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Un spectacle austère, pour commémorer le 100ème anniversaire de la Grande Guerre…

Écrit par Bernard Dagnies - vendredi, 07 novembre 2014
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Einstürzende Neubauten
Verwarmde Loods De Lijn
Diksmuide
08-11-2014

Einstürzende Neubauten avait pris l’habitude de célébrer son anniversaire quinquennal, à l’Ancienne Belgique. Mais ce samedi soir, il se produit à Diksmuide. Un concert organisé dans le cadre du 100ème anniversaire de la déclaration de guerre 14-18. Il s’agit, en outre, de la transposition ‘live’ de leur album « Lament », paru ce 7 novembre, consacré à l’histoire de ce confit mondial. Blixa Bargeld, le leader, a même pris le soin de consulter un historien et un linguiste, afin de rendre son projet le plus crédible possible. Il a également puisé dans les archives de différentes universités et différents musées, en Allemagne, et même récupéré des enregistrements de prisonniers de cette époque, toutes nations belligérantes confondues. Enfin, s’il a choisi Diksmuide pour entamer sa tournée, c’est parce qu’il s’agit d’un lieu hautement symbolique.

 

Vos serviteurs débarquent alors que le concert vient de débuter depuis 5 bonnes minutes. Le temps de trouver l’endroit, de dénicher une place de parking et de récupérer nos guests, et on peut enfin entrer dans cet hangar baptisé De Lijn, parfaitement choisi pour un tel événement, mais également pour accueillir un groupe post-industriel de la trempe d’Einstürzende Neubauten.

Le concert est sold out depuis un bon moment, et vu notre retard, pas facile de se dénicher une place propice. D’autant plus que les énormes pilonnes qui soutiennent le plafond constituent des obstacles visuels supplémentaires. Il faudra d’ailleurs une bonne vingtaine de minutes, avant de pouvoir distinguer ce qui se passe sur l’estrade.

La première partie se focalise donc sur le nouvel elpee « Lament ». Un disque qui fait suite à « Alles Wieder Offen », paru en 2007. Le set s’ouvre par « Kriegsmaschinerie », un morceau au cours duquel Blixa affiche successivement, toute une série de panneaux, sur lesquels il affiche des slogans de circonstance. Le combo entonne ensuite le « God save the Queen » dans la langue de Goethe, presque a cappella. Etonnant ! Je commence enfin à percevoir le matos sur les planches. Un équipement imaginé par Andrew Unruh, un des membres fondateurs du groupe. On y distingue des tubes, des bacs métalliques et autres matériaux ferreux censés reproduire les bruits tourmentés de la Grande Guerre. Parfois même, entre les morceaux, des roadies viennent changer ce matériel. Lors du troisième titre, « The Willy-Nicky Telegrams », on retrouve ainsi trois des musicos qui frappent en mesure pendant une dizaine de minutes, sur une structure en acier, alors qu’une voix ‘off’ égrène une liste des événements qui se sont déroulés au cours de cette période trouble. C’est à partir de cet instant que je vais réellement commencer à rentrer dans le climat du concert. Je remarque la présence, en arrière-plan, d’un quatuor à cordes. Un violoncelliste et trois violonistes. Aux extrêmes, sur des podiums, sont flanqués les deux percussionnistes qui descendent régulièrement de leurs piédestaux pour participer, en front de scène, aux bruitages. Dont N.U. Unruh, une casquette vissée sur la tête, à gauche ; et je suppose, Rudolf Moser, à droite. A l’extrême droite, au bord de l’estrade, s’est planté Jochen Arbeit, le guitariste/claviériste. Et à gauche de Bargeld (NDR : en position centrale), on retrouve Alexandre Hacke. Vêtu d’un tablier blanc, il se charge des parties de basse, parfois de la guitare, mais aussi des percus. Blixa chante en anglais ou en allemand et il déclame également parfois en néerlandais. Il lui arrive aussi de hurler, comme s’il éprouvait un immense cri de douleur, une lamentation qui déchire alors l’atmosphère. Le set est quand même austère, malgré la présence du quatuor à cordes, qui ne prendra son envol que lors du remarquable dernier morceau du concert proprement dit. Certaines compos sont carrément planantes, évoquant même une sorte de Pink Floyd ‘cathédralesque’ qui aurait décidé d’adapter son expression sonore au mode post industriel. Un titre me fait même carrément penser à une rencontre entre les Mothers of Invention de Frank Zappa et les Residents.

Lors du rappel, Blixa revient vêtu d’une parure en fourrure. Et sans le quatuor à cordes, le combo d’adapter « Sag mir wo die Blumen sind », une chanson particulièrement cool signée Pete Seeger et popularisée par Marlene Dietrich. Et puis le groupe, nous accorde quand même, au cours de cet encore, son incontournable « Let’s do it a dada », seul titre enlevé, au cours duquel la foule commence à hocher la tête. Faut dire que le rythme percussif imprimé sur les fameux tuyaux par N.U. Unruth est vraiment irrésistible.

Après 1 heure 45 de concert, les roadies viennent démonter les matos. La foule a beau réclamer poliment un nouveau rappel, les musicos ne reviendront plus.

Setlist : Kriegsmaschinerie / Hymnen / The Willy-Nicky Telegrams / In de loopgraaf / Der I. Weltkrieg (Percussion Version) / Achterland / Hospitalische Kinder + Engel der Vernichtung / All Of No Man's Land Is Ours / Lament.1: Lament / Lament.2: Abwärtsspirale / Lament 3: Pater Peccavi / How Did I Die? // Sag mir wo die Blumen sind / Let's Do It A Dada / All Of No Man' Land Is Ours Reprise // Der Beginn des Weltkrieges 1914 / Ich gehe jetzt.

(Organisation 4AD + Dienst Cultuur Provincie West-Vlaanderen – GoneWest)

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