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Monstre bicéphale et autres mutants en marge du BIFFF

Écrit par Philippe Belligoi - lundi, 13 avril 2015
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Godflesh
Magasin 4
Bruxelles
14-04-2015

Dans cette chronique vous allez constater que les créatures les plus étranges ne se rencontrent pas qu'au fameux BIFFF mais également à L'Avenue du Port.
Certainement moins démonstratives qu'au Bal des Vampires, elles n'en créent pas moins des univers fascinants et surnaturels laissant loin derrière elles la réalité ou tout au moins la vision que la plupart de nous en ont.

Prenons par exemple FUJAKO, fondé par Niko Esterle (aka Ripit, Solar Skeletons) et Jonathan Uliel Saldanha (HHY & The Macumbas, Soopa), il reste  probablement le secret le mieux gardé de l'underground bruxello-portugais.

En effet ses concerts belges se déroulent le plus souvent dans la capitale, à l'exception de quelques dates dans la partie flamande du pays (organisateurs wallons avisés si vous nous lisez...) Ce qui ne l'empêche toutefois pas de se produire au Berghain (temple des nuits berlinoises branchées) ou de partager l'affiche aux côtés de Moon Duo ou encore Gazelle Twin, lors de ses escapades en terres étrangères.

Et donc késako FUJAKO? Des sorciers de l'onde sonore qui trafiquent les basses fréquences comme les plus hautes sur des beats claudicants dont l'apparente maladresse n'est qu'un subterfuge destiné à embrouiller les pas de danse hésitants d'un public encore un peu clairsemé ce soir. Hip hop ? Dub ? Expérimental ? C'est un peu tout ça à la fois, mais en dépassant les étiquettes toutes faites ; ça joue dans la marge et ça intrigue les oreilles en quête de nouvelles sensations. On regrettera juste l'absence de MC's (dont ils ont l'habitude de s'entourer en studio) pour donner peut-être davantage de présence à leur live ou en tout cas un élément qui permette de ‘lier la sauce’, tant il est vrai que démarrer une soirée à 20 heures par ce genre de performance n'est pas forcément chose aisée. Mais si les fans de Godflesh les moins ouverts se sont peut-être interrogés sur la pertinence de cette première partie, ceux qui connaissent mieux les différentes facettes de leur leader Justin Broadrick –et plus particulièrement Techno Animal– auront peut-être plus aisément établi le lien avec les nappes de sons abstraites, les infrabasses sourdes et les ambiances claustrophobes que l'on retrouve également chez Fujako.

Penchons-nous à présent sur le cas Godflesh, monstre bicéphale dont vous avez peut-être aperçu le nom sur un t-shirt porté par un des membres de Ministry, Fear Factory, Pitch Shifter ou qui sais-je encore? Contrairement à ceux-ci et bien que cité comme influence par des artistes au compte en banque autrement mieux garni, leur musique ne leur a jamais rempli les poches... Pas de justice dans le show-biz me direz-vous? Pas faux... sauf qu'une petite dizaine d'années après la dissolution du groupe, à l'aube d'une tournée américaine, JK Broadrick décide de réactiver sa créature hybride nous laissant espérer le meilleur. Et après un premier crochet par cette salle en 2013 pour rejouer essentiellement l'album "Streetcleaner", devenu culte depuis sa sortie en 1989, ils revenaient cette fois-ci défendre un nouvel opus précédé lui-même d'un Ep des plus prometteurs. Deux oeuvres dans lesquelles ils puiseront abondamment pour établir la set list de ce soir.

Leur live commence par un long drone qui s'étire en attendant qu'apparaissent les projections et que le laptop en bord de scène daigne émettre un son. Si celui-ci finit par obtempérer, l'écran vidéo restera quant à lui désespérément 'blanc'. Qu'à cela ne tienne, le contretemps est oublié quand résonne "New Dark Ages", la plage d'ouverture du dernier opus, "A world lit only by fire". A une époque où l'on semble régresser plus qu'évoluer, où l'obscurantisme fait des ravages dans les esprits gagnés par la peur du lendemain, il fallait au moins un brûlot de cette envergure pour rallumer nos âmes. Extrêmement puissant et suffocant, le son du duo de Birmingham m'électrise d'emblée mais c'est à partir du 3ème morceau que je prends réellement mon pied grâce à "Shut me Down" une sorte de funk metal mutant hyper lourd, menaçant, dont le putain de groove est capable de décoiffer les chauves! Dire que j'avais fait la fine bouche à l'écoute de leurs dernières compos, il fallait les voir prendre vie sur scène pour laisser tout doute de côté. Après avoir égrené nombre de leurs titres les plus récents, ils s'attaquent aux ‘vieux classiques’ pour le plus grand plaisir d'une audience assez réactive. Les imparables "Christbait Rising", "Streetcleaner" ou "Like Rats" mais aussi "Brand new Spite", devenu un involontaire précurseur du néo-métal (sic!) à cause de son mélange de guitares lourdes et de rythmes hip-hop, sans oublier "Crush my Soul", caractérisé par ses pulsations electro-indus. Et puis histoire que la boucle soit parfaite, c'est par un drone que s'achève cette excellente prestation, en tout cas leur meilleure qu’il m'ait été donné d'assister et pas la dernière j'espère!

(Organisation Magasin 4)





 
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