Texas a manifestement encore des planches…

Texas
Forest National
Bruxelles
14-11-2017
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Des lames liquides, précises et aiguisées

Écrit par Enzo Porta - dimanche, 09 novembre 2008
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GZA
AB
Bruxelles
10-11-2008

C’est dans une Ancienne Belgique étonnement bondée que s’est produit l’événement hip hop de cette fin d’année, où le passé (GZA) a rencontré le futur du mouvement (Roots Manuva). Après une fouille corporelle, on est autorisé à pénétrer dans la grande salle pour assister à la fin du set de Beat Drunx. On n’en verra cependant pas assez pour se forger une bonne idée du hiphop pratiqué par les deux Gantois.

Quelques bières plus tard, débarque Roots Manuva, un des meilleurs et plus influents emcees du hip hop anglais des années 2000. L’homme vient nous présenter « Slyme and Reason », son quatrième album (sans compter les deux consacrés aux remixes), une œuvre qui renoue avec les sonorités jamaïcaines. Notre homme est soutenu par deux dj’s. L’un d’eux est d’ailleurs affublé d’un saxophone qu’il n’utilisera pas une seule fois au cours de ce concert court et agréable. Au chant, l’excellent chanteur Ricky Ranking (http://www.myspace.com/rickyranking) –vétéran de la scène reggae anglaise, il a déjà collaboré aux projets de Roots Manuva, à plusieurs reprises– donne de l’amplitude au rap enfumé de Rodney Smith.

L’équipe commence en force par « Again & Again », le premier single très reggae issu de « Slyme and Reason ». L’ambiance est bonne. Roots Manuva est visiblement défoncé. Ce qui n’entachera en rien la qualité de la prestation, malgré quelques petits trous de mémoire. Le duo épingle pas mal de morceaux du nouvel album (dont l’excellent « Buff Nuf ») mais aussi quelques classiques du passé. Avant d’entamer le beat imparable de « Witness », les deux compères tentent de nous faire croire que « The  council of Brussel forbid us to play this song ». “Dreamy Days” et quelques autres classiques suivent. Ricky Ranking se fend d’ailleurs d’une formidable tranche de reggae digital ‘old school’ rappelant les grandes heures du légendaire King Jammy. Les gaillards saluent les ‘ladies of Brussels’ et les bonnes vibrations qui émanent effectivement du public. La prestation se termine, et on reste conquis par cette synthèse presque parfaite de reggae digital, de hip hop et de dubstep.

Après une longue période de préparation, GZA monte sur les planches, accompagné de Killah Priest des Sunz Of Man. ‘The Genius’ (le surnom que ces comparses du Wu-Tang lui avaient attribué) vient rejouer l’intégralité de « Liquid swords », son album mythique, sorti en 1995. Composé à l’époque où le Wu-Tang Clan était à son sommet créatif, « Liquid Swords » incarne aussi l’aspect le plus philosophique du groupe. S’il recèle les plus beaux beats que le producteur RZA ait créés, « Liquid Swords » est aussi un album bigrement original où toute l’équipe du Wu-Tang Clan  (Ghostface, Method Man, ODB, Killah Priest…) lâche quelques unes de ses plus belles rimes. L’album est bien entendu dominé par la personnalité et le flow particulier de GZA, sorte de moine-guerrier urbain pour qui les rimes sont des ‘lames liquides’. Son flow évoque aussi d’autres lames : précises et aiguisées.

Le show respecte le tracklisting de l’album. Le tube « Liquid Swords » ouvre d’ailleurs le bal. Evidemment, RZA (et les autres) ne sont pas venus pour placer leurs rimes, mais GZA et Killah Priest assurent parfaitement. Les beats implacables de RZA explosent nos oreilles (ainsi que les enceintes de l’AB) et le duo passe (quelquefois un peu rapidement) en revue les bijoux de l’album : « Duels of The Iron Mic », « Leaving in the world today », le hanté « Cold World », sans oublier le « B.I.B.L.E. » de Kilah Priest. Le duo expédie « Liquid Swords », et on a l’impression que les gaillards n’affectionnent pas particulièrement l’exercice. Mais l’AB exulte et au sein du public déchaîné, un fan parvient à faire dédicacer le vinyle de « Liquid Swords » qu’il brandissait depuis un quart d’heure. Le duo enchaîne ensuite sur quelques vieilles scies du Wu tirées des deux premiers elpees du collectif. On a droit à quelques nouveaux titres issus de « Protools », le nouvel opus de GZA mais c’est « Shimmy Shimmy Ya » qui atomise l’AB. Le classique du défunt « Ol’Dirty Bastard » nous rappelle que le vieux bâtard et GZA ont commencé à rapper ensemble quand ils étaient jeunes… On arrive donc à la fin de ce concert un peu nostalgique (mais énergique), un set réminiscent de l’âge d’or du hip hop new-yorkais des années 90, définitivement révolu. En tout cas, les vieux guerriers du Wu suscitent encore le respect et l’admiration de la grande foule qui s’est déplacée ce soir pour leur faire un triomphe.

Organisation AB 

 





 
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