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Pas de procčs pour l’Innocent JP !

Écrit par Luc Herpoel - jeudi, 11 mars 2010
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JP Nataf
Le Grand Mix
Tourcoing
12-03-2010

JP Nataf en concert, c’est un peu la résurrection des Innocents. Auteur compositeur et interprète chez cette formation parisienne durant près de 18 années, JP (prononcez Jipé) se retrouve seul suite à la désintégration en 2000 de cette superbe usine à tubes, responsable notamment de « Jodie », « L’autre Finistère » ou encore « Un homme extraordinaire ». Depuis, Jipé survit ‘difficilement’. Après avoir concocté un projet qui avorte rapidement, les Redlegs (NDR : en compagnie de Chantal Cherhal), il propose en 2004 un album solo (excellent au demeurant) qui rencontre un succès plus que confidentiel, « Plus de sucre ». Puis, c’est le néant. Cinq longues années d’absence depuis cette création, nous ont amené au bord de l’hypoglycémie, c’est le cas de le dire…

Quelques années de collaborations à gauche (Hubert Félix Thiéfaine) ou à droite (Eddy Mitchell) passent. Jipé se remet au travail pour lui-même et nous ressert un recueil de délices dont il a le secret ; en l’occurrence son dernier elpee en date : « Clair », un véritable retour aux sources. C’est donc l’objet en question qu’il venait défendre sur la scène du Grand Mix ce jeudi soir.

Hélas, nous n’étions pas très nombreux à nous être déplacés pour venir écouter l’orfèvre de la pop musique française. Un public clairsemé. A peine plus d’une centaine d’amateurs garnissait les travées de la salle tourquennoise. Sans ses illustres acolytes du siècle passé, Jipé ne fait visiblement plus recette. Jamais je n’avais assisté à un concert aussi ‘confidentiel’.

En lever de rideau, nous avons eu droit à un mini set de Sylvain Vanot, artisan discret d’une certaine idée de la chanson. Et il faut avouer que la discrétion lui va comme un gant. D’ailleurs il aime à le dire lui-même, il est occupé depuis 17 années à réaliser une ‘non carrière’ dans le milieu de la chanson française. Faute avouée est à moitié pardonnée ! On ne retiendra pas grand-chose de ce set, hormis les facéties (grimaces serait plus approprié) de son bassiste gallois. Une heure de perdue. Il est à l’instant 21h30, Jipé et ses musiciens préparent eux-mêmes leur lieu de travail pendant que Sylvain et les siens débarrassent le plancher.

21h50, on croit que JP termine d’accorder sa guitare dans l’indifférence quasi générale mais doucement les lumières s’estompent, il se redresse et prend possession du micro pour entamer un premier titre, « Les lacets ». Le public s’approche insensiblement et une certaine proximité s’installe entre les quatre en scène et la centaine de fans qui leur fait face. Le dialogue s’instaure entre deux morceaux, pendant un accordage de guitare, un (re)branchement d’ampli ou l’installation d’un micro supplémentaire. L’humour, chacun le sait, ouvre beaucoup de portes, excuse beaucoup de fautes et permet des échanges riches et amusants. Jipé ne s’en prive pas tout au long d’une soirée émaillée d’incidents techniques en tous genres. C’est sa semaine de poisse. Le matos craint. Rien ne va. Il n’en perd pourtant pas sa bonne humeur, contagieuse par ailleurs ! La marque d’un grand…

Lui-même au top musicalement, Nataf est très bien secondé par ses trois complices, dont un régional qui sait absolument tout faire, tant chanter en seconde voix que jouer guitare, banjo, basse ou claviers. Les morceaux s’enchaînent d’une musique ‘pas comme les autres’, sans qu’on sache pour autant où la classer : pop ? rock ? variété ? Chemin faisant, il gratifie son public de quelques jolies chansons interprétées à l’aide d’une kyrielle d’instruments (guitares sèches et électriques, banjo, orgue, ukulélé, percus, accordéon, ... )

Force est de constater que JP met au centre de ses préoccupations les mélodies (toujours classe et présentes en nombre), les textes (simplement très beaux) et les arrangements (à la fois rustiques, intimes et chaleureux). En tout et pour tout, nous aurons droit à une vingtaine de titres (aucune reprise ‘période Innocents’) ce qui correspond à l’intégralité de ses deux albums solo. "Seul alone", poème musical de 10 minutes qui nous suspend à ses lèvres sera un moment fort de sa prestation (à voir sur http://www.dailymotion.com/video/xbeos1_jp-nataf-live-1-3_music). 

Hélas, trois fois hélas, les incidents et malheurs auront quelque peu raison du maigre public présent ce soir. Les temps morts sont de plus en plus ‘morts’ et de plus en plus fréquents. Vraiment, JP Nataf ne mérite pas une telle guigne. Le concert, (récital serait plus juste) se termine donc dans une salle quasiment vide lors du dernier morceau interprété de concert rejoint par Sylvain Vanot et les siens. Pourtant, les absents auront eu tort (une fois de plus) car c’est le moment choisi par JP pour nous gratifier d’un superbe cadeau. Il reprend « Un monde parfait » juste avant de se retirer définitivement noyé dans ses problèmes techniques. Salut l’artiste, c’est pas de ta faute, tu ne seras pas déclaré coupable l’‘innocent’ !

Organisation Le Grand Mix

(Voir aussi notre section photos)

 

 





 

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