Un goût de gris pour Flox…

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N’est pas Fauve ` qui veut !

Écrit par Antoine Binamé - mercredi, 22 avril 2015
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Fauve
Zénith Arena
Lille
23-04-2015

Je suis fan de rock. Je suis fan de rock. Je suis fan de rock. Je suis fan de Fauve ≠. Comment entamer la chronique d’un concert ? Quand passe-t-on de ‘la route pour y aller’ au ‘concert proprement dit’ ? Pour Fauve ≠, cette simple distinction devient une énigme : à quel moment précis l’état d’esprit du spectateur bascule-t-il dans les Nuits Fauves ? Parce que c’est de cet événement dont il était question ce jeudi soir, un soir de semaine comme un autre, un soir de Nuit Fauve plus qu’un simple soir de concert, chez nos voisins français, au Zénith Arena de Lille.

Les portes commencent à s’ouvrir peu après 18h, la foule s’engouffre entre les barrières, impatiente, fébrile… et quelconque. Pas de ‘bobos’, pas de ‘hipsters’ en tout genre, non. Des gens normaux. Des adolescents, oui, mais des trentenaires aussi. La presse, oh privilège, entre par une porte distincte. Moment choisi pour tailler une bavette avec le bassiste de Fauve ≠, à côté d’un public qui ne s’en rend pas compte. Oui, les membres de Fauve ≠ sont comme ‘Monsieur tout le monde’ ; et absolument, sans leur billet en main, ils seraient refusés à l’entrée, comme n’importe quel quidam…

La foule investit donc les lieux. Pas question de se masser devant les portes, tout est ouvert. Il est même mentionné ‘Ici tout est à vous’ sur le bracelet bleu que l’on nous a distribué à l’entrée. Quelques fans se pressent contre les crash-barrières (ne dites pas ‘frontstage’ chez nos voisins français, sinon ils vont imaginer qu’on leur parle d’un type de sandwich ou d’une marque de voiture), d’autres opèrent un détour via le stand ‘pop-corn’ ou le merchandising (où les préposés ne sont pas les moins impliqués dans Fauve ≠…). Ça discute, ça boit des coups, ça rit, ça s’amuse. Le concept augure que ‘Les Nuits Fauves sont aux concerts ce que le barbecue est à la gastronomie’. Mais perso, la gastronomie, ça m’emme*** profondément.

19h45 marque le début des premières parties. La longueur du paragraphe, que vous aurez peut-être envie de zapper d’ailleurs, vous permettra de confirmer ce que votre serviteur en a conclu : pas convaincu. C’est Bagarre qui ouvre le bal et sa tentative de poésie ésotérico-intelligente (‘Un cimetière. Un parterre de cuillères.’) me donne plutôt la nausée et l’envie subtilement impérieuse de fuir le plus loin possible. N’est pas Fauve ≠ qui veut. La musique et le tempo mettent par contre le public rapidement d’accord.

Le second supporting act, Les Gordon, n’a pas davantage mes faveurs. Question de goût : 30 minutes du même beat décliné en 10 versions, très peu pour moi. Je râle, je crache sur ces premières parties ; mais la question qui me traverse l’esprit finalement –et je n’ai aucune réponse à fournir– est : quel artiste serait capable d’ouvrir pour Fauve ≠ ? Somme toute, Barbare et Les Gordon ne sont pas un si mauvais choix : ils sont ‘jeunes’ et Fauve ≠ leur offre une magnifique opportunité de se produire au Zénith.

Et puis Fauve ≠.

20h45, entame des hostilités, début du combat des affects, des émotions en pagaille, du sang et des sanglots, des ongles arrachés sur le parquet granuleux, d’accès de colère, de violence, de sexe. Départ de deux heures physiques, puissantes, émouvantes, éprouvantes. Deux heures où Fauve ≠ compte bien gratter les croûtes encore un peu sanguinolentes de toutes nos âmes blessées. Deux heures viscérales, simplement viscérales.

