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Manque de peps!

Écrit par Didier Deroissart - samedi, 18 avril 2015
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Groundation
Ancienne Belgique
Bruxelles
19-04-2015

Soirée Reggae Roots, ce 19 avril à l’AB. Ce n’est pas la grande foule quand votre serviteur débarque au 110 du Boulevard Anspach, vers18h30. En tête d’affiche Groundation, un groupe de reggae californien originaire de Sonoma (NDR : c’est en Californie du Nord).

Nahko and Medicine For The People assure le supporting act. Issu de Portland, dans l’Oregon, cet ensemble pratique un cocktail de hip-hop, de jazz, de country, de roots et de folk, tout en puisant ses racines dans la culture apache et portoricaine. L'Amérique profonde dans toute sa diversité ! Mais très susceptible de nous entraîner jusqu’à Kingston ! Le quatuor réunit deux préposés à la gratte électro-acoustique, Chase Makai et le chanteur et leader Nahko. Le line up est complété par une section rythmique impliquant le bassiste Thomas et le drummer Justin Chittams. Le combo compte, à ce jour, deux elpees, « On The Verge » paru en 2010 et « Dark As Night », en 2013. Et il a déjà réalisé les premières parties pour Michael Franti, Trevor Hall, Xavier Rudd et Soja.

Pas grand monde en début de show. Les spectateurs arrivent au compte-gouttes, mais le fan base se révèle bien actif. Faut aussi dire que leur set commence à 19h30 précises. Pourtant, dès le départ, le combo maîtrise parfaitement la situation. Nahko est une véritable bête de scène. Il bondit sur l’estrade ou arpente le podium de long en large. Il entre aussi rapidement en interactivité avec les  premiers rangs. Il excelle, tant au chant, à la gratte qu’aux claviers.

Le concert s’ouvre tout en douceur par « Aloha Ke Akua ». Nahko se consacre à la guitare électro-acoustique. Au départ la setlist était limitée à 5 titres. Elle va largement déborder, puisque le spectacle va dépasser les 50 minutes. A cause de cette intensité émotionnelle qui va permettre une totale communion entre les musicos et l’auditoire. Et puis de certaines attitudes. Comme celle au cours de laquelle les trois frontmen s’accroupissent, dos au public, devant le drummer. Responsable d’un solo d’enfer, il faut le souligner. Finalement, il n’y manquait que les percus (NDR : comme sur les vidéos postées sur YouTube), pour dynamiter leur prestation. Ce qui n’a pas empêché Nahko and Medicine For The People de chauffer idéalement l’ambiance avant de passer au plat de résitance. (Pour les photos voir ici)

La 'Groundation Day' est une fête importante de la Rastafariculture. Ce qui explique le choix du patronyme de ce combo yankee qui se réclame d’un nouveau genre, né de la rencontre entre du reggae roots authentique et du jazz à la fois cool et visionnaire. Le tout stimulé par du dub. Imaginez une rencontre hypothétique entre Bob Marley, Miles Davis, Burning Spear et John Coltrane, et vous aurez une petite idée du style proposé. Le band est drivé par Harrison Stafford. Un barbu qui se réserve le micro et la gratte. Il est soutenu par Marcus Urani (claviers, mélodica) et Ryan Newman (basse), des étudiants en musicologie, mais surtout des dingues de jazz et de reggae. Ils sont venus défendre leur huitième elpee, « A Miracle », un disque dont la pochette a été réalisée par Neville Garrick, directeur artistique de Bob Marley, à l’époque de « Rastaman Vibration », un long playing gravé en 1976. Lors des sessions, ils ont reçu le concours de ses deux anciennes choristes, en l’occurrence, Marcia Griffiths et Judy Mowatt. Elles ne participent cependant pas à la tournée. Pour la circonstance, elles ont été remplacées par Kim Pommell et Stephanie Wallace. Le line up est complété par le trompettiste David Chachere, le drummer Te Kanawa Haereiti, aka Rufus, et Mingo Lewis Junior aux percus et congas.

C’est sous un tonnerre d'applaudissements que Groundation (Pour les photos voir ) monte sur les planches. Evidemment, il y a pas mal de dreadlocks dans la fosse. Votre serviteur est bien assis au balcon et domine la situation. Le concert est presque sold out. Il fait très chaud et l'ambiance est à la fête. Balisé par les cuivres, « Libération Call » ouvre le set. Le spectre de Jah Rastafari plane. Les deux choristes ont un fameux coffre. Et parfois, la puissance de leur voix dépasse celle d'Harrison. Elles dansent, alors que les autres musicos sont plutôt statiques. Le mélodica met le nez à la fenêtre sur « Head Strong », un extrait d’« Each One Teach One », un LP paru en 2001. Iron y trace une longue ligne de basse. Marcus Urani improvise aux claviers sur « Riddim Hold Dem », une plage tirée du nouvel opus. Malgré un excellent départ, le set commence progressivement à patiner. Les impros jazzyfiantes s’éternisent. Et une certaine lassitude commence à m’envahir… La formation revient à Couleur Café cet été, et j'espère qu’elle manifestera davantage de ‘peps’. Franchement, votre serviteur avait déjà eu l’opportunité d’assister à un de leurs concerts, dans le cadre de ce festival, et il m’avait beaucoup mieux botté. Une petite déception, à contrario de Nahko, dont le concert m'a vraiment plu et que j'ai hâte de revoir.

(Organisation : Ancienne Belgique)





 
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