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(Ego) Trip dans l’espace

Écrit par Redouane Sbaď - jeudi, 20 novembre 2008
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Kanye West
Forest National
Bruxelles
21-11-2008

Quelques mois après avoir effectué un premier passage à Forest National, dans sa mouture Club, Kanye West s’est arrêté une seconde fois au même endroit. Pour être précis, ce vendredi 21 novembre. Le rappeur le plus ‘humble’ des Etats-Unis a pris d’assaut la salle ‘forestoise’, dans sa configuration originelle, afin d’y présenter un nouveau show annoncé comme spectaculaire.

Et pour ne rien gâcher à la fête, le businessman a emmené dans ses bagages une première partie de taille. En l’occurrence Santogold. Accueillie tièdement par un public manifestement venu pour assister au spectacle de Kanye West –et personne d’autre– la jeune femme s’est démenée dignement. Soutenue par ses deux inséparables danseuses, elle a ainsi interprété une large partie de son disque éponyme. De quoi faire vibrer la salle de ses tubesques « You’ll Find A Way » dans la version remaniée par Switch & Sinden, « Unstoppable », « Shove It », « Say Aha », les vrombissants « Creator » et « Starstruck » ou l’incontournable « L.E.S. Artistes ». Bien que son set soit totalement identique à celui présenté au Pukkelpop l’été dernier, Santi White peut se targuer d’avoir réussi à chauffer un auditoire qui, au départ, semblait peu enclin à apprécier son mariage des genres.

A 20h40, les lumières se rallument et un large rideau noir coulisse de manière à dissimuler les préparatifs sur scène. La salle est pleine à craquer et le public, surexcité. Si bien qu’il est impossible d’accéder à la fosse. Quelques groupies poussent des hurlements au moindre pixel apparaissant sur les écrans ornant les extrémités du podium. On aura même droit à un bon quart d’heure de ‘Ola’ dans les gradins. Mais il faudra une bonne heure aux roadies, pour tout mettre en place.

21h40. Le show peut enfin commencer. L’ouverture des tentures dévoile lentement une installation impressionnante mais moins spectaculaire qu’imaginée. Trois écrans ornent la scène. L’un, gigantesque, décore l’arrière-scène. Le second, mobile, se tient juste au dessus du rappeur, allongé tranquillement sur le troisième. Le parterre, en relief, est incliné de manière à permettre à toute l’assistance d’admirer le ‘grand’ Kanye. Après tout, si les gens ont payé, c’est pour le voir, lui... Les premières notes de « Good Morning » s’échappent des baffles et, déjà, c’est la folie. Même le public assis dans les gradins se lève comme un seul homme…  

Kanye West invite l’assistance à un voyage à travers la galaxie. L’écran mobile, seul élément à interagir avec le rappeur, constitue son système de géo-positionnement intergalactique. Il est animé par une voix féminine suave. L’homme aimerait faire du cinéma et ça se voit. Très théâtrale, la mise en scène le propulse à travers des contrées arides et menaçantes, au son de ses trois premiers opus, « The College Dropout », « The Graduation » et « Late Registration », sans oublier des extraits de « 808’s & Heartbreak », son tout dernier elpee, paru officiellement le jour de ce concert. Les terribles « Heard ‘Em Say », « Diamonds From Sierra Leone », « Love Lockdown », « Welcome To Heartbreak », « Jesus Walks » s’enchaînent lors d’un show renvoyant ceux de P. Diddy aux oubliettes.

En près de deux heures, Kanye West est parvenu à parcourir l’entièreté de la voie lactée, allant jusqu’à combattre une espèce de ver des sables géants aux yeux rouges –un monstre mécanique un peu ridicule mais amusant– sur un « Can’t Tell Me Nothing » surpuissant. Et un concert de rap n’en étant pas un sans la présence de ‘biatches’ sur scène, la gentille voix du GPS propose à l’interprète de lui donner un coup de main lorsque celui-ci s’exclame être en manque. La forme mécanique déployée sur l’écran mobile laisse soudain apparaître virtuellement les formes voluptueuses d’une sulfureuse jeune femme au corps enduit de peinture dorée. Très vite rejointe par une ‘copine’, elle se met alors à faire valoir ses charmes sur un « Gold Digger » qui mettra définitivement le feu aux fesses du public.

Incontestablement, Forest National a accueilli un des meilleurs concerts de rap de son histoire, même si le show de Kanye West a tout de même souffert de l’ego du bonhomme. Et pour cause, il a gentiment relégué son orchestre au devant de la scène mais un niveau plus bas, même si un système d’élévation a permis à son band de montrer le bout du nez une ou deux minutes. Et la choriste n’a pas davantage été mise en évidence. Si elle a pu s’égosiller quelques secondes au vu de tous, aucun spot ne lui a permis de profiter de son instant de gloire avant que 'l'ascenseur ne la refasse disparaître, en même temps que l'orchestre. « Touch The Sky » constituera l’un des meilleurs moments d’un concert que le public ne risque pas d’oublier de sitôt. Kanye West a beau avoir le melon, sa réputation de showman-prodige se confirme tranquillement…

Organisation : Live Nation.

 





 
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