Les fauves sont lâchés dans l’arène, « Sous les Arcades », extrait du nouvel album « Vieux Frères – Partie 2 » lance le bal ; le chanteur harangue la foule qui n’en n’a –et le concert commence à peine– pas vraiment besoin : ils sont tous fans de Fauve ≠, conquis d’avance, connaissent les paroles et tentent d’en suivre le débit infernal qui leur est imposé. Bref, ils sont venus pour ‘faire’ les Nuits Fauves. C’est ce public qui est le noyau de l’univers de Fauve ≠, ce sont les émotions de ce public précis, celui qui est venu ce soir, qui conditionne toute l’ambiance, toute la tension qui est libérée. Enchaînement par l’incontournable « Nuits Fauves », pourquoi bouder son plaisir ? Et « Voyou » avant de continuer l’exploration de ce « Vieux Frères – Partie 2 » avec T.R.W. pour mieux revenir sur « Infirmière » que l’auditoire reprend en chœur. Le moment de se poser, d’observer le cadre : une scène bardée d’écrans de télévisions, entourée d’écrans géants, une hémisphère éclairée par des centaines de lampions accrochés au plafond. Intime.

Fauve ≠ n’a peur de rien, pas même de convaincre un Zénith presque comble de chanter leur « 4 000 Iles » en canon à trois voix… et ça marche. Un peu de balbutiements, un peu de difficulté, mais la mayonnaise prend et le public s’en donne à cœur joie. Du nouvel opus, on épinglera le magnifique et presque joyeux « Tallulah » (‘Et si le ciel s’écroule, si les continents plongent, je te suivrai même jusque dans tes songes’) et la puissance de « Paraffine ». On saluera une énergie rock puissante qui faisait (peut-être ?) défaut à « Vieux Frères – Partie 2 » version album. Guitare puissante, gros son de basse et chanteur courant partout à la fois. La formation prend également plaisir à revisiter « Haut Les Cœurs » dans une version dépouillée mais qui ne perd bien sûr rien de son énergie lorsqu’il s’agit de clamer « Va t’faire enculer » au Blizzard. Les rappels sont ‘convenus’, « De Ceux » et « Kané » sont incontournables, mais permettent aussi de découvrir une adaptation ‘live’ bouleversante de « Bermudes » et de terminer dans une communion impressionnante par « Les Hautes Lumières ».

Et de rejoindre mes pénates, un vendredi matin, très tôt, un peu hagard, après avoir bu ‘des coups’ en compagnie des membres du groupe ; parce qu’ils n’aiment pas : les autographes, les selfies, ce genre de trucs. Et d'égarer sur une feuille des phrases, des bribes de mots, des songes, des sentiments confus. De ne plus trop savoir si c’était ‘bien’ ou pas. De se rendre compte que j’étais salement con d’avoir pensé que ce n’était ‘vraiment pas génial’ avant d’avoir vu la famille Fauve ≠ en action.

Plus qu’un concert, plus qu’un simple exutoire à ‘choses négatives’, Fauve ≠ se veut profondément ancré dans son temps, dans son public, en proposant un concert ‘soirée avec les potes’ à taille zénithienne. À la sortie, le merchandising est plein à craquer. Les spectateurs se seraient-il rendu compte de l’identité de ceux qui vendent les t-shirts ? Ils parlent, rient, jouent, croisent les musicos. Peut-être sans le savoir. Sûrement sans le savoir.

Et votre serviteur retourne se noyer, après la nuit, avant le jour, dans les Nuits Fauves.

Set list

1. Sous les arcades
2. Nuits fauves
3. Voyou
4. T.R.W
5. Infirmière
6. 4.000 îles
7. Vieux frères
8. Tallulah
9. Haut les Cœurs
10. Azulejos
11. Loterie
12. Paraffine
13. Cock Music Smart Music

14. Blizzard

Rappel :

15. De ceux
16. Bermudes
17. Kané
18. Les Hautes Lumières

Organisation A Gauche de La Lune (Les Paradis Artificiels)

(Voir aussi notre section photos ici)





 
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