Pour The Wombats , tout ce qui brille n’est pas or

“Beautiful People Will Ruin Your Life”, c’est le ...Lire la suite...

Le mystčre… fil rouge du concert…

Écrit par Didier Deroissart - jeudi, 08 octobre 2015
Image
Ibeyi
Ancienne Belgique
Bruxelles
09-10-2015

Parti de Soignies à 17h20, votre serviteur a débarqué vers 20h15 à l’AB, ce vendredi 9 octobre. Trajet par métro, y compris. Il a passé plus de trois heures dans les embouteillages ! L’enfer ! Heureusement que la STIB n’avait pas décrété un mouvement de grève... Et le nouveau piétonnier n’est certainement pas de nature à améliorer la situation. En arrivant dans la salle, plus moyen de s'asseoir au balcon pour apprécier un concert confortablement. C’est la nouvelle politique de l’organisation. Faudra s’y plier. Tu dois acheter ton ticket par Internet, et l’ordinateur détermine ton fauteuil. Pas de contestation et 2€ de frais supplémentaires sont à ta charge. Bref, je me plante à l'extrême gauche de la scène, juste à hauteur de la rangée de baffles qui te crache les décibels dans les oreilles et sous les feux (NDR : c’est le cas de le dire !) d’un énorme spot led placé à ta gauche, destiné à te faire transpirer. DD n’est pas très heureux ; alors il prend refuge au second étage. Il n’y a guère de monde, mais la vue est quand même imprenable. On se console comme on peut !

Il y a déjà pas mal de monde quand Témé Man, de son véritable nom Tanguy Haesevoets, se lance dans son 'one man show'. Un artiste plutôt sympathique et très interactif avec le public. Son coeur balance entre Détroit, Kinshasa et Bruxelles. Il est impliqué dans différents projets. Dont Goulash et un autre en compagnie de Noza. Sous le patronyme des Matiti, il a créé le buzz, lors du festival Esperanzah, cet été. C'est la cinquième fois que l'artiste squatte les planches de l'AB.

La musique de Témé Tan est le fruit d’un cocktail entre soul ‘motownesque’, world latino et surtout congolaise (pensez à Kasai Allstars, Konono n°1, Staff Benda Bilili ou encore Jupiter & Okwess International). Damon Albarn avait d’ailleurs eu le nez creux en prenant ces derniers sous son aile. Pas besoin de se prendre la tête, cependant, pour assister au spectacle de Témé Tan. Il ne transporte pas tous ses instruments, comme Rémy Bricka, mais les garde à portée de main. Il se sert d’une loop machine, de synthés, d’une boîte à rythmes, d’une guitare en modèle réduit et d’une basse. Les compos sont rythmées. La voix est chaude et sucrée. L’artiste prend son pied sur les planches. Et finalement Tanguy remplit parfaitement son rôle de supporting act. A revoir dans une salle plus intimiste…

Ibeyi est un duo réunissant des soeurs jumelles. Le patronyme est inspiré des dieux jumeaux yoruba (NDR : le yoruba, c’est également la langue du culte vaudou cubain). Leur mère était vénézuelienne et leur père cubain. Pas n’importe qui, puisque feu Anga Diaz (NDR : il est décédé en 2006) était percussionniste chez Buena Vista Social Club. Dont votre serviteur est un grand aficionado. Et pour que votre info soit complète, sachez qu’elles ont grandi à Paris. Naomi et Lisa-Kainde Diaz chantent tour à tour dans la langue de Shakespeare ou dans ce dialecte, idiome importé à Cuba au dix-septième siècle, par des esclaves originaires du Nigéria et du Bénin.

Richard Russell, le génial producteur londonien (Adele, Radiohead, Jack White, Gil Scott-Heron, Damon Albarn) et boss du label indépendant XL, a signé Ibeyi et a mis en forme le premier opus des filles ; un disque paru en févier dernier. Qui a été encensé par la critique et le public (NDR : pas pour rien que la salle est comble). Un contrat conclu après avoir visionné la vidéo de « Mama Says » ; et ce, à l’issue d’une seule rencontre.

Le décor est dépouillé. Des claviers et une loop machine sont destinés à Lisa. Le cajon, les percus et la boîte à rythmes à Naomi, la sauvageonne. Les frangines allument chacune une bougie, avant de la placer aux extrémités du podium, communiquant une certaine forme de magie à l’atmosphère. Les projecteurs sont placés sur le côté et à l’arrière des artistes. Elles débarquent sur l’estrade sous les acclamations. Naomie est tout de noir vêtue. Y compris le chapeau. Elle s’avance vers la foule et du geste l’invite à applaudir. Naomi et Lisa se font face. Leurs regards sont complices. Elles attaquent à deux voix « Eleggua », dans un climat de recueillement. Un morceau bref, mais intense et envoûtant. Elles rejoignent alors leurs instruments respectifs. Naomi met en route sa machine, frappe sur son cajon et prend la direction des opérations. Elle entame « Ghosts » au micro. Lisa embraie aux ivoires. Les harmonies vocales vous emportent au cœur de contrées secrètes, énigmatiques et sauvages. Le mystère semble être le fil rouge du concert.

Avant de passer à « Lost In My Mind  », Lisa décrit les rythmes cubains, importés du Bénin et du Nigéria, par les esclaves. Les choeurs sont vaudous. Des images de ruines sont projetées, en arrière-plan, sur un écran. Naomi, assise sur son cajon, se balance en cadence au rythme des percus électro. Un compo contemporaine qui regarde vers le passé africain. Place ensuite à « Mama Says », leur hit. Et les voix sont à nouveau splendides. Naomi frappe le cajon de son corps pour dispenser des sonorités à la fois précises et spécifiques. A cet instant, l’expression sonore évolue au carrefour du hip-hop, de la soul et de la musique cubaine ; une world urbaine aux contours afropéens. Serait-ce un clin d’œil adressé à Karavan, un groupe qui reprend a capella le répertoire d'Arno ?

Les soeurs se lèvent et font face au public. A deux voix, elles abordent « Yemaya ». L’ambiance est alors contemplative. Et soudain, elle prend une autre tournure, grâce à « I'm On My Way ». C’est le souk au sein des premiers rangs alors que les deux nanas demandent à l’auditoire de reprendre des paroles en chœur. Et impossible pour elles d’en placer une, à la fin du morceau, tant l’ovation est monumentale. Les jumelles zoukent encore ferme pour « River ». Le déhanchement sensuel de Naomi vous incite à jumper et à remuer le popotin. Une belle communion entre la foule et les artistes. « Yanira » se révèle plus électro-tribal alors que des images ténébreuses et déconcertantes défilent sur l’écran. Spectrales, les voix nous plongent alors au sein d’un univers fantasmagorique en expansion digne de Björk. Un morceau puissant, tapissé par les sonorités d’orgue. Du futur elpee, elles vont nous réserver « Fly ». Et elles ne vont pas oublier de rendre un brillant hommage à feu leur paternel, Anga Diaz, à travers « Think Of You » ; bien sûr, au cœur d’un climat afro-cubain. Enfin, en rappel, elles vont encore nous réserver « River », a capella. Impressionnant !

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)





 

Qui est en ligne

Il y a actuellement 2 invités en ligne
MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement