Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites ...Lire la suite...

Sur la voie du chœur tracée par Karavan…

Écrit par Didier Deroissart - dimanche, 08 février 2015
Image
Karavan
AB Club
Bruxelles
09-02-2015

Ce lundi 9 février, l’AB Club accueille Karavan. Un grand jour pour le collectif, puisqu’il s’agit de la ‘release party’ consacrée à son premier album, « Arnoquins ». Un elpee sur lequel figure huit reprises de notre Arno national. Européen aussi. Cet Ostendais, dont le phrasé et l’humour décalé nous séduisent depuis plus de 30 ans, n’a-t-il pas écrit « Putain, Putain, nous sommes tous Européens » ? Le concert est sold out. Joy Simar assure le supporting act. Il est venu défendre son nouveau projet : Joy and Safar. Donc double découverte pour cette soirée.

Joy Simar n'est pas une inconnue. Elle a milité au sein de 1060, un duo qu’elle partageait en compagnie du producteur/bassiste Renoar Hadri. Un patronyme original, puisqu’il s’agissait tout simplement du code postal de sa commune d'adoption. Leur musique s’inscrivait dans le courant New Soul Underground. Joy est une Bruxelloise flamande originaire de Beersel. Elle est parfaitement bilingue. Son père est francophone et sa mère néerlandophone. Jolie, blonde, Joy a décroché un master en sciences politiques (NDR : comme quoi !), à la KUL ; mais elle est avant tout attirée par la musique. 1060 avait publié un premier opus en 2009, « Fortunella ».

Joy ressemble un peu à Selah Sue. Dès sa montée sur les planches, elle attire un courant de sympathie. Elle est soutenue par Safar Republique, un groupe réunissant 4 hommes souriants. Amine Kanzi Belghiti, le percussionniste, s’installe à l'extrême droite du podium. Il s’assied sur un cajon. Jan Sébastiaan Degeyter se réserve la guitare et Olivier Stroobant le kamele n'goni (NDR : cet instrument à cordes pincées est issu d'Afrique de l'Ouest). Pas de bassiste, mais un violoniste, Sébastien Paz Ceroni, qui se plante derrière la chanteuse. La soul pop de Joy est sucrée et métissée et puise ses influences dans la world –tant la tradition ouest africaine (percussions) qu’issue du Maghreb (instruments ethniques)–, le classique (violon) ainsi que le jazz (guitare). Un cocktail déroutant et novateur à la fois.

Après avoir salué l’auditoire, Joy l’invite à se frotter les mains l'une contre l'autre (pas d'applaudir) et entame « April ». Le décor est planté ! Joy possède une voix chaude au grain soul. Joy occupe toute la place sur l’estrade et remue pas mal. Elle est même plutôt sexy dans ses contorsions. C'est un plaisir de la voir évoluer sur les planches. En général, les interventions du violon communiquent un sentiment de mélancolie. Sur « Open Up », elles dominent l’ensemble tout en épaulant le chant plutôt soul de Joy. Il y a même du groove dans sa voix. A cet instant, le set de Joy and Safar baigne dans l’expérimentation. Le périple se poursuit dans l'ouest africain ou le Magreb. A cause des sonorités typiques des instruments utilisés par les musiciens de Safar. Ma voisine de droite semble avoir l’esprit critique. Elle a déjà vu Joy en concert, à plusieurs reprises, mais ne la retrouve pas à travers ce nouveau projet. Perso, j’estime que cette rencontre entre une voix soul et des sonorités world, tout particulièrement africaines, est intéressante et surtout novatrice…

Karavan est un collectif réunissant 8 chanteurs : Nicole Bongo - Letuppe, Marie-Ange Tchaï Teuwen, Fredy Massamba, Myriam Gilson, Djubebe Kalume, Epolo Mabita, Mister Mo et Soul T. Je l’avais découvert à l'Ancienne Belgique, en première partie de Sinead O'Connor, un groupe afro-bruxellois dont le répertoire est essentiellement composé de reprises d’Arno. Interprétées a cappella. Discret, Arno assiste au set, du fond de la salle, près du bar.

Et c’est parti pour la présentation d’« Arnoquins », un long playing essentiellement consacré à des covers de l'albinos blanc. Huit en tout, les deux autres pistes relevant de la plume du collectif. La Karavan débarque sur les planches comme un petit train, chaque wagon succédant à l’autre. Ils s’installent sur deux niveaux. Trois devant et 5 derrière. Nicole et Marie-Ange sont les deux voix de tête du band. Le show s’ouvre par le « You Gotta Move » de Mississippi Fred McDowell. C'est également un titre qui figure au répertoire d'Arno. Chacun y va de son intervention, mais c’est l’ensemble qui fait la différence. Plutôt soul, la version aurait pu être interprétée par un chœur gospel. Elle en est digne, en tout cas. Marie-Ange signale que la Karavan (de Bruxelles) va faire arrêt à Bruxelles Nord, Central et Midi. Fou rire général. Le convoi poursuit sa route et nous le rappelle à travers le titre significatif « Karavan ». Ce sont les filles qui se réservent les vocaux, alors que les gars, derrière, assurent l’instrumentation et le tempo à l’aide de leur voix, et tout particulièrement le beat box. Et cette conjugaison est parfaite.

Un baryton profond investit « We Want More », un morceau essentiel dans le répertoire de notre Ostendais. Troublant ! Nicole a le sens de l’humour. Elle nous réserve une petite démonstration d'‘air guitar’, en imitant le son de la 6 cordes. Mais quand la gratte s'emballe, elle est gentiment rappelée à l'ordre par ses comparses. Un climat de dérision qui communique un sentiment de bonne humeur. Ainsi l’interactivité entre les artistes et le public est parfaite. La température monte de quelques degrés. Il fait de plus en plus chaud. Pour « Chic Et Pas Cher », la voix principale est masculine. Les filles assurent les choeurs. « Les Yeux De Ma Mère » est certainement une des chansons d’Arno que je préfère. Pourtant revisitée par les filles de Karavan, l’âme de l’artiste est toujours bien présente dans cette compo. Les voix masculines dominent à nouveau leur sujet, tout au long de « Jive To The Beat ». Le human beat box nous fait une nouvelle démonstration de son talent sur « Elle Adore Le Noir ». Un titre au cours duquel, les harmonies vocales féminines déploient toute leur puissance. Pendant « Je Veux Nager », les artistes développent une gestuelle, pour mimer les mouvements des nageurs dans la piscine. Au bout d’une heure, le set s’achève par « Bathroom Singer ». Avant un rappel consacré à un medley de « Les Yeux De Ma Mère/Bruxelles ».

D’une grande qualité musicale et vocale, ce show a aussi valu par sa charge émotionnelle. Celle de la voie du chœur tracée par Karavan

(Organisation : Ancienne Belgique)

 





 

Qui est en ligne

MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement