Garciaphone, mangeur de rêve…

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Gnod Gnod Gnod on heaven’s door

Écrit par Akim Serar - mardi, 10 avril 2012
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Gnod
Le Carlo Lévi
Liège
11-04-2012

Chaque année, à pareille époque, on assiste immuablement au même rituel.

Deux mille douze ans que ça dure.

De passage parmi les hommes, je me sacrifie (sic !) à la tradition et je fais bonne figure.

Ce sacrifice ne me dérange pas. Je crois que je l’aime, dans le fond.

Hier, mercredi onze, votre serviteur avait un peu de temps libre devant lui, après les festivités du week-end.

Informé par un tract, il s’est retrouvé un peu par hasard dans cette arrière-salle, quelque part à Liège.

Depuis il est sourd. Et en totale harmonie avec l’humanité.

 

La cène, non, pardon, la scène se situait tout dans le fond.

Tellement exiguë que tous les musiciens ne pouvaient s’y tenir ensemble.

Du coup, seul le batteur trônait là, derrière ses fûts.

Au milieu du public, clairsemé en ce début de soirée, se produisaient un guitariste survolté, une bassiste exaltée et une chanteuse qui sans payer de mine démontrait l’étendue épatante de sa tessiture vocale.

Derrière un nom improbable se cachait la première bonne surprise de la nuit.

Katawumpus, quatre pèlerins issus d’Ardèche dont le Rock incisif et à première vue brouillon s’avérait en fait d’excellente facture.

Magma improbable et électrifié qui amplifiait au fil du set pour se terminer en orgie bruitiste sous les cris conjugués d’un saxophone possédé et les onomatopées gutturales sorties tout droit des gorges du mont Golgotha.

Tout en sueur sous ma robe de bure, mes membres s’entrechoquaient à chaque assaut du combo en pleine ascension.

 

Après cette salve jouissive, je me suis tourné vers le bar et je me suis fait servir une coupe de leur meilleur vin de messe.

Discutant le coup avec quelques autochtones, j’ai pu constater que mon enthousiasme était largement partagé.

Il n’a pas fallu longtemps pour que le second groupe, français lui aussi, donne l’assaut.

Naturellement réticent aux égosillements infatigables, toute performante que soit la voix empruntée par le prêcheur de Coubiac, celle-ci me ramena naturellement vers le calice qui m’attendait. De là où je me tenais, je pouvais apprécier la prestation scénique et Ô combien énergique des fils spirituels de Black Flag.

 

Cependant, un petit bonhomme étrange suscitait ma curiosité.

Sautillant, semblant sous amphétamines, et apparemment très en forme, ce petit lutin arborant un drôle de T-shirt à l’effigie du pape Jean Paul II faisait le pitre et semblait ne plus tenir en place.

Impatient d’entamer la grand-messe qui allait suivre, le leader de Gnod trépignait.

Et puis soudain, le plafond de la salle s’est envolé.

Le ciel s’est assombri, et le vent a commencé à souffler, tandis que des éclairs déchiraient l’obscurité.

Le sol s’est mis à trembler. Sans doute éventré par ces deux basses qui semblaient faire jaillir la vérité ultime des tréfonds de la terre.

Littéralement happé par une transe qu’il ne semblait nullement contrôler, le drôle de personnage qui présidait à cette eucharistie se roulait aux pieds des fidèles, se relevait, tremblait sur ses jambes qui ne semblaient plus le soutenir, se vautrait dans la fange et appelait à lui quelques démons ou anges que seul lui semblait voir.

Cris de damnés étranglés dans d’infinies réverbérations, soutenus par des giclées de bruit blanc crachées par une guitare sous acide.

Le visage maculé de sang, l’improbable orateur psalmodiait des paroles incompréhensibles sous le regard hagard de ses disciples entourés d’une aura lumineuse dont les spirales hallucinées s’enroulaient et s’entrelaçaient dans l’espace déchiqueté.

Suspendu entre l’infini et l’éternité, je me suis envolé dans les hautes sphères de l’absolu et j’ai touché l’éternité.

De là, je vous écris ces quelques lignes, qui devraient vous inciter à découvrir au plus vite Gnod et à vous ouvrir à eux.

Oui, comme l’indique l’un de leur grands faits d’arme, « In Gnod We Trust ».

 

(Organisation : Carlo Lévi)

 





 
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