Acouphènes garantis…

Écrit par Didier Deroissart - mardi, 13 octobre 2015
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Fall Out Boy
Forest National (Club)
Bruxelles
14-10-2015

Ce soir votre serviteur remplace un collègue, empêché. En espérant que le spectacle soit de bonne facture. Dehors, il pleut. Pas de bonne augure ; d’autant plus qu’à Forest National, le son est rarement au point. La salle est en mode Club. Le deuxième étage est fermé par des tentures, de manière à ramener sa capacité à 4 000 âmes. Et cet espace sera presque sold out pour la tête d’affiche. Le public est plutôt jeune. On y remarque quand même la présence de quelques quinquas et quadras. Fall Out Boy se produit à Bruxelles, dans le cadre de la tournée baptisée ‘American Beauty/American Psycho Tour’.

Le supporting act attaque son set à 19 heures. Baptisé Charley Marley, le band est londonien. Il est signé sur le label indépendant du bassiste de Fall Out Boy, Pete Wentz. A contrario de ce qu’on aurait pu penser, il ne s’agit pas d’un des nombreux descendants du grand Bob. Il pratique une musique ma foi fort conventionnelle, fruit d’un cocktail de pop, funk, hip hop et électro. Un seul titre disponible sur la toile : « Bad Things With Jamaicans ». En ‘live’, il se produit sous la forme d’un quatuor : un claviériste, un drummer, un guitariste et le chanteur. Ce dernier remue pas mal sur les planches. Et juvénile, l’auditoire est particulièrement réceptif. Il réagit d’ailleurs en conséquence. L’ambiance monte ainsi progressivement en puissance.

Le problème vient des infrabasses. Elles remontent par le siège et le sol et vous agressent les tripes. En outre, malgré les protections dans les oreilles, les tympans trinquent. Je décide alors de faire l’impasse. En espérant que le set de Fall Out Boy ne provoque pas les mêmes tourments.

Retour dans la salle de votre serviteur, lors du changement de matos. Une immense colonne formée d'écrans leds est descendue et occupe toute la largeur de la scène. Deux estrades ont été placées en avant. On remarque la présence d’une plus petite, entourée de barrières ‘nadar’, juste à l'entrée de la fosse, et sous la table de mixage. 

Fall Out Boy a publié son sixième elpee, l’excellent « American Beauty/American Psycho », en janvier 2015 ; et il est venu le défendre.

Fondé par Patrick Stump (voix, guitare), Pete Wentz (basse), Joe Troham (guitare) et Andy Hurley (batterie), il est né début 2001. Joe et Pete militaient au sein de différents groupes punk/hardcore. Dans la région de Chicago. À ses débuts, les musicos n’avaient pas encore réussi à déterminer un patronyme. Lors d'un de leurs premiers concerts, un des spectateurs leur a suggéré Fall out Boy (NDR : un personnage des Simpson, Atomic Boy en VF). Deux ans plus tard, le quatuor publie son premier opus, « Take This To Your grave ». Les amateurs de jeux vidéos se ruent sur le disque, dès sa sortie ; et pour cause, le groupe y soutient GTA, jeu constamment vilipendé par les défenseurs de la morale américaine.

Un petit film défile sur l'immense toile disposée en avant-scène. Dès qu’il est terminé, il remonte doucement vers le plafond. Les deux guitaristes et le bassiste débarquent et s’installent à l’avant-plan sur une même ligne. Barbu et le corps couvert de tatouages, le batteur s’est planté sur une estrade surélevée. Les faces avant sont constituées de téléviseurs TV LCD, où seront projetés des films, et un immense écran est placé derrière lui. Cet énorme show à l'américaine sera amplifié par un light show imposant, partagé entre lumières et lasers, histoire de nous en mettre plein la vue…  

« Sugar, We're Goin Down », issu de l’elpee « From Under The Cork Tree » (2005), ouvre le set en force. Un peu trop quand même à mon goût. A cause du batteur. La puissance libérée par ses fûts est trop bruyante. Chaque fois qu’il cogne sur ses toms basse et la grosse caisse, les retours d’infrabasses s’apparentent à des secousses sismiques. Et votre organisme en prend un coup. En outre, insupportables pour les oreilles, les accès de basse risquent de vous causer des acouphènes. Et pourtant, votre serviteur a enfoncé des protections dans ses feuilles de chou. Or, il est placé à proximité de la table de mixage, emplacement idéal pour bénéficier du son le plus parfait. En espérant alors qu’au fil du show, la situation va s’arranger. Car les instruments à cordes passent parfaitement la rampe.

Sur « Irresistible » –une nouvelle compo– les gratteurs se déchaînent. Dans la fosse, l’ambiance est hystérique. Je décide donc d’aller prendre l’air et revient dans la salle pour « Thriller » (« Infinity On High »). Pas d’amélioration. Pourtant, devant le podium, les aficionados mettent le souk ; mais ne se rendent sans doute pas du volume sonore plus que pénible à encaisser. La première partie s’achève par « This Ain't a Scene, It's an Arms Race », avant que l’écran ne redescende, pour permettre le défilement d’une vidéo. Soudain les jeux de lumières sont braqués sur la petite scène, sous la console du son. Les deux gratteurs et le bassiste sont assis l'un à côté de l'autre, en ligne, et nous proposent deux morceaux en format acoustique : « Immortals  » et « Young Volcanos ». Sans batterie, le son est impeccable. Huit minutes en tout et pour tout à savourer. Avant que le drummer ne revienne pour un solo kilométrique, sous les lasers qui se croisent et s’entrecroisent. Les trois autres musicos réapparaissent sur le podium pour attaquer « Dance, Dance ». C’est aussi le retour des infrabasses. Je préfère jeter l’éponge. Dommage, car le light show était exceptionnel. Vu le prix des places, c’est cher payé. Pourtant, sans les drums, le son était irréprochable. Soit l’ingé son est un incompétent, soit le groupe cherche à assommer son auditoire. Pas encore votre serviteur, qui a préféré prendre la poudre d’escampette…

(Organisation : Live Nation)

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