant d’atteindre la Lotto Arena. Qui accueille ce soir, Eddie Vedder, le chanteur du mythique Pearl Jam. Et, bien entendu, c’est sold out !

Le supporting act est assuré par Glen Hansard. Ce chanteur/compositeur/guitariste/acteur irlandais était le leader de The Frames, un groupe rock fondé en 1990. C’est en 2006 qu’il a embrassé une carrière individuelle. A son actif en solo, trois elpees : « A Season On The Line » (2016), « Didn’t He Romble » (2015) et « Rhythm And Repose » (2012).

La scène est réduite à sa plus simple expression. Le Dublinois s’installe tout devant. Il s’assied sur un siège haut et entame son concert armé de son unique gratte semi-acoustique. Le son est bon. L’artiste signale qu’il reviendra se produire dans la salle Roma, sise dans la métropole, en automne prochain. Pendant quarante bonnes minutes, il va essayer de mettre de l’ambiance. Parfois on a l’impression qu’il s’arrache les cordes vocales, pour essayer d’y parvenir…

Il entame le set par « Her Mercy », son dernier single. La version ‘live’ est autrement dépouillée que celle diffusée par les radios. En général, les morceaux s’ébrouent paisiblement et s’emballent en fin de parcours. La foule apprécie son récital. Votre serviteur, un peu moins. Sa prestation est trop fébrile. Ce qui lui fait perdre de son charme. A épingler quand même, une excellente reprise de « Vigilante man », un titre bien country, signé par le légendaire Woody Guthrie…

Eddie Vedder grimpe sur le podium à 21h30. Il y rejoint ses différentes grattes, électriques, acoustiques, semi-acoustiques et son ukulélé. Pas de grunge, ce soir, mais un concert qui sera largement ‘unplugged’. D’ailleurs, le natif de l’Illinois est seul sur les planches.

En début de show, les compos sont aussi dépouillées que le décor. L’image d’une rue est projetée en arrière plan. Eddie parle longuement avec l’auditoire entre chaque chanson. Quand un spectateur l’interpelle, il lui répond immédiatement. Et franchement, l’artiste ne manque pas d’humour. Qu’on pourrait même qualifier de décapant. Dans la salle, le service de sécurité fait la chasse aux smartphones et appareils photos. C’est moins marrant…

Une bande préenregistrée diffusant la B.O. de Batman précède l’entrée en scène de l’artiste. Qui entame son show par le « Brain damage » du Floyd, après avoir accordé sa gratte. Il enchaîne par deux compos issues du répertoire de Pearl Jam, « Sometimes » et « Wishlist ». Sa six cordes est offensive, vrombit. Sa voix décolle. Excellent ! L’auditoire apprécie.  

Le panorama a changé. Place à l’illustration d’un cirque, pendant la cover étonnante et légère du « The Needle And The Damage Done » de Neil Young. Tout au long de « I’Am Mine », « Off He Goes » et « Can’T Keep » de Pearl Jam, le public se lève, chante et applaudit l’artiste. La voix si caractéristique d’Eddie est superbe. Mais privées de la sauvagerie et de l’électricité du grunge, les nouvelles versions manque de consistance. Issu de « Ukulele songs », « Sleeping By Myself » est interprété à l’aide de cet instrument à cordes. Dont il se sert encore pour deux morceaux, « Satellite » et l’adaptation du « Again Today » de Brandi Carlile, mais soutenu par un quatuor à cordes constitué de 3 violonistes et d’un violoncelliste. Ce Red Lima String Quartet vide alors les lieux et est remplacé par un insert à l’alcool vendu dans tout bon ‘Brico’. Tout au long du « Better Man » de Pearl Jam, le public est invité à un exercice de karaoké. Nouveau changement de décor. Une toile tendue, censée représenter un ciel étoilé, laisse transparaître de petites lumières. La set list ne néglige pas la B.O. du film « Into the wild », et nous en réserve « For Behind », « Setting Forth », « Guaranteed » et « Rise ». Mais à l’issue des versions folk d’« Immortality » et de « Lukin » de Pearl Jam, votre serviteur commence à se lasser. Sans doute à cause de la chaleur, de la fatigue, du parcours pour arriver à destination et de celui qui lui reste à accomplir pour regagner ses pénates. Et il s’éclipse, sur la pointe des pieds…

(Organisation : Live Nation)

 





 
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