Un goût de gris pour Flox…

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Un moment de grâce…

Écrit par Alice Bossut - mardi, 02 novembre 2010
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Hindi Zahra
AB
Bruxelles
03-11-2010

Hindi Zahra était déjà passée par l'AB Club en mars dernier. Elle est revenue ce mercredi 3 novembre, pour un concert, dans la grande salle, bondée. Le public bruxellois, informé grâce à de très bons articles saluant son premier album "Hand Made", l'attend impatiemment. Si l'essentiel de l'assistance se compose de jeunes, le panel est large, puisque, juste au pied de la scène, on peut voir une fille d'une douzaine d'années et, dans les fauteuils, plusieurs personnes âgées, dont un couple qui a certainement passé la barre des 80 ans!

Heureusement pour ce charmant couple, le groupe assurant la première partie, Root n'est pas –comme l'annonçait le site de l'AB– le groupe de dark heavy métal tchèque (qui porte le même nom). Il s'agit d'un trio de jazz rock réunissant Dominique Vantomme aux claviers, Mirko Banovic à la basse, et Geert Roelofs à la batterie. Leur musique est plutôt lente et déconstruite. Elle ressemble aux jams dans lesquelles chaque musicien prend son pied, et où le lien avec le public n'est pas ce qui importe le plus. Les mélomanes dans la salle sont suffisamment avertis pour applaudir le groupe, qui s’achève par un morceau magnifique où le piano prend toute son ampleur.

Etablir un lien entre le supporting act et la suite du programme n’est pas évident. Car la première partie explore un jazz plutôt cérébral, tandis que Hindi Zahra et son groupe optent pour une forme plus chaude de cette musique, à l'instar de chanteuses telles qu’Ella Fitzgerald ou Nina Simone. Hindi fait une entrée sobre, précédée de ses musiciens. Deux guitaristes qui entament le concert à la guitare sèche, une choriste, un batteur et un pianiste. C'est "Try" qui ouvre la séance, titre doux laissant la place aux chœurs. Les voix sont sensuelles et mutines, le rythme reggae est mêlé à des inflexions orientales. La voix de Zahra coule, sans effort, comme une évidence. Puis c'est le fameux "Beautiful Tango", magnifiquement interprété. Des pizz de guitare introduisent la mélodie obsédante que je garderai toute la soirée dans la tête. La voix se pose à contretemps, la ligne mélodique est variée, ne suit pas les schémas classiques. Des sortes de vocalises interrompent le refrain. Le groupe continue par "Imik Simik", chanté en berbère, et son jazz dansant. L'un des guitaristes saisit la basse tandis qu'Hindi accompagne son chant de ses mains, en dessinant dans l'espace. "Fascination" commence doucement, fredonné, puis les guitares électriques montent et l'on pense à Laurin Hill car les gestes de la chanteuse rappellent les groupes de hip-hop et la voix a le même grésillement voilé. Quelques titres plus calmes laissent place à un solo du percussionniste sur lequel Zahra danse en tous sens, le diable au corps, la tête renversée, pour le plus grand plaisir du public, fasciné. Il y a un air de Catherine Ringer dans les gestes saccadés, dans les mimiques hyper-expressives. "Set me free" est suivi par l'autre ‘tube’ : "Oursoul", qui débute sur un enregistrement de cour d'école, puis est chanté en berbère, "Ursul" se référant aux rêves d'enfants déchus. Le rythme est reggae, les youyous dans la salle s'en accommodent très bien, l'ambiance chauffe.

C'est l'heure de s’accorder une petite pause et, le verre de vin à la main, Hindi trinque à la santé des Wallons et des Flamands, puis, corrigée par le public, à celle des Bruxellois. L'ambiance est bonne, l'atmosphère se détend car le public de la ‘grande AB’ est vraiment très accueillant. Un morceau d'une grande beauté est alors interprété par Zahra seule, à la guitare et à la voix, émouvante dans ce silence religieux. "Don't forget about me when you sleep", chanson d'amour, comme presque toutes les autres. Superbe ! "Ahiawa", "Voices" et "Stand up" s'enchaînent, évoluant entre jazz, rock et reggae, sans oublier des mélodies flamencos qui sont l'occasion pour Zahra de s'improviser danseuse espagnole. Et de démontrer, s'il le fallait, le talent des guitaristes. Charmeuse, elle envoie des baisers à son public. Les yeux rieurs, elle termine en l’incitant à répéter ‘stand up, stand up baby’ !

Le concert semble terminé mais l'assistance en redemande. Avant d'entamer le rappel, la chanteuse voudrait bien en placer une mais le public ne lui en laisse pas l'occasion, tant il applaudit ! Emue, elle se marre, et nous livre encore plusieurs titres avant le deuxième rappel. 

Pour "Broken ones", en solo, elle s'y reprend à trois fois et chambre Hervé, son mari et ingé son, sur lequel tout le monde se retourne pour lui chanter joyeux anniversaire. L'ambiance est à son apogée, le public est conquis. Pour un début de carrière, cela commence vraiment bien, et Hindi Zahra a un bel avenir devant elle. Si son disque est très beau, ce n'est rien comparé au live !





 
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