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Space Chili

Écrit par Laurent Deger - mardi, 05 novembre 2013
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Föllakzoid
L'Aquilone
Liège
05-11-2013

Ce concert, on en parlait depuis des semaines dans la petite communauté d'amateurs de musique cosmique liégeois. Chacun y allait de son petit commentaire sur les réseaux sociaux pour tenter de convaincre. ‘Ne ratez pas ces Chiliens, l'album est formidable’. ‘Des Chiliens?...’ ‘Oui des Chiliens qui pratiquent le kraut-rock comme Can et en plus, ils sont sur Sacred Bones, un des meilleurs labels du monde’. Le lobbying semble avoir fonctionné. La salle (on devrait plutôt parler de pièce puisque il s'agit d'un living aménagé) est copieusement garnie pour accueillir Föllakzoid et sa première partie, les Gaumais d’Umungus.

Le trio Umungus constitue le parfait supporting-act. Il a récemment assuré la première partie des vétérans d’Acid Mother Temple, au Magasin 4, une formation légendaire du psychédélisme. Il nous plonge directement dans des atmosphères qui fleurent bon le psyché rock des années 70. Oscillant entre passages lents aux relents jazz-rock et chevauchées électriques, on est bluffé par la maîtrise technique. Plus Gong que Can, il offre en tout cas un solide set jamais indigeste. Le guitariste s'en donne à coeur joie et n'est pas avare en petits effets psyché de tous genres indispensables à ce style, mais suffisamment maîtrisés pour ne pas devenir superfétatoires. On apprécie également le travail du batteur sur les cymbales. Pas de réelles longueurs lors de ce set qui augure un bel avenir aux Luxembourgeois. Allez faire un petit tour sur leur page Bandcamp, vous ne serez pas déçus si ce type de musique recueille vos faveurs.

Quatre Chiliens chevelus à la mine un peu fatiguée s'installent alors sur scène. Follakzoïd a certainement publié un des albums kraut/space rock de l'année ("II") et se produit donc à Liège, au milieu d'une longue tournée européenne comptant une soixantaine de dates. Ils figurent également à l’affiche du Yellowstock Winterfest qui se déroulera le 30 novembre à Geel en compagnie, entre autres, de Dead Skeletons et Naam. Remarqués par ces grands talent scouts de Sacred Bones en 2009, suite à leur prometteur premier long playing, le combo a tout de suite trouvé sa place parmi leurs éminents collègues de label (Moon Duo et Psychic Ills notamment pour citer les plus proches musicalement, sans oublier leurs compatriotes d'Holydrug Couple).                                  

Le set démarre en douceur. Quelques minutes atmosphériques avant de se lancer dans les compositions les plus clairement kraut-rock du quatuor de Santiago ("Trees", "99"). Le fantôme de Can hante ces morceaux aux rythmiques et à la basse métronomiques. La voix spectrale, style Moon Duo, du chanteur/guitariste se pose sur cette autobahn musicale. On est à Cologne. En 72 ! Quelques notes de guitares, fatalement pleines d'écho, peuvent également évoquer Spacemen 3. Kraut-rock, space-rock, cosmic music, peu importe finalement. La musique plane sec et devient même presque dansante à l'apogée de ces très longues et évolutives plages.

Puis, curieusement, le groupe replonge dans des climats plus méditatifs et hypnotiques. Le public est moins attentif. Logique, c'est presque ennuyeux.

Certainement délectable au coin du feu mais pas franchement folichon à ce moment. Un dernier morceau mid-tempo ne parvient à nous replonger complètement dans la transe. Fin. Il n'y a pas de rappel. Les guitares sont déjà dans les housses. On regrettera donc un peu cette trame où le paroxysme est venu un peu tôt et où la fin était sans doute un rien mièvre ; mais on ne parlera pas pour autant de concert moyen. La plupart des gens présents ont apprécié et iront, si ce n'est déjà fait, jeter une oreille sur l'album. On aurait juste aimé que les parties plus débridées et expérimentales s'étirent un peu plus. En ce sens, le dernier morceau a offert un final explosif mais extrêmement court au regard de sa durée. En fait, on aurait apprécié que la formation propose un peu plus qu'une simple copie de "II", opus formidable mais finalement assez domestique. Vu leurs têtes à la fin du concert, il n'en avait peut-être tout simplement pas l'énergie. A revoir dans un cadre moins feutré, peut-être.

(Organisation : Jungle)

 





 
